L’œuvre du démon

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On nous dit que « Dieu créa l’homme à son image ». Alors comment un chrétien peut-il admettre le passage de l’humain à l’animal ? La métamorphose pose un problème théologique dès les premiers textes apologétiques. Sur ce point comme sur les autres, les théologiens du Moyen Âge appuieront leur réflexion sur l’œuvre de Saint Augustin et, plus particulièrement, sur un chapitre de La Cité de Dieu entièrement consacré à la métamorphose. C’est pour lui un « perfide jeu de démons » qui relève de deux registres :

Celui de l’illusion
Celui du diabolique

Les démons ne pourraient ni créer ni même altérer la création divine. Ce serait donc avec la permission de Dieu qu’ils joueraient sur les sens des hommes :

Ils modifient en apparence seulement les créatures du vrai dieu pour qu’elles semblent être ce qu’elles ne sont pas.
 

Et pour démonter le mécanisme subtil de cette illusion diabolique, Augustin utilise la notion complexe du phantasticum, du double fantastique qui échappe au contrôle de l’homme quand il est endormi ou engourdi, et que les démons peuvent alors modeler à leur guise. On rejoint alors les principes du dorlissisme et celui des succubes et des incubes qui apparaissent pendant le sommeil. On retrouve également des histoires similaires dans la culture musulmane avec les attaques nocturnes de djinns et les paralysies du sommeil.

Mais Freud nous dirait que dans la pensée augustinienne la métamorphose s’apparente fort à un dédoublement de personnalité. Il ajouterait sans doute que la cause de tout cela est à n’en pas douter un afflux de pulsions sexuelles. Mais c’est une bien piètre réduction de la métamorphose à si peu de choses.


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