Les idées rosicruciennes conquièrent l'Europe

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La stratégie de communication, misant sur le goût universel pour le secret et le mystère, est parfaite : aussitôt, donc, la Rose † Croix fascine. Son idéal de « Réformation universelle » va occuper bien des beaux esprits. Plutôt que Descartes, ou Leibniz, qu'on a longtemps voulu faire passer, à tort, pour des rosicruciens, son premier porte-parole d'influence est Michael Maier, médecin et conseiller de l'empereur Rodolphe Il, qui publie plusieurs commentaires enthousiastes des manifestes rosicruciens. Après un voyage en Allemagne, le médecin anglais Robert Fludd joue pour sa part un rôle essentiel dans la propagation de ces idées dans les Îles britanniques : elles influenceront beaucoup Francis Bacon au moment de rédiger son roman utopiste La Nouvelle Atlantide  (1622), best seller de l'époque. Et elles investissent même quelques têtes couronnées, comme celles de l'empereur Rodolphe II, de Frédéric V du Palatinat et de Gustave II Adolphe de Suède. Mais si l'idéal rosicrucien conquiert une partie de l'Europe humaniste, désespérée par les guerres de religion et en quête d'un nouveau souffle intellectuel, on ne compte toujours pas, en ce milieu du XVIIe siècle, la moindre société secrète de la Rose † Croix.


La fable d'Andreae et de ses compagnons va pourtant finir par prendre vie. Au début du XVIIIe siècle, après un léger essoufflement au cours des décennies précédentes, le phénomène rosicrucien renaît de plus belle. Et, pour la première fois, en 1710, est créé en Allemagne un authentique ordre rosicrucien, celui de la Rose-Croix d'Or, qui essaime dans les grandes villes, puis dans toute l'Europe centrale et jusqu'en Russie. C'est dans ces groupements, à l'organisation toutefois assez lâche, que naît la légende du rôle des Rose † Croix dans dans la naissance de la franc-maçonnerie.


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