Petite histoire de la sorcellerie depuis ses origines

Histoire de la sorcellerie

Cornelius Agrippa

Cornelius Agrippa
Le mot sorcier désigne la personne qui lance des sorts. Mais en anglais, il se dit witchcraft. Il doit son origine au mot anglo-saxon « Wicca » qui lui-même est dérivé du mot « wicce » qui signifie « sage ». Le mot « sorcière » en anglais signifie également « tordre » ou « plier ». On en arrive alors au domaine de la psychogenèse et de la télékinésie, ou de toute autre capacité psychique permettant d'avoir une action physique sur les objets. Par extension, un sorcier peut désigner toute personne douée de capacités lui permettant d'avoir une action sur les pensées d'autrui et sur son psychisme.

On pense que l'origine de la sorcellerie remonte à des milliers d'années, quand les gens vénéraient leur Mère nourricière la Terre et la nature comme des déesses. Ils vénéraient également les femmes car elles étaient considérées comme les créatrices d'une nouvelle vie.

A cette époque, la pratique de la sorcellerie était considérée comme un métier. C'était le « métier du sage ». La sorcellerie était elle même une religion, sans doute la religion la plus ancienne du monde. La connaissance se transmettait souvent par transfert héréditaire, parfois par apprentissage quand le sorcier n'avait pas de descendance. C'est ainsi que la sorcellerie a subsisté pendant une très longue période, de la préhistoire à l'Antiquité.

 

De quoi se compose la sorcellerie ?

Sorcières autour d'un chaudron
La sorcellerie regroupait non seulement la magie, mais aussi la médecine. Les médicaments se présentaient sous forme de potions, de décoctions d'herbes, d'huiles, de poudres. Les mages utilisaient aussi des pierres. Les mères et les grands-mères enseignaient la sorcellerie à leurs filles et petites-filles.

Quelques hommes pratiquaient également la sorcellerie mais c'était plutôt le travail des femmes car bien souvent elles restaient à la maison pour faire la cuisine ou pour s'occuper des enfants tandis que leur mari partait travailler ou chasser. Traditionnellement, c'était les sorcières qui fournissaient les services de santé pour la famille et les proches. Elles étaient considérées comme sages et étaient très respectées. C'était elles qui pratiquaient les accouchements. D'ailleurs, le nom de « sage-femme » est resté dans le langage. Paracelse, le grand médecin de la Renaissance, déclara à Bâle en 1527 ne rien savoir que ce qu'il n'avait apprit des sorcières.

A cette époque, personne n'avait peur des sorcières car elles guérissaient les gens de leurs maladies et elles s'occupaient même parfois des animaux malades comme peuvent le faire aujourd'hui les vétérinaires.

La sorcellerie est une pratique religieuse à multiples facettes. Les sorciers effectuent des travaux d'hypnose, par conséquent, ils peuvent soigner des maux douloureux, tels que remettre en place des os brisés ou l'accouchement, sans douleur. Ils utilisent également la télépathie, la clairvoyance, l'intuition, la radiesthésie, les boules de cristal, la transe, la communication avec les esprits et d'autres pratiques occultes similaires pour résoudre tous les petits problèmes de santé du peuple. La religion et la magie étaient indissociables.

La persécution des sorciers

Sorcières Vielsalm
Statue commémorative des sorcières à Vielsalm (Belgique)
Un fait d'autant plus important qu'il a pu passer inaperçu est celui-ci : lorsqu'après avoir franchi le seuil des temples, la science occulte fut tombée dans le domaine public, les prêtres qui, dans le principe, s'honoraient du titre de mages, de magiciens, décrièrent alors cette science, la poursuivirent et la condamnèrent; le nom de magicien devint bientôt une injure, un sujet d'accusation. Le collège des pontifes fit poursuivre, comme sacrilèges, plusieurs individus accusés de sorcellerie et obtinrent leur condamnation à mort.

Démosthène rapporte que les Athéniens donnèrent la ciguë à la magicienne Théoride, convaincue d'affreux maléfices; sa fille versée dans son art, fut bannie et la maison qu'elle habitait démolie de fond en comble.

L'arrivée des religions modernes

Représentation d'une sorcière
Alors que les gens continuaient d'affluer vers les sorcières avec leurs problèmes, les grands prêtres et les autres fonctionnaires de l'Église chrétienne se sont senti menacés. Par conséquent, ils ont attribué les pouvoirs magiques des sorcières au diable.

Depuis ce temps, l'Église et la monarchie se sont unis les uns aux autres et ont commencé à persécuter les sorcières. Ils les ont trainé devant des tribunaux et les ont envoyés en prison ou les ont même les condamnés à mort. Tant et si bien que la loi sur la sorcellerie écossaise de 1563 va même jusqu'à punir les gens qui ont consulté des sorcières pour résoudre leurs problèmes médicaux. Ils ont été accusés d'être leurs partisans.

Les jeunes gens se sont alors abstenus de pratiquer la sorcellerie par crainte de la persécution et ceux qui ont continué de la pratiquer sont devenus vieux et laid à cause de la pauvreté, la peur et les effets du temps qui passe. Ceci est la principale raison pour laquelle les sorcières sont dépeintes comme vieilles et laides, petites et craintives avec le regard chafouin.
 

L'arrivée de la sorcellerie en Amérique du Nord

La sorcellerie a été emmenée en Amérique du Nord par les premiers Européens qui se sont installés là-bas. Bien qu'elle fut été officiellement interdite, certains des premiers colons la pratiquaient secrètement. Ils croyaient que la sorcellerie les aiderait à se protéger contre les attaques des Indiens.

Avec l'avènement de la sorcellerie New Age dans les années 60 et du courant Wicca, cette magie a retrouvé son ancien respect et est largement pratiquée par des gens très instruits. La Wicca est considérée comme la religion la plus démocratique dans le monde car elle donne à chacun la liberté de pratiquer ses propres croyances religieuses sans en référer à un régime religieux établi.

Des personnages célèbres de la sorcellerie

La mort de Socrate
La Mort De Socrate - Jacques-Louis David - 1787
Ceux qui ont cherché à contrôler des esprits élémentaires grâce à la magie cérémonielle l'ont fait principalement dans l'espoir d'obtenir des mondes invisibles une puissance surnaturelle ou des connaissances rares.

On se souvient du petit démon rouge de Napoléon Bonaparte et des oracles infâmes des Médicis. Ce sont des exemples de résultats désastreux quand on permet à des êtres élémentaires de dicter le cours de la civilisation humaine. Le démon divin de Socrate semble être une exception. Il s'agirait plutôt d'un « bon génie ». Cela prouve vraiment que l'état intellectuel et moral du magicien influence énormément l'entité qu'il est capable d'invoquer. Mais même le démon du philosophe Socrate l'a abandonné lorsque la peine de mort a été prononcée.

Le transcendantalisme et toutes les formes de magie phénoméniste ne sont que des impasses, des excroissances de la sorcellerie Atlante. Ceux qui abandonnent le droit chemin de la philosophie finissent par errer presque invariablement et sont victimes de leur imprudence. L'homme, incapable de contrôler ses propres appétits, ne correspond pas à la tâche de gouverner les esprits élémentaires fait de feu et de tempête.

Eliphas Lévi
Eliphas Lévi
Beaucoup de magiciens ont perdu la vie à la suite de l'ouverture d'une brèche par laquelle les créatures de l'au-delà se sont engouffrées pour devenir des participants actifs dans leurs affaires. Lorsque Eliphas Lévi invoque l'esprit d'Apollonios de Tyane, qu'espère-t-il accomplir ? La satisfaction de sa curiosité est-elle un motif suffisant pour justifier le dévouement de toute une vie à une quête dangereuse et inutile ? Si de sa vie Apollonius a refusé de divulguer ses secrets au profane, existe-t-il une probabilité pour qu'après sa mort il les divulgue aux simples curieux d'esprit ? Levi lui-même n'a pas osé affirmer que le spectre qui lui était apparu était le grand philosophe. Levi réalisait que trop bien la propension des éléments à usurper l'identité de ceux qui nous ont quittés. La majorité des apparitions médiumniques modernes est le fruit de créatures élémentaires se faisant passer pour des êtres composés de substance psychique fournie par les mêmes personnes qui désirent justement voir ces fantômes s'incarner.
 

Le Docteur Faust

Docteur Faust
Rembrandt van Rijn : Faust dans son atelier
regardant un cercle magique, gravure de 1652
Un magicien bien connu du Moyen Age était le Dr Johannes Faustus, plus communément connu sous le nom de Dr Faust. Par une étude des écrits magiques, il a permis à un être élémentaire de rester à son service. Il s'agissait d'un esprit qui le servait depuis de nombreuses années dans diverses actions magiques.

D'étranges légendes sont racontées concernant les pouvoirs magiques possédés par le Dr Faust. Lors d'une réception où le philosophe était apparemment dans une ambiance joyeuse, il jeta son manteau sur un panier d’œufs frais arrivés du marché, les obligeant à éclore instantanément. Un autre jour, étant tombé par-dessus bord d'un petit bateau, il a été secouru et ramené sur le rivage avec ses vêtements encore secs. Mais, comme presque tous les autres magiciens, le Dr Faust en est arrivé à la catastrophe. On l'a retrouvé un matin avec un couteau dans le dos. Il fut admis de tous que son esprit familier l'avait assassiné.

Bien que le Dr Faust de Goethe soit généralement considéré comme un simple personnage de fiction, ce vieux magicien a réellement vécu au XVIe siècle. Le Dr Faust a écrit un livre décrivant ses expériences avec les esprits. Nous vous invitons à en trouver une version traduite.

Époque contemporaine

Dame Akasha
Dame Akasha
Nous ne vivons plus, fort heureusement, dans ces temps de ténèbres où les hommes croyaient à de telles choses ; le bon sens se trouve même aujourd'hui chez les plus jeunes enfants, grâce aux lumières de l'instruction. Le commentateur de la chronique thessalienne ajoute, par comparaison, que la goétienne Mycale se montra moins impitoyable que le thaumaturge Élysée qui, pour punir une troupe d'enfants moqueurs, les fit dévorer par des ours sortis des forêts à son appel.

Ces deux fables sont une peinture fidèle des croyances des peuples où elles ont été inventées. Mais de nos jours encore, il existe des endroits sur la terre où de telles pratiques subsistent. Et si on remonte cinquante ans en arrière, on pouvait en rencontrer en France, dans les zones rurales les plus reculées. De telles choses se pratiquent encore dans des sectes. On se souvient tous de la terrible affaire du Temple Solaire qui fit en tout 74 victimes entre 1994 et 1997 en France, en Suisse et au Canada. Il s'agissait de suicides collectifs pratiqués lors de cérémonies rituelles.

Dans la presse :
http://www.liberation.fr/evenement/1995/12/25/les-corps-de-16-adeptes...
http://www.humanite.fr/node/195627



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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 5 Octobre 2018. Il est à jour.