Les philosophes du Moyen-Âge

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Au Moyen-Âge, les alchimistes prenaient ça beaucoup plus au sérieux. Il y avait un énorme travail qu'il fallait accomplir pour obtenir la pierre philosophale. Voici une recette dévoilée dans le Grand Arcane hermétique :

Pour obtenir la Pierre, il faut tout d'abord dissoudre l'or et l'argent dans le dissolvant Universel que les alchimistes nomment l'azoth ; et l'azoth des sages ou mercure des sages. De l'or, on tire le soufre, de l'argent, du mercure, plus encore du sel de mercure. Quand la matière est ainsi préparée, on peut alors entamer le Grand Œuvre. Le soufre et le mercure étant intimement unis dans l'œuf philosophique (le matras) hermétiquement clos (luté). On place l'œuf sur l'Athanor (Fourneau). Alors commencent les innombrables opérations de la coction « au feu d'Égypte ».

 

La série des travaux de cette coction obstinée solennelle, commence par la conjonction, puis la putréfaction pendant laquelle la matière devient noire comme la plume de corbeau ; après vient la 3e opération dite déalbation (de alba blanche) pendant laquelle la matière devient blanche ; enfin la 4e opération la plus difficile est la fixation, qui amène la couleur rouge. Cette apparence obtenue, l'alchimiste opère une dernière fermentation qui a pour but d'augmenter la puissance de la pierre et c'est pourquoi, on nomme parfois cette dernière fermentation : l'accroissance.

Après cette série d'opération, qui durait de longs mois, suivant l'inexpérience plus ou moins grande de l'alchimiste, on brisait l’œuf philosophique et l'on pouvait recueillir une matière rouge friable brillante ayant assez l'apparence du verre pilé, ayant l'odeur du chlorure de calcium (sel marin) calciné. C'était-là, le Grand Magistère, la pierre philosophale, l'élixir rouge ayant le pouvoir de transmuter les métaux en or.

Si au contraire l'alchimiste arrêtait son opération après la déalbation et n'obtenait ainsi que la poudre blanche : la Pierre blanche; on ne possédait que le Petit Magistère n'ayant que le pouvoir de transmuter les métaux en argent.

Arrivons à la Projection. Celle-ci consistait à jeter un grain de la Pierre englobé dans de la cire vierge, au milieu du métal en fusion : Etain, plomb, mercure et après le refroidissement, on trouvait une quantité d'or égale au poids du métal employé. Avec quelques modifications successives, on pouvait obtenir l'or Potable ou Élixir de vie, sorte de Panacée qui permettait de prolonger la vie bien au-delà du terme accordé au commun des mortels comme ce fut le cas pour Artéphius, Cagliostro, le Comte de Saint-Germain et tant d'autres encore.

Par les lignes qui précèdent, on voit quel immense labeur demandait l'accomplissement total de la Pierre Philosophale. Aussi qui fabrique encore de nos jours, cette pierre, cette chimère diront beaucoup de lecteurs, chimère si recherchée par Raymond Lulle, Arnaud de Villeneuve, Paracelse, Albert-le-Grand, Roger Bacon et tant d'autres ? Et pourtant, le nombre d'Alchimistes contemporains est considérable.


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