La plus ancienne des religions

Obeah est peut-être la plus ancienne de toutes les religions afro-créoles dans les Caraïbes. Les Ashantis (ou Koromantyn / Coromantins) Africains venaient de la Gold Coast (Côte de l'Or). Comme ils étaient généralement prédisposés à la révolte et à la sorcellerie, les Français et les Espagnols évitaient de les importer comme esclaves. C'est pourquoi la pratique de l'Obeah est confinée aux Antilles Britanniques avec quelques incursions en Guadeloupe et en Martinique.


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Un système de croyances

L'Obeah est semblable à d'autres religions afro-américaines, notamment le Palo, le Vaudou, la santería et le Hoodoo. Selon Margarite Fernandez-Omos et Lizbeth Paravisini-Gerbert, Obeah « plus qu'une religion, est un système de croyances ancrées dans la spiritualité créole qui reconnaît l'existence et la puissance du monde surnaturel ». En outre, Obeah comprend deux catégories de base concernant ses pratiques :
les sorts, les bons comme les mauvais,
les pratiques de guérison basées sur l'utilisation d'éléments tirés du milieu naturel.

Transport des esclaves
Reconstitution du transport des esclaves

Une pratique interdite

L'Obeah a souvent fourni un réconfort aux esclaves Africains déplacés du fait qu'ils pouvaient compter sur l'un des leurs pour la guérison et la protection. Toutefois, les pratiques de l'Obeah pendant la période coloniale britannique figurent comme menaçante pour les propriétaires blancs de plantations, et sa pratique a été interdite dans la plupart des colonies britanniques. L'Obeah est donc devenue essentiellement une relation client-praticien, avec un sujet malade qui recherche de l'aide auprès de l'homme ou de la femme Obeah, sur un plan strictement individuel.

Un système magique

L'Obeah est associée à la fois à la magie bénéfique et aux magies obscures, aux charmes, à la chance et au mysticisme en général. Dans certains pays des Caraïbes, l'Obeah se réfère aux religions populaires de la diaspora africaine. Dans certains cas, les aspects de ces religions folkloriques ont survécu à travers le syncrétisme du symbolisme et de la pratique du christianisme introduite par les colons européens et les propriétaires d'esclaves. On peut ainsi observer que le symbolisme chrétien est incorporé dans le culte Obeah, mais ce dernier peut aussi représenter le culte clandestin et la protestation religieuse.

Pendant la période sombre de l'esclavage, l'Obeah était dirigée contre les maîtres d'esclaves européens. Cependant, avec l'abolition de l'esclavage, l'Obeah fut progressivement considérée comme tabou, et le terme comporte des connotations péjoratives.

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