Précieuses analyses polliniques

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Cette impression est confortée par les analyses de carottes sédimentaires de lacs de cratère faites dans les années 1970 et 1980 par John Flenley, de l’Université Massey en Nouvelle-Zélande. Véritables pièges à sédiments éoliens, ces lacs se trouvent dans les trois grands cratères de l’île : Rano Aroi, le cratère central, Rano Raraku, le cratère voisin des carrières à statues, et Rano Kau, le cratère situé au Sud-Ouest. Les enregistrements sédimentaires ont révélé la présence de la forêt sur l’île pendant des dizaines de milliers d’années, puis sa disparition entre 800 et 1500. Toutefois, en 2004, J. Flenley et ses collègues néo-zélandais Kevin Butler et Christine Prior ont démontré que les couches sédimentaires des lacs de cratère contiennent souvent un peu de carbone plus ancien que l’âge du dépôt. Autrement dit : la première étude chronologique de J. Flenley pouvait avoir surestimé de plusieurs centaines d’années les âges, notamment celui de la déforestation.


D’autres travaux plus récents remettent aussi en cause ce que l’on a longtemps cru sur le déboisement. Catherine Orliac, archéologue au CNRS, a notamment conduit une remarquable étude sur 32 960 échantillons de bois, de graines, de fibres et de racines. Elle a mis en évidence 14 nouvelles espèces végétales dont la présence passée sur l’île était passée inaperçue jusque-là, et montré que la principale source de combustible des Rapanui a radicalement changé. Entre 1300 et 1650, les insulaires brûlaient du bois d’arbre, mais n’ont plus guère brûlé que des herbes et des fougères après 1650. Elle estime toutefois que jusqu’à dix espèces d’arbres auraient subsisté jusqu’à l’arrivée des Européens. Dans une autre étude, C. Orliac examine les restes de noix de Paschalococos. Ces échantillons carbonisés étaient soit mâchonnés par les rats, soit associés à des vestiges de présence humaine sur l’île. Les datations de ces coques les situent après 1250.


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