Les menhirs de l'âge de pierre

Dolmen sur l'île D'Yeu
Un intérêt particulier se manifeste concernant les compétences mécaniques de ces premiers occupants de l'Europe qui arrivaient à faire basculer et déplacer d'énormes pierres. Ces reliques de l'Antiquité sont constituées d'énormes blocs rocheux posés sur une seule ou bien deux bases qui font penser que la moindre pression peut suffire à les faire basculer. Pourtant, le plus grand effort ne suffit pas à les renverser. Ceux-ci ont été appelés « Pierres » par les Grecs et les Latins.


La pierre Gygorian

La plus célèbre étant la Pierre Gygorian dans le Détroit de Gibraltar. Bien que placée en équilibre et donnant l'impression qu'une simple tige de jonquille pourrait la faire tomber, cette pierre ne peut pas être bougée par la force réunie de plusieurs hommes. Il existe une légende qui prétend que c'est Hercules qui aurait soulevé cette pierre pour en recouvrir la tombe des deux fils de Borée qu'il avait tués au combat. Cette pierre est posée si délicatement qu'elle se balance d'avant en arrière au gré du vent. Mais personne ne possède suffisamment de force pour la renverser.

Stonehenge

Un certain nombre de dolmens et de menhirs ont été trouvés en Grande-Bretagne. On peut notamment prendre en exemple le site de Stonehenge. Il est intéressant de noter que les pierres vertes formant l'anneau intérieur de Stonehenge sont soupçonnées d'avoir été amenées d'Afrique.

Géants de l'île de Pâques
Statues des Géants de l'île de Pâques

Des monuments bruts

Dans de nombreux cas, les monolithes sont sans sculpture ni inscription, car ils sont sans aucun doute antérieurs à l'invention des outils et de l'écriture. C'est le cas pour les sphères du Costa Rica. Dans certains cas, les pierres ont été rectifiées en colonnes ou obélisques, comme dans les monuments runiques et les lingams hindous et les pierres Sakti ; dans d'autres cas, elles sont façonnées, rappelant grossièrement la ressemblance avec un corps humain, comme dans le cas des statues de l'île de Pâques, ou dans les monolithes richement sculptés des Indiens d'Amérique centrale et des Khmers du Cambodge. Les premières images de ces rochers peuvent difficilement être considérées comme des effigies de toute divinité particulière, mais plutôt comme l'effort brut de l'homme primitif à présenter dans les qualités durables de la pierre les attributs de procréation de la divinité abstraite.

La pierre dans la Bible

Une reconnaissance instinctive de la stabilité de la Divinité a persisté à travers tous les âges intermédiaires entre l'homme primitif et la civilisation moderne. Une preuve suffisante de la survie de la litholatrie dans la foi chrétienne est fournie par des allusions à la roche de refuge, le roc sur lequel l'église du Christ devait être fondée, la pierre d'angle rejetée par les bâtisseurs, l'oreiller de pierre de Jacob qu'il a créé et oint avec de l'huile, la fronde en pierre de David, la roche Moriah sur lequel l'autel du Temple du roi Salomon a été érigé, la pierre blanche de l'Apocalypse, et le rocher des siècles.

L'utilité des pierres

Des pierres ont été vénérées par les peuples préhistoriques principalement en raison de leur utilité. Des éclats de pierre constituaient probablement les premières armes de l'homme ; les falaises et les rochers escarpés constituaient ses premières fortifications, et à partir de ces points de vue il pouvait lancer de gros rochers sur ses ennemis. Concernant la Roche de Solutré, près de Mâcon, des légendes circulent comme quoi les hommes préhistoriques chassaient les chevaux en les conduisant en troupeau tout en haut de cette falaise pour les pousser dans le vide.

Monuments funéraires

Dans des cavernes ou des huttes grossières confectionnées à partir de blocs de pierre les premiers humains se sont protégés contre les rigueurs de l'hiver. Des pierres ont été mises en place en tant que marqueurs et monuments de la réalisation primitive ; elles ont également été placées sur les tombes des morts, probablement par mesure de précaution pour éviter les déprédations des bêtes sauvages ou encore pour éviter que les morts ne reviennent hanter les vivants. Elles sont érigées en monuments funéraires comme par exemple le tumulus de la Pierre Couhard près d'Autun.

Les migrations

Pendant les migrations, il était apparemment coutumier pour les peuples primitifs de transporter avec eux des pierres provenant de leur région natale. Comme la patrie et le lieu de naissance étaient considérés comme sacrés, ces pierres étaient emblématiques de leurs origines et cette coutume est universellement partagée par toutes les nations.

La maîtrise du feu

La découverte du feu qui pouvait être allumé par les étincelles produites par deux pierres en silex que l'on entrechoque pouvait conformer la vénération de l'homme envers les pierres. Mais finalement, le monde insoupçonné de merveilles ouverts par l'élément « feu » nouvellement découvert a supplanté le culte de la pierre. Le feu est devenu le plus impressionnant et mystérieux de tous les symboles philosophico-religieux et cette vénération s'est généralisée durablement à travers les siècles. L'âge de la pierre était révolu pour faire place à l'âge du feu.
 

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