Les rites Egyptiens

Rites Egyptiens
Tout d'abord il ne faut pas confondre le rite de Misraïm et le mithraïsme, ce dernier étant le culte de Mithra.

Le Rite de Memphis Misraïm fait partie de ces nombreux rites maçonniques égyptiens qui virent le jour au début du XIX° siècle suite à la Campagne d'Égypte. Mais il mérite qu'on s'attarde sur lui car il est le plus répandu, c'est déjà une excellente raison, de plus il présente également des particularités intéressantes qui seront développées dans la suite de cet article.

Le Grand Maître d'une Loge de rites Egyptiens s'appelle un Hiérophante.

Selon la légende c'est Adam lui-même, qui aurait créé, avec ses enfants, la première loge de l'humanité ; Seth succéda à son père ; Noé la fit échapper au déluge ; Cham l'établit en Égypte, sous le nom de « Mitzràim » qui signifie en hébreu : les Égyptiens.

L'histoire des rites Egyptiens

Marc Bédarride
Marc Bédarride
Les rites Égyptiens sont apparus en Europe au XVIIIe siècle. Mais on ne pouvait pas encore parler de rite de Misraïm. C'est la Campagne d'Égypte de Napoléon qui a tout déclenché. A cette époque beaucoup de gens se sont mis à s'intéresser à l'Égypte.

La première Loge française a été fondée en 1813 par Marc Bédarride et ses frères. Elle avait été rapportée de Naples. Mais les recherches historiques tendent à démontrer que ce rite est en fait né à Venise. C'est la France et l'Italie qui sont les pays où le rite de Misraïm se pratiquent le plus.

Dès 1822, après une sombre dénonciation du Grand Orient de France aux autorités, la Loge française fut interdite car elle était utilisée comme couverture par des réseaux politiques anarchiques ou d'extrême droite. L'interdiction fut levée en 1831 seulement, année qui marque le début de la grande reconstruction.

Horus dans les rites Egyptiens
Une scission se produisit malheureusement en 1837 avec la création en 1838 d'une seconde loge : le rite de Memphis. Quelques années plus tard, ce dernier fit allégeance au Grand Orient de France avant de fusionner avec le rite italien de Misraïm de Pessina en 1881. Ce fut la création du Rite de Memphis et Misraïm. La réduction de l'échelle égyptienne des grades les ramena à seulement trente-trois degrés au lieu de 90.

De son côté, la Grande loge Misraïmite fut fermée en 1899. Mais il y avait d'autres loges en Province et même à l'étranger (New-York, Buenos-Aires et Alexandrie). Il restait également trois loges à Paris.

Le docteur Gérard Encausse (Papus) a essayé sans succès d'entrer dans une loge du Rite de Misraïm ainsi que dans le Rite de Memphis et Misraïm. Il a finalement fondé sa propre loge de Rite Egyptien en 1908. Ce fut la naissance de l'Antique et Primitif Rite Oriental de Memphis-Misraïm. Quelques années plus tard, en 1960, le Grand Maître de l'époque, Robert Ambelain, réforma profondément les rituels et le mouvement pris le nom de Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm.

Une scission survint en 1998 avant une explosion totale qui a donné naissance à une multitude de petites loges.
 

Les particularités des rites égyptiens

Ces rites ont la particularité d'avoir une échelle d'instruction qui comporte 90 degrés.

L'Égypte tient une place particulière dans l'histoire des traditions ésotériques, un courant original, totalement distinct du courant judaïque comme du courant judéo-chrétien.

On peut aussi noter que les 3 derniers degrés du rite de Misraïm se pratiquaient sous forme de deux régimes très différents :
- un régime à philosophie kabbalistique (en France)
- un régime à philosophie égypto-hellénique (Arcana Arcanorum : Secrets des Secrets, ou Régime de Naples).

Les Arcana Arcanorum constituent le corpus pratique et doctrinal de la maçonnerie égyptienne.

La philosophie du Misraïmisme

Armoiries du rite Memphis et Misraïm
Au XVIIIe siècle la maçonnerie était bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui. Elle ne regroupait, dans la plupart des rites, que d'ardents spiritualistes. Loin de se limiter à la recherche du bonheur humain, à l'émancipation des esprits, à l'éducation du cœur, elle mettait sa préoccupation essentielle dans la conquête de la Vérité, dans l'effraction des mille secrets de la Nature, dans les expérimentations les plus hardies dans le domaine spirituel.

Les religions, l'alchimie, l'hermétisme, la kabbale se rencontrent et se mélangent dans les rites Egyptiens. L'arbre de Misraïm est une école de secrets de toute espèce et ses quatre derniers degrés du régime napolitain nous apportent les secrets les plus considérables de la tradition spiritualiste la plus vénérable.

Misràim se distingue des autres Ordres maçonniques par la richesse de son enseignement ésotérique.

D'après les statuts de 1818, cet Ordre est basé, non sur le nombre mais sur la sélection ; non sur le vote de la masse mais sur l'autorité de ses instructeurs. Le Grand-Maître, Souverain Grand Conservateur Général du Rite, Puissance Suprême, a tout pouvoir dogmatique et administratif au sein de l'Ordre. Il est son régent, ad vitam.

Tout membre du 90e degré possède le pouvoir d'initiation individuelle, en dehors de tout temple et de toute organisation.

Au premier degré seulement, un vote est exigé de l'atelier sur toute candidature de profane qui lui serait soumise, la majorité étant requise pour qu'une admission soit agréée. La progression dans les degrés est ensuite effectuée sur décision des supérieurs quand ils pensent qu'un adepte est prêt pour être initié à un échelon supérieur.

Cette organisation est conforme aux traditions initiatiques. L'Hiérophante est le Père et l'instructeur de ses enfants spirituels. Il ne dépend pas d'eux, ce ne sont pas les enfants qui élisent leurs parents.

L'une des leçons de l'ordre de Misraïm est la suivante :

Redoublez vos efforts pour vous purifier, non par des austérités, des privations ou des pénitences extérieures ; car ce n'est pas le corps qu'il s'agit de mortifier et de faire souffrir ; mais ce sont l'âme et le cœur qu'il faut rendre bons et purs, en chassant de votre intérieur tous les vices et en vous embrasant de la vertu.

 

C'est clair que l'on est bien loin du Bouddhisme qui prêche à peu près le contraire avec ses ascètes.
 

Les symboles apparaissant dans les rites Egyptiens

Certains symboles particuliers ne manquent pas d'intérêt. On retrouve notamment les symboles suivants :
le Triangle rayonnant,
Epsilon, le secret des Pythagoriciens,
le double Carré — Matière-Esprit — tous emboîtés les uns dans les autres.
Trois cercles concentriques symbolisant les Trois mondes.

Des références à la Kabbale sont faites par la représentation de l'Échelle de Jacob et des tables de la Loi.

Le courant égypto-hellénique est symbolisé par le dieu Bélier Amon et l'Olivier sacré.