La magie des métaux et des gemmes

Les os des divinités

Selon les enseignements des Mystères, les rayons des corps célestes frappant le monde inférieur cristallisèrent leurs influences et devinrent les différents éléments. Possédant les vertus astrales de leur source, ces éléments neutralisent certaines formes asymétriques de l'activité céleste et, lorsqu'ils sont correctement combinés, contribuent pour beaucoup au bien-être de l'homme. On peut donc considérer le minéral comme quelque chose de précieux.

On en sait peu à ce jour concernant les propriétés magiques des métaux, mais le monde moderne peut encore trouver profitable d'examiner les résultats des premiers philosophes qui ont déterminé ces relations par une expérimentation. De ce type de recherches est née la pratique consistant à identifier les métaux avec les os des différentes divinités. Par exemple, les Égyptiens considéraient le fer comme étant les os de Mars et la magnétite les os d'Horus. Par analogie, le plomb serait le squelette de Saturne, le cuivre celui de Vénus, le métal mercure viendrait du Dieu Mercure, l'or, le métal précieux par excellence, proviendrait du soleil, l'argent de la lune, et l'antimoine de la terre. Il est possible que l'uranium soit le métal d'Uranus et le radium pourrait être celui correspondant à Neptune.


Le culte de la pierre

Pilier phallique - petit sanctuaire de Dionysos à Délos
Petit sanctuaire de Dionysos à Délos
La coutume primitive d'adorer les dieux sous la forme d'amas de pierres a donné lieu à la pratique d'ériger des piliers phalliques ou cônes, en leur honneur. Ces colonnes diffèrent considérablement en taille et en apparence. Certaines avaient des proportions gigantesques et ont été richement décorées avec des inscriptions ou des gravures représentant le visage de dieux et de héros; d'autres – comme les ex-voto des Babyloniens – n'avaient que quelques centimètres de haut, sans ornement, et comme seul portait un bref exposé de l'objet pour lequel ils avaient été préparés ou un hymne au dieu du temple dans lequel ils étaient mis. Ces petits cônes de terre cuite étaient identiques dans leur signification symbolique avec le grand Hermès mis en place sur le bord des routes et dans d'autres lieux publics.
Plus tard, l'extrémité supérieure de la colonne sera surmontée d'une tête à apparence humaine. Souvent, deux projections ou tenons, correspondant aux épaules, ont été placées, une de chaque côté, pour soutenir les couronnes de fleurs qui ornent les colonnes. Des offrandes, généralement de la nourriture, étaient placées près d'Hermès. Parfois, ces colonnes ont été utilisées pour soutenir les toitures et comptaient parmi les objets d'art qui ornaient les villas de riches Romains. Chez les anciens les pierres étaient précieuses.
 

Les quatre âges de la vie

Les métaux sont également utilisés dans les quatre âges de la vie des mystiques grecs – l'âge d'or, l'âge d'argent, l'âge du bronze et l'âge du fer – qui sont des expressions métaphoriques faisant référence aux quatre grandes périodes de la vie de toutes choses. Dans les divisions de la journée, ils signifient l'aube, midi, le coucher du soleil et minuit; dans la vie des dieux, des hommes et des univers, ils désignent les différentes phases que sont la naissance, la croissance, la maturité et la décadence.

Les âges grecs ont beaucoup de ressemblance avec les quatre Yugas des Hindous: Krita-Yuga, Treta Yuga, Dvapara-Yuga et Kali-Yuga. Leur méthode de calcul est décrite comme suit : « Dans chacun des 12 signes il y a 1800 minutes; multiplier ce nombre par 12 vous avez 21600; Multipliez encore par 80 et ça vous donnera 1728000 qui est la durée du premier âge, appelé Krita-Yuga. Si le même nombre est multiplié par 60, il donnera 1.296.000, la durée du second âge, Treta Yuga. le même nombre multiplié par 40 donne 864 000, la durée du troisième âge, Dvapara-Yuga. le même multiplié par 20 donne 432 000 correspondant au quatrième âge, Kali-Yuga. » (On notera que ces multiplicateurs diminuent en raison inverse de la Tétraktys Pythagoricienne : 1, 2, 3, et 4.)

Les pierres précieuses

Pierre précieuse
Orpheus a enseigné à ses disciples la façon d'affecter un public tout entier à l'aide d'un aimant et Pythagore a accordé une attention particulière à la couleur et la nature des pierres précieuses.

Les bouddhistes affirment que le saphir est une gemme qui apporte la tranquillité d'esprit, la sérénité, et chasse les mauvaises pensées en établissant une circulation saine chez l'homme. Il produit un désir de prière et apporte avec lui plus de paix que tout autre bijou. Mais celui qui saurait le porter doit mener une vie pure et sainte. C'est une condition.

Les météorites ont de tout temps été considérées comme des marques de la faveur divine et inscrits à ce titre comme preuve d'un pacte entre les dieux et la communauté dans laquelle elles sont tombées. On peut donc également les qualifier de pierres précieuses et il n'est donc pas rare que la magie les utilise également pour tirer partie des rayons cosmiques qu'elles renferment.

Parfois on trouve des pierres naturelles curieusement marquées ou ébréchées. En Chine, il existe une dalle de marbre dont le grain forme une parfaite ressemblance avec le dragon chinois. La pierre Oberammergau, façonnée par la nature, offre une étrange ressemblance avec la conception populaire du visage du Christ. Elle est si remarquable que même les têtes couronnées d'Europe ont demandé le privilège de la contempler. Les pierres de cette nature étaient portées dans la plus haute estime chez les peuples primitifs et, aujourd'hui encore, exercent une grande influence sur l'esprit religieux.
 

Les bagues magiques et les bijoux talismaniques

La Mythologie abonde de bagues magiques et bijoux talismaniques. Dans le deuxième livre de sa République, Platon décrit un anneau qui rendait son porteur invisible lorsque le fermoir était clos. Dans les Clavicules de Salomon on nous parle de l'Anneau de Gygès qui était le quatrième anneau. L'historien Flavius Josèphe (37 - 100 ap.JC) nous rapporte également l'épisode des bagues magiques conçus par Moïse et le roi Salomon. Aristote mentionne celui qui a apporté l'amour et l'honneur à son possesseur. Dans son chapitre consacré à ce sujet, Henry Cornelius Agrippa mentionne non seulement les mêmes anneaux, mais indique, sur l'autorité de Philostrate Jarchus que Apollonius de Tyane a prolongé sa vie de plus de 20 ans à l'aide de sept anneaux magiques qui lui ont été présentés par un prince des Indes orientales. Chacun de ces sept anneaux a été créé avec l'un des joyaux de la nature correspondant à chacune des sept planètes associées aux jours de la semaine (Soleil, Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne). En changeant tous les jours les anneaux, Apollonius pouvait se protéger contre la maladie et la mort par l'intervention des influences planétaires. Le philosophe a également enseigné à ses disciples les vertus de ces bijoux talismaniques, considérant que ces informations sont indispensables à la théurgie.

Agrippa décrit la préparation des anneaux magiques comme suit :

 Lorsque par chance une étoile [planète] s'élève, avec l'aspect chance ou la conjonction de la Lune, nous devons prendre une pierre et une herbe qui se trouvent sous l'étoile, et faire un anneau de métal qui est adapté à cette étoile, et le à fixer la pierre, mettant l'herbe ou racine sous celui-ci sans omettre les inscriptions des images, des noms et des caractères, tout comme les fumigations appropriées. 
 

Bague magique en forme de serpent
La bague a longtemps été considérée comme le symbole de la réalisation, la perfection et l'immortalité. Cette dernière parce que le cercle de métal précieux n'avait ni commencement ni fin. Dans les Mystères, des bagues de métal ont été confectionnées pour ressembler à un serpent avec sa queue dans sa bouche. Elles ont été portées par les initiés comme preuve matérielle de leur position atteinte dans l'ordre. Des chevalières, gravées avec certains emblèmes secrets, ont été portées par les hiérophantes, et il n'était pas rare pour un messager de prouver qu'il était le représentant officiel d'un prince ou d'un autre dignitaire en amenant avec son message soit une empreinte de l'anneau de son maître ou l'anneau lui-même.

L'anneau de mariage était à l'origine destiné à témoigner que, dans la nature profonde de celui qui le portait, l'état d'équilibre et d'achèvement avait été atteint. Cet anneau métallique en or était donc le témoin de l'union du Soi Supérieur (Dieu) avec le Soi Inférieur (La Nature) et la cérémonie de mariage intégrait ce mélange indissociable de la Divinité et de l'humanité dans la seule nature intérieure du mystique initié. C'est ainsi qu'était constitué le mariage hermétique dans les Mystères.