Le fléau maçonnique

L'origine de la Franc-Maçonnerie

La Franc-Maçonnerie
Le fléau maçonnique est un ouvrage publié par l'abbé J.-Antoine Huot en 1906. C'est un livre capital dans l'histoire de la franc-maçonnerie si on veut comprendre ses origines et si on cherche à éviter de tomber dans les nombreux pièges que les francs-maçons ont disséminé délibérément au cours de leur histoire pour se protéger. Afin de rester secrètes, les organisations maçonniques font tout pour dérouter les personnes un peu trop curieuses et hostiles à leurs sociétés.

La plupart des écrivains maçons s'évertuent à faire remonter l'origine de leur secte aux temples de Memphis, aux mystères d'Éleusis, au culte de la bonne déesse chez les Romains et pour commencer, à la construction du temple de Salomon. Les extravagances les plus singulières sont données comme des faits certains. Les francs-maçons mettent en avant des historiens, membres secrets de leur secte, pour garantir aux yeux du public leurs fausses origines antiques ; chacun renchérissant avec plaisir sur celui qui l'avait précédé. Ils en arrivent finalement... à la construction de la Tour de Babel.

Du point de vue strictement historique, il est certain qu'aucune organisation, qu'aucune secte formant corps ne s'est perpétuée depuis les temps anciens jusqu'à l'époque moderne. Tout ce fatras de fausse érudition n'est qu'une amorce pour les libertins et les sots

 

La vérité sur les origines : la Charte de Cologne

Les francs-maçons sont sortis des débris de l'Ordre du Temple. Le premier document authentique des loges maçonniques que nous possédons est la Charte de Cologne, publiée en 1535. Elle est paraphée par 19 signataires parmi lesquels ont relève les noms de Melanchton et de Coligny.

Cette mystérieuse Charte de Cologne nous donne la preuve que l'origine de la maçonnerie était bien le désir de prolonger l'œuvre des Templiers.

Les armoiries maçonniques
 Nous, maîtres élus membres de la société
vénérable consacrée à Jean ou de
l'ordre des Francs-Maçons, directeur des loges
constituées dans les villes de Londres,
Edimbourg, Vienne, Amsterdam, Paris, Lyon,
Francfort, Hambourg, Anvers, Rotterdam, Madrid,
Venise, Gand, Königsberg, Bruxelles, Dantzig,
Middelbourg, Brême et Cologne, réunis en
chapitre dans ladite ville de Cologne, aux jour, mois et an
énoncés plus bas, et sous la présidence du Maître de
la Loge fondée dans cette même ville, notre Guide vénéré,
très savant, très sage et très prudent, choisi unanimement
par nous à cet effet, savoir faisons aux membres de l'Ordre,
tant présents que futurs, par le moyen des présentes, qui seront
envoyées à toutes les Loges susdites.
Considérant que, dans ces temps malheureux,
où la discorde et les dissensions
des citoyens portent partout le trouble et
les calamités, on impute à notre société
et à nous tous Frères admis dans l'ordre de Jean
ou des francs-maçons, des principes,
des opinions et des machinations tant
secrètes que publiques, aussi contraires à nos sentiments
qu'au caractère, au but et à la doctrine de notre Société ;
qu'on accuse, en outre, les Membres de l'Ordre (afin d'attirer
sur nous le mépris des professionnels et de nous
vouer d'une manière plus sûre à l'exécration
publique, et parce que nous sommes
tous liés par un pacte et des mystères inviolables
religieusement gardés et observés
par nous tous) d'être coupables de vouloir
rétablir l'Ordre des Templiers ; qu'on
nous désigne publiquement comme tels, et
que par suite, comme si nous étions affiliés
à cet Ordre, nous serions unis et conjurés
pour récupérer les biens et les domaines
qui lui ont appartenu et pour venger
la mort du dernier Grand Maître sur
les descendants des princes et des rois qui
furent coupables de ce fait et qui causèrent
l'extinction du dit Ordre ; qu'à cet
effet nous chercherions à introduire le
schisme dans l'Église, des troubles et des
séditions dans les empires et dans les dominations
temporelles ; que la haine et
l'envie nous animeraient contre le pontife
suprême, l'empereur et tous les souverains ;
que n'obéissant à aucune puissance
du monde et soumis seulement aux supérieurs
élus dans notre association répandue
sur la terre entière, nous exécuterions
leurs commissions occultes et leurs ordres
clandestins par un commerce de lettres secrètes
et par leurs mandataires chargés de
missions expresses ; qu'enfin nous ne donnerions
accès à nos mystères qu'à ceux
qui, examinés et éprouvés par des tourments
corporels, se seraient liés et consacrés
à nos assemblées par un serment horrible
et détestable...

 

Les maîtres-maçons, délégués au Convent de Cologne de 1535 par les Loges de toutes les grandes villes de l'Europe, s'efforcent ensuite d'établir dans les 13 articles de la fameuse charte l'origine en même temps que le régime et l'esprit de leur société ; ils y font une déclaration contre l'origine templière de l'ordre maçonnique.

L'intérêt majeur qu'avait la société à écarter cette origine pour se défendre contre les légitimes suspicions des pouvoirs publics d'alors ne fait que donner plus de force aux arguments de ceux qui la rattachent aux Templiers. C'est une question d'histoire : la tradition doit jouer dans sa solution le rôle principal.

La tradition nous apprend qu'en plein seizième siècle les francs-maçons se virent contraints de publier un manifeste pour tâcher de détruire, si possible, l'opinion commune qui les regardait à cette époque comme les vrais continuateurs des Templiers. Le fait est incontestable. C'est le point capital.

Dès ce moment le mot d'ordre est donné à tous les maçons : il faut dérouter les personnes hostiles à la société !

Les Vénérables rédacteurs de la charte donnent l'exemple : on y lit à l'article A:

 qu'il nous est démontré, par différents
monuments d'une antiquité bien constatée,
que l'origine de notre association remonte
jusqu'aux premiers temps, où, fuyant les
disputes des différentes sectes du Christianisme,
quelques adeptes imbus ... des secrets
de la philosophie morale, se séparèrent
de la multitude ...

 
 
L'original de la charte de Cologne se trouve dans les archives de la mère-loge d'Amsderdam. Le lecteur trouvera la charte publiée in extenso dans "Les Sociétés Secrètes, et la Société" par N. Deschamps. Edit. Claudio Jeannet - 3 vols. Ondin. Paris 1882. Tome I, p. 318 - et dans Le problème de l'heure présente, par Mgr Delassus, Tome I, p. 345
Le premier de ces deux ouvrages est une véritable Bible Anti-Maçonnique.