Al Shaytan, le diable de l'Islam

Al Chaytan
Du Moyen Âge à la Renaissance, une fascination et une crainte réelle pour le Diable voient le jour en Europe. Dans le même temps, les hérésies chrétiennes et les chocs religieux (schismes, croisades, inquisition, pogroms, massacres) se multiplient. C'est aussi l'époque des grandes invasions et des ravages causés par les épidémies de peste ou de choléra.

Pendant que le Moyen Âge européen entretien une sourde peur du Diable chrétien, le judaïsme médiéval et l’islam naissant développent des approches plus nuancées de l’origine du Mal. Ainsi, l’islam voit apparaître Al Chaytan, parfois appelé Iblis, le diable dans l'islam. Cet ange déchu, rejeté par Allah pour avoir refusé de se prosterner devant l’être de terre Adam, n’est pour autant qu’une « pâle copie du diable judéo-chrétien ». En effet, il ne personnifie pas le Mal comme le fait le Diable, mais se contente d’être un djinn subversif qui pousse les hommes à désobéir.

 

Qui est Al Chaytan ?

Il n’est en réalité que la métaphore de l’insoumission à Allah, comportement que « tout bon musulman doit fuir ». La principale caractéristique du diable arabe, le Shaytan, est qu'il n'a pas de pouvoir autre que le pouvoir de pénétrer l'esprit des humains (et des djinns) pour y jeter de mauvaises pensées. Le Shaytan est un djinn malfaisant et rebelle associés aux forces démoniaques. Il est dit dans le Coran :

Une âme néfaste, qui est éloigné d'Allah et de la vérité
 

Coran ouvert
Si Al Chaytan et sa cohorte de djinns n’ont pas la même importance dans le système religieux musulman que le Diable pour les chrétiens, il faut néanmoins souligner qu’il occupe une place centrale dans l’islam populaire : les djinns font ainsi l’objet de grandes frayeurs pouvant conduire à des pratiques d’exorcisme (inspirées de croyances préislamiques) fortement décriées par les théologiens musulmans.

Il convient de noter que Shaytan est un « nom commun », alors que Iblis est un « nom propre ». En d'autres termes, chaque entité nuisible, déviante et rebelle – humain ou autre – est appelée Shaytan. Iblis est le nom de ce Shaytan qui a trompé Adam et continue actuellement, de concert avec ses soldats et les forces démoniaques, d'être en embuscade des humains.

De l'utilisation de ce mot dans le Coran, on peut aussi en déduire que Shaytan est utilisé pour désigner un être dangereux – celui qui a dévié du droit chemin et a entrepris la mission d'affliger les autres; une entité qui tente de créer la division, la discorde et la corruption.
 

Le Diable arabe est une créature de Dieu

A la même époque moyenâgeuse, le judaïsme prend forme et se structure autour de ses diverses diasporas et des rabbins qui ne voient pas Satan comme l’ennemi irréductible de Dieu, mais plus comme sa création sommée de jouer un triple rôle :
accusateur
séducteur
destructeur

Au-delà de divers textes kabbalistiques du Moyen Âge développant un dualisme intégral, le judaïsme, comme la religion musulmane, ont tous deux mis en avant une vision métaphorique et imagée de Satan, où celui-ci, créature de Dieu, n’a qu’un rôle secondaire.

En outre, nous observons que dans le Coran, l'utilisation du terme Shaytan n'a pas été restreinte à un être spécifique. Il est également utilisé pour désigner les humains méchants et corrompus. Le Coran dit :

Et ainsi avons-nous fait à chaque prophète un ennemi,
le Shaytan d'entre les hommes et les djinns.

 

Shaytan et la magie

Shaytan et le Coran
La magie arabe regorge de sorts de protection pour se préserver de Shaytan. Mais ce qu'on rencontre très souvent c'est une grande superstition à son égard. Par exemple il faut toujours invoquer le nom d'Allah avant d'entrer aux toilettes. En disant "Au nom d'Allah" avant d'entrer aux toilettes, l'intimité de l'homme est cachée du regard des djinns.

Il faut débarrasser la maison de toute statue et image d'être animés car les anges n'entrent pas dans une maison où il y a des statues ou des images.

Les sorciers arabes utilisent le Coran mais de manière interdite. Ils écrivent les versets du Coran à l'envers avec une substance impure telle que de l'urine ou le sang des règles pour faire plaisir à Shaytan. En échange, le diable va les aider à accomplir leurs méfaits.

Il faut aussi se garder de laisser ses cheveux ou ses ongles arriver entre les mains d'un sorcier.

La magie n'est réalisée qu’avec l’aide des chayatines (satans). Il n’est pas permis au musulman de l'apprendre ni de l'enseigner.

Quel est donc le secret de la relation qu’ont les magiciens avec les satans ? Les satans, djinns mécréants parmi les djinns, choisissent la corruption, le malheur et les interdits ; Ibliss et son armée désirent et cherchent le mal. Lorsque l’âme ou l’humeur de l’être humain se pervertissent, ce dernier désire tout ce qui nuit et y éprouve un énorme délice. Lorsqu’il s’approche des satans pour recourir à leurs services l’homme doit leur remettre des “pots-de-vin” en échange : la relation est donc basée sur la corruption et la mécréance.

Pour approfondir le sujet, consultez notre article sur : L’origine de la magie Sihr et de la sorcellerie shour

Les satans ne répondent aux sorciers que lorsque ces derniers commettent un blasphème envers Allah. Jeter le Coran dans les poubelles ou les toilettes après l’avoir déchiré ; l'enterrer dans une décharge ou encore consacrer aux diables certaines prières comme la prière de Fajr ou celle de l’Asr constituent des actes blasphématoires auxquels les Shaytan sont sensibles.
 

Quelle peine encourent ceux qui pratiquent la magie de Satan ?

La peine légale (« Hadd ») de celui qui pratique la magie satanique est la condamnation à mort. Le sorcier qui est coupable, de par sa magie, d'un acte qui le fait sortir de l’Islam sera tué car il s’est détourné de la religion. Si sa sorcellerie a causé la mort de quelqu’un, on le tuera par la loi du talion.

L'islam est donc on ne peut plus clair concernant les actes de magie satanique. Mais ça n'empêche pas les gens d'y croire et de se protéger. En effet, les sorciers arabes sont bien réels et ils se contrefichent des menaces qu'ils encourent.