L’extase religieux et l’extase démoniaque

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Si donc nous admirons maintenant, presque sans oser les croire, les phénomènes si rapetissés et si misérables des temps au milieu desquels nous vivons, c'est que nos siècles de civilisation avancée ne tolèrent plus de telles énormités, et ainsi elles ont dû disparaître ; c'est aussi que la puissance satanique est liée par le christianisme, et que le grand séducteur de l'humanité ne peut plus accomplir tout ce qu'il voudrait bien entreprendre. Mais c’est en train de revenir au XXIe siècle.


Les Saints

Si l'extatique est un saint, ses visions sont saintes, exemptes d'erreur, les anges saints sont ses guides, et la lumière divine est la lumière qui l'éclaire. Cependant l'Église, tout en tolérant ou même en approuvant ses révélations, ne les propose point à la foi et ne les prend ni pour base ni pour règle de ses décisions. Sa règle unique et invariable se trouve dans les Écritures et la tradition; le surplus n'est qu'un objet de discussion ou d'édification.

Les diaboliques

A l'entrée de l'autre voie, celle qui est diabolique, Satan se présente à celui qui le cherche, et devient sa lumière ; quelquefois à celui qui ne le cherchait pas, mais qu'une curiosité déplacée a égaré sur les confins de la nature et dans des régions inaccessibles au contrôle de la raison.

L’Âme qui aliène volontairement, et sans un motif sanctificateur, des sens que Dieu lui a imposés pour intermédiaires de ses actions, ne peut plaire à Dieu, puisqu'elle le place dans un ordre différent de celui qu'il a établi, et ne peut donc le rencontrer au-devant d'elle. C'est un second fruit défendu auquel elle touche pour mieux connaître le bien et le mal, et c'est le même tentateur qui l'y convie. Cette voie est donc criminelle, pleine de périls et d'illusions; la lumière qui l'éclaire est purement satanique.

Une certaine similitude des deux chemins

Comme la précédente, cette voie mène au ravissement : le corps est déplacé sans force motrice, emporté dans les airs, agité, tordu en tout sens, d'une manière affreuse, épouvantable, broyé, brisé, déchiré de la façon la plus terrible et la plus réelle, sans que la maladie ni la mort en soient le résultat. L'histoire des possessions démoniaques est suffisamment connue, il n'y a rien de nouveau en cette matière.

C’est encore Jamblique que nous citons. Après avoir marqué trois degrés dans l'inspiration extatique qu'il appelle divine mais que nous nommerons plutôt démoniaque, l'auteur ajoute :

On voit des inspirés dont tout le corps éprouve une grande agitation, d'autres qui ne sont agités que dans quelques uns de leurs membres, d'autres qui demeurent dans un repos absolu... On en voit dont le corps croit en longueur, d'autres dont il croit en grosseur, d'autres qui sont ravis au milieu des airs, d'autres encore qui éprouvent des phénomènes tout opposés. On peut remarquer la même variété dans l'émission de leur voix, car elle s'écarte de toutes façons de la voix humaine dans l'état habituel de la nature.
 

L'art de l'extase était le grand art des oracles. Mais il y a ici une question très controversée : Satan était-il l'agent des oracles ? La discussion en est restée là. Faut-il la reprendre à présent ?


Source : Toutes ces explications sur l’extase nous sont fournies par l’abbé Lecanu dans son Histoire de Satan publié en 1861.





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