La filiation templière

Plaque commémorative exécution de Jacques de Molay
On ne racontera pas ici l'histoire des Templiers, comment ils ont vécu, comment ils sont morts. La légende n'a pas fini de livrer ses mystères. Chaque année de nouvelles recherches sont entreprises ou de nouvelles hypothèses apparaissent, certaines complètement farfelues.

Les tortures des suppliciés les ont fait avouer sans aucun doute des infamies imaginaires suggérées par leurs bourreaux. Il ne paraît pas douteux que la mort de Jacques de Molay, le 23° et dernier Grand Maître de l'Ordre des Templiers, ainsi que celle de ses compagnons ait été l’un des grands crimes de l'histoire politique française. Vraisemblablement, aucun membre de l'Ordre séjournant alors en France n'a échappé au massacre organisé. Certains content des fuites avec des charrettes emplies de pièces d’or mais ce ne sont que mythes et fables qui sont colportées par les badauds. Il en est de même de la survivance de l’Ordre et de la continuité clandestine de ses activités. Du moins en France. Pures chimères. En Suisse... peut-être...


Lire notre article Les Templiers ont créé la Suisse pour en apprendre plus sur les véritables origines de la confédération helvétique.

Selon certains, l'Ordre maçonnique écossais de la Stricte Observance serait la renaissance de l’Ordre des Templiers : « Après la catastrophe, le Grand Maître provincial d'Auvergne, Pierre d'Aumont, s'enfuit avec deux commandeurs et cinq chevaliers. Pour n'être pas reconnu, ils se déguisèrent en ouvriers maçons et se réfugièrent dans une île écossaise où ils trouvèrent le Grand Commandeur Georges de Harris et plusieurs autres frères, avec lesquels ils résolurent de continuer l'Ordre. Le jour de la Saint-Jean 1313, ils tinrent un chapitre dans lequel Aumont, premier du nom, fut nommé Grand Maître. Pour se soustraire aux persécutions, ils empruntèrent des symboles pris dans l'art de la maçonnerie et se dénommèrent Francs-Maçons. »

Et comme pour justifier la filiation de la loge écossaise, le récit continue : « En 1631, le Grand Maître du Temple transporta son siège à Aberdeen et par la suite l'Ordre se répandit, sous le voile de la Franc-Maçonnerie, en Italie, en Allemagne, en Espagne et ailleurs. »

On peut malgré tout penser qu’il y a une part de vérité dans tout cela et que les grandes loges maçonniques ont été largement influencées par le souvenir des hiérarchies templières. Sans être les inventeurs de la franc-maçonnerie, des Britanniques sensibles aux thématiques rosicruciennes ont joué un rôle non négligeable dans ses premiers développements. Vers 1760 apparaît ainsi le grade maçonnique de « chevalier Rose-Croix », qui est, depuis 1801, le 18e grade du Rite écossais ancien et accepté.
 

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