La part de l’immatériel dans la médecine

Publié le 19/11/2017 à 12:00:16 par Admin - Mise à jour de l'article le 23/11/2017

La médecine, c'est à la fois sa force et sa faiblesse, ne traite que de ce qui est observable et objectif. Elle a développé une formidable connaissance des maladies à partir de la classification des symptômes de détresse du corps et du psychisme, et de leur regroupement en pathologies.

La médecine traditionnelle repose sur la science. Elle a connu en réalité une séparation au même titre que la chimie s’est écartée de la magie alors qu’avant il n’existait que l’alchimie qui regroupait les deux pratiques sans aucune distinction.

Les médecines alternatives et les guérisseurs

Les pratiques de santé alternative


Alors que la médecine s’intéresse plus particulièrement aux effets, aux symptômes, les pratiques de santé alternatives reposent quant à elles sur d'autres représentations que celle du corps en tant que manifestation physico-chimique. Elles s'enracinent dans des visions immatérielles de l'être humain, considérant que le corps et ses manifestations de santé et de maladies ne sont que le reflet d'une réalité existant dans un plan non matériel. Chacune propose ses propres définitions de cet immatériel en fonction des systèmes de croyances au sein desquels elles se sont élaborées.

On estime aujourd'hui en Occident que 60 à 80% de la population s'adressent pour ses besoins de santé, physique ou psychique, à ces autres pratiques de soins que la médecine traditionnelle. Nous nous retrouvons ici dans quelque chose de connu en anthropologie qui, dans son jargon bien particulier, décrit ce type de réalité avec la jolie expression de « déviance majoritaire ». Majoritaire parce que la plupart des gens y croient et n'hésitent pas à en faire usage, mais déviance, parce que ces pratiques restent, en tout cas pour l'instant, contraires aux grandes narrations scientifiques définissant le réel dans notre culture et aux grandes définitions du savoir.

L’homéopathie fait recette


Aujourd'hui, par exemple, en France, 53 % des personnes consomment de l'homéopathie. C'est donc que la majorité de la population estime que la prise de ces remèdes peut avoir un effet bénéfique sur sa santé. Pourtant, dans le paradigme matérialiste, l'effet de l'homéopathie est nié en dehors du seul effet placebo. Il est vrai qu'il n'y a plus en général, du fait du processus de dilution, la moindre trace de substance chimique dans les remèdes homéopathiques. Les adeptes de cette méthode affirment quant à eux qu'ils contiennent un « contenu informationnel » susceptible d'avoir un effet sur l'énergie vitale du patient.

La croyance en l'homéopathie est une déviance, au sens anthropologique du terme. C'est-à-dire une croyance en opposition avec la représentation dominante de la réalité, telle qu'énoncée par les pouvoirs savants. Pourtant, la majorité de la population y croit et y a recours. La déviance est ici majoritaire ...

Un système de santé d’un autre âge


Les différentes pratiques de santé se retrouvent toutes dans cette position. Elles sont encore largement considérées comme non valides par les autorités et la mentalité dominante, pourtant elles sont utilisées par une majorité ou en tout cas une partie non négligeable de la population, qui a la conviction de leur efficacité et dit en retirer des bénéfices. Il existe bien sûr toutes sortes d'enjeux autour de cette question.

L'enjeu économique est central à cette discussion. Le système de santé absorbe une part très importante de nos dépenses collectives, avec tout un système liant le monde médical, le système de soins, l'industrie pharmaceutique et les pouvoirs publics ...

Le système de santé a été perverti par le système économique capitaliste qui est lui-même devenu mondialiste. Les acteurs économiques de la santé se sont écarté de leur mission première, qui est de s’occuper de la santé des gens, pour s’occuper en priorité de leurs actionnaires. C’est le cas de ces nombreux laboratoires pharmaceutiques qui sont cotés en bourse et qui rémunèrent des lobbyistes pour tracter avec les états. On s’en est aperçu il y a quelques années à nos dépends avec le scandale de la vaccination contre la Grippe H1N1 qui a vu l’état français dépenser des sommes astronomiques pour enrichir les laboratoires pharmaceutiques. La responsable de tout ceci est maintenant animatrice de radio alors qu’elle était ministre de la santé sous Sarkozy.

Mais au-delà de cette réalité de l'intérêt matériel, il y a également un enjeu, plus fondamental encore, de vision du monde.

Nous sommes tous des déviants


Les pratiques évoquées ici font encore l'objet de dévalorisation, et on peut observer la gêne qu'il peut exister d'admettre en faire usage. Tout majoritaire qu'il soit, ce comportement reste une déviance, et on peut constater combien il est souvent difficile, pour celui ou celle qui s'adresse à un chaman, à un guérisseur ou à un homéopathe pour ses besoins de santé d'assumer ouvertement son choix de peur de s'exposer à la critique.

Déviant

On trouve à cet égard toutes sortes de négociations individuelles et collectives. Quand on écoute les discussions au cours des dîners en ville ou qu'on laisse traîner l'oreille à la pause café, il est fascinant de voir à quel point les gens parlent de leur santé, de leurs croyances, de leurs aspirations, de leur développement personnel. Et en fait, les gens se lâchent assez facilement quand ils sont en confiance sur le fait qu'ils croient aux anges, qu'ils consultent des cartomanciens ou des astrologues, qu'ils ont été voir une médium ou un rebouteux, qu'ils ont appelé un coupefeu quand ils s'étaient brûlés ... ou qu'il se soignent avec de l'homéopathie.

Le politiquement correct


Mais dans des contextes d'interactions sociales un peu plus sérieuses, où il y a plus d'enjeux d'image de soi, une certaine prudence s'installe, par peur du regard ou du jugement des autres, par la crainte d'être associé à des modes de pensée irrationnels, voir répréhensibles. C’est le principe du « politiquement correct ». Toute déviance nous prive d’une élévation sociale.

Dans ces situations, les gens tendent à retenir l'information pour eux.

Ces pratiques restent en effet entachées de soupçons, comme si ceux qui s'y adressent cédaient à la crédulité, prêtaient foi à de l'irrationnel, et faisaient en définitive fi de ce sens cartésien si cher à notre mentalité collective.

Source : d’après Jean-Dominique Michel auteur du livre « Chamans, guérisseurs, médiums, Au-delà de la science, le pouvoir de guérison  » publié chez FAVRE, septembre 2011
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