L'affaire des bacchantes

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En 186 éclate à Rome l’affaire des Bacchantes. Victime d’une machination ourdie par sa mère et son beau-père, un individu est alerté par sa maitresse du risque grave qu’il encourt en à recevoir l’initiation aux « mystères orgiaques nocturnes ». La victime porte plainte et une enquête est diligentée par le consul. Les résultats des investigations font apparaître qu’il existe bien un culte à caractère orgiaque comportant environ 7000 membres pratiquant la pédérastie et organisant des assassinats en vue de s’accaparer des fortunes. Le culte bacchique ne fut pas totalement interdit, mais les citoyens romains ne devaient pas y participer. En outre toute cérémonie bacchique devait se limiter à cinq personnes et être autorisée par décision du Sénat.


Sans doute en partie justifiée par la réalité présumée des faits, les autorités ont profité de l’occasion pour transmettre un avertissement envers tous les cultes « discrets » qui, fondamentalement, représentaient un risque politique pour la cité. Cette affaire des bacchantes laissera pour longtemps sa marque dans la société romaine et expliquera trois siècles plus tard, les persécutions envers les chrétiens.

Si en dehors de tout opportunisme politique susceptibles d'avoir forcé le traitement, les dérèglements constatés ont bien eu lieu, rien ne permet d’affirmer qu’ils constituaient la généralité. Simple trouble à l'ordre public ou peur du complot, quoi qu'il en soit, en 186 av. J.-C., la répression fait 7000 morts parmi les membres du culte et celui-ci est interdit pendant un siècle et demi.

La nature orgiaque de certains rituels, est destinée à bousculer notre perception de la réalité, et de son valet de chambre, la morale. Ces rituels sont initiatiques au sens propre du mot, car ils tentent de nous mettre sur le chemin d’une nouvelle perception. Mais nous voyons que la ligne rouge peut être franchie facilement, car d’une part certaines pratiques peuvent facilement être détournées de leur but par des adeptes malveillants, et d’autre part ces pratiques se confrontant à notre norme, ses adversaires n’ont pas de difficulté à alimenter une propagande sensée rétablir la norme moralisatrice.



Sources : D'après un texte de Claire Aubé, journaliste diplômée de l'École Normale Supérieure, titulaire d'un DEA de sociologie, ayant suivi des formations de Psychologie Positive (VIA Institute) et d'Approche centrée sur la Personne (ACP Formations).
Également repris des éléments du site http://avatarpage.net



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