La magie et la religion

Magie et religion
Dans l'Islam, la frontière entre magie et religion n'est pas définitive. La religion au sens strict exclut la magie, alors qu'au sens large elle l'inclut. Ainsi, la religion comme système économique du symbolique et du sacré inclut la magie qui exalte la notion de symbole, alors qu'en tant que système strictement social ou doctrine elle exclut la magie qui représente une pratique concurrente.
 

Le fait magique, sans science, sans religion

Minarets des mosquées - Le Caire
Edward Evan Evans-Pritchard, l'anthopologue britannique, modifia considérablement l'approche de la magie, en cherchant à prendre pour base non pas les catégories prédéterminées de magie, religion et science, mais en considérant la magie comme un objet à part entière qui ne serait défini que dans les termes des peuples qui la pratiquent eux-mêmes.

Cette approche remporta un franc succès, mais c'est aussi là que les chemins de l'anthropologue et de l'historien se séparent. Comme l'indique Pascal Sanchez, « parler de la magie et de la sorcellerie, sans évoquer, même subrepticement, la religion, est sans doute un geste qui offusquerait un médiéviste ou un théologien mais qui est tout à fait légitime pour un africaniste ». En effet, pour comprendre la magie et la sorcellerie de l'ethnie des Azandés, nul besoin de décrire la religion de ce peuple. La magie est un sujet, particulièrement dense, qui se suffit à lui même.

Si le discours du médiéviste ne peut effectivement rejoindre celui de l'africaniste, c'est bien en raison des sources-mêmes à partir desquelles se construit le discours. Si l'africaniste est au contact des populations qu'il étudie, le médiéviste est coupé de l'objet de son discours par l'insurmontable barrière temporelle.
 

Magie historique et magie contemporaine

Vieux coran
Le médiéviste ne connaît son objet d'étude que par deux sources :
la production écrite (souvent traduite et retraduite)
les témoignages matériels (vestiges, objets, fouilles, ...)

La source écrite est la source majeure. Il en résulte une approche qui ne peut qu'être sensiblement différente de l'étude de la magie contemporaine car la production écrite est le fruit d'une élite, le plus souvent associée à un pouvoir politique et religieux en place. Elle ne permet pas d'appréhender la réalité de la vie quotidienne médiévale. Lorsque le « vulgaire » (par opposition à l'élite savante dont émanent ces traités) fait irruption dans le discours, il s'agit d'une projection de ce « peuple » perçu comme ignare, inculte, potentiellement dangereux. Aussi, le discours médiéval est essentiellement le discours d'une élite savante, et cette élite savante est formée en Europe chrétienne comme dans le monde musulman par une importante culture religieuse. Si l'on prend pour exemple le monde musulman, la formation du savant passe par l'apprentissage du Coran dès le plus jeune âge. La grammaire arabe est fondée principalement sur deux sources : le Coran et la poésie antéislamique. Toute la langue écrite savante est donc imprégnée par le Coran, le hadith et les sciences religieuses, quand bien même la religion n'est pas l'objet du discours.

D'autre part, dans le cas de l'islam, il s'est développé une forme de magie exploitant le Coran et de nombreux éléments religieux. Les sources ne permettent pas pour l'histoire islamique médiévale d'aborder la magie sans tenir compte de ces aspects culturels qui tissent des liens complexes entre les faits religieux et magiques.
 

La magie est présente dans le Coran

Plusieurs passages du Coran évoquent la magie Sihr et l'efficacité de cette dernière n'est pas mise en doute. Le verset II,102 se rapporte à deux anges appelés Harut et Marut qui enseignèrent aux hommes la manière de séparer un couple à l'aide de la sorcellerie. La magie est donc présentée dans le Coran comme une science d'origine divine, ou du moins cosmique.

Prophète victime de la magie
Le Prophète lui même aurait été victime d'un envoûtement. Une forte fièvre le poussa au délire de sorte qu'il ne se souvenait plus avoir fait ou ne pas avoir fait certaines choses. D'après le Coran, c'est un ange qui délivra le Prophète de son envoûtement en lui indiquant, au cours d'un songe, où se trouvait l'objet qui était la source de son maléfice. L'objet se trouvait au fond d'un puits et le Prophète réussit à conjurer le sort en cassant cet objet.

Pour atteindre un haut niveau de spiritualité et pouvoir communiquer avec les Anges qui sont des êtres spirituels célestes, on doit faire appel à la parole et aux incantations magiques. L'idée de base de l'Islam est que le monde fut créé par Dieu par la simple action de sa parole. Il subsiste sur terre un vestige de cette parole divine : Le Coran. L’étude du Coran apporterait donc aux hommes la connaissance du langage de Dieu et il en découle un état de sagesse absolue.

Connaître les secrets du Coran permettrait d’avoir le contrôle total sur différentes entités spirituelles. Le simple fait de prononcer une incantation ou une prière dans des conditions particulières entraine l'obéissance instantanée de l'entité spirituelle. Avec des formules magiques basées sur les écritures saintes il est possible de soigner des maladies et d'accomplir des miracles. Ces actions sont réalisées sous le couvert du nom de Dieu et par Dieu lui même. Il n'est même pas pensable en rêve qu'un djinn ou qu'un ange refuse d'obtempérer.




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