Le sapin de Noël est un rite païen

Publié le 20/11/2017 à 00:01:07 par Admin - Mise à jour de l'article le 23/11/2017

Sapin de Noël
Au IIIe siècle, en Afrique romaine notamment, il était d'usage d'allumer des lampes et de disposer du laurier dans les maisons au moment du solstice d’hiver.

Dans les pays scandinaves et germaniques, il existe une croyance païenne comme quoi les arbres à feuilles persistantes représentent le renouveau de la vie. Certaines tribus germaniques célébraient la fête traditionnelle de Yule où l'on sacrifiait des animaux et des esclaves mâles en les accrochant aux branches des arbres. En Scandinavie, les rois vikings sacrifiaient neuf mâles de chaque espèce dans des endroits sacrés, alors que les plus pauvres suspendaient des pommes, des pâtisseries et autres petites offrandes dans les branches.

Le Bon Roi Charlemagne, lui-même, accrochait les boyaux et les yeux de ses ennemis vaincus aux sapins présents dans la région d'Aix-la-Chapelle, la capitale de son empire.


L’adoration d’un dieu païen


En remontant encore le temps, on s'aperçoit que la décoration du sapin vient de l'adoration du dieu païen du Moyen-Orient Attis, plus connu sous le nom de Baal, l'époux d'Ishtar. Attis a été crucifié sur un arbre. Plus tard, Attis fut symbolisé par un sapin car cet arbre était sacré pour lui du fait qu'il était vert en hiver quand tous les autres arbres avaient perdu leurs feuilles.

Cette tradition de la célébration du dieu Attis veut que le sapin soit coupé et décoré avec de l'argent, de l’or et un emblème de la mort et de la renaissance d'Attis, avec une étoile à six pointes à son sommet. Les Grecs adoraient le dieu Adonis qui était similaire à Attis.

Les cultes du soleil


Avec l’émergence des cultes solaires (culte de Mithra et autres…), les emblèmes d'Attis, attachés au sapin, ont été remplacés par les symboles du soleil, au sommet, de la lune et des étoiles qui scintillent. Même encore aujourd’hui il est de coutume d’accrocher au sommet du sapin une grosse étoile jaune (le soleil) et les boules symbolisent les astres (lune, mars, jupiter, etc.) qui étaient à l’époque gréco-romaine des divinités. Les guirlandes qui clignotent sont bien entendu la représentation des étoiles.

La coutume, considérée comme issue d'une tradition païenne liée au culte des arbres et à la conjuration de l'hiver, fut très vite condamnée par les Pères de l’Église catholique, cette dernière étant connue pour ne pas être tolérante. Toutefois, des couronnes de verdure continuèrent à décorer certaines demeures jusqu'au Moyen Age.

Au Moyen-Âge, les protestants réintroduisent les traditions païennes


A cette époque, le conifère décoré de pommes rouges figure l'arbre du paradis. La tradition du sapin, semble, quant à elle, originaire d'Allemagne. En 1419, la confrérie des garçons boulangers de la ville de Fribourg avait dressé dans la salle de réunion de l'hôpital du Saint-Esprit un grand arbre de Noël. On avait le droit de secouer cet arbre garni de sucreries, et les pauvres pouvaient ramasser fruits et friandises.

En France, c'est d'abord en Alsace que le sapin apparaît. En 1521, à Sélestat, un édit municipal autorise les gardes forestiers à laisser les habitants couper de petits sapins pour les fêtes de Noël. Strasbourg bénéficie d'une décision identique en 1539.

Longtemps, le clergé français – qui ne jure que par la crèche – regarde d'un mauvais œil ce sapin venu des terres protestantes.... Sapin qui finit tout de même par s'inviter à la cour de Louis-Philippe en 1837. Mais il faudra attendre encore quelques décennies pour que la coutume se popularise à l'ouest des Vosges.

Sous la reine Victoria, le prince Albert a introduit sur le sol britannique cette tradition provenant de sa Saxe natale.

Les boules de Noël


La tradition consistant à accrocher des bougies est attribuée à Martin Luther. Celle des anges a bien entendu été ajoutée par l’église catholique pour s’approprier cette pratique et remplacer les yeux des ennemis qu’on accrochait du temps de Charlemagne.

A l'origine, les boules étaient appelées « boules des sorciers ». Elles étaient accrochées au plafond des maisons et devaient protéger la maisonnée contre les démons et les mauvais esprits dont le reflet n'apparaissait pas sur la boule. C'est pourquoi elles étaient souvent en verre. Ces traditions d'ornements de Noël ont suivi les chemins de la colonisation, mais aussi ceux du christianisme. Au fil des ans, les décors ont gagné de l'importance jusqu'à ce que la fête du Nouvel An cède la place à la fête de Noël. Alors que le verre, la cire, le bois, le papier et les rubans de soie étaient utilisés dans la fabrication des premiers ornements, les modes et les aléas de l'histoire et du développement technologique ont peu à peu modifié les matériaux et les types de décorations.

La tradition chrétienne veut que l’arbre de Noël ne doit pas être érigé avant la veille de Noël, c'est-à-dire le 24 décembre, et doit être enlevé précisément douze nuits après, pour l'Épiphanie, le 6 janvier. La tradition païenne veut qu’il soit dressé et décoré pour le solstice d’hiver. De nos jours, c’est largement la tradition païenne qui l’emporte car les décorations de Noël, dans les grandes villes, commencent souvent dès le mois de novembre.

Le sapin de Noël est donc la résurgence d’un rite païen lié à la célébration du solstice de l’hiver que l’église catholique avait chassé et qui est revenu en passant par le culte protestant.

Sachant tout ceci, il est difficile à présent de regarder un sapin de Noël sans y voir les tripes de sacrifiés et des globes oculaires accrochés aux branches.
 
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Décoration du sapin de Noël

Un rituel païen pour célébrer le solstice d'hiver

Les yeux et les boyaux de ses ennemis accrochés aux branches

Le sapin de Noël est une pratique barbare





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