Six organismes au service du Kremlin - Le razvedroup

Le NKVD fut utilisé par Staline pour imposer et maintenir son autorité sur le pays. C'est le Commissariat du peuple aux Affaires intérieures. C'est le NKVD qui gère les Goulags. Il serait responsable de plus de 3,5 millions de morts chez les soviétiques pendant les grandes purges de 1936 à 1938. Le rôle du NKVD était de contrôler la population ; ses chefs ne rendaient compte qu’à Staline et à personne d'autre.

Mais dans les années quarante on voit apparaître un nouveau « commissariat » (ministère) : le NKGB (Commissariat du peuple à la Sécurité d'État). Cette époque fut troublée par les années de guerre. Après l'invasion des troupes allemandes, le NKGB réintègre le NKVD seulement quelques mois après sa création. On le voit ensuite ressurgir en 1943. Pour finir, en 1946, il ne reste que le MGB et le MVD. Ce ne sont rien d'autre que le NKGB et le NKVD. C'est Laurenti Beria qui tente de fusionner ces deux ministères le jour même de la mort de Staline, le 5 mars 1953.

Mais alors que ces ministères sont parfaitement officiels et connus à présent du monde entier, il existait d'autres structures beaucoup plus secrètes, à l'instar de la NSA américaine qui ne fut portée à la connaissance du grand public qu'il y a seulement quelques dizaines d'années alors que la CIA et le FBI étaient connus de tous.

Insigne du GRU
L'espionnage soviétique proprement dit comprend dans les années cinquante pas moins de six organismes bien distincts. Le principal est le 4ème bureau de l'Armée Rouge, plus connu sous le nom de Razvedroup (le « Centre » dans l'argot des agents soviétiques). Il est chargé de l'espionnage militaire.

Le Razvedroup, ou Razvedoupr, est la Direction du Renseignement. Il fut créé le 5 novembre 1918 sous le nom de Reguistratsionnoïé oupravlénié (direction du registre des inscriptions). Puis le 4 avril 1921 il fut rebaptisé en Razvedoupr (Razvedyvatel’noïé oupravlénié, Direction du Renseignement en français). Le 16 février 1942 il devient la Direction Générale du Renseignement (GRU, en russe : Glavnoïé Razvédyvatel'noïé Oupravlénié).

C'est assez étonnant que Google n'ait conservé aucune trace de ce mot, comme s'il avait été supprimé de toutes les bases de données. Sans doute un coup des services secrets russes pour effacer toute trace et éviter qu'on tombe accidentellement sur des documents top secret.

Le Razvedroup était tout simplement ce que l'on a l'habitude d'appeler communément le KGB que nous connaissons tous bien. Mais le KGB, le Comité pour la Sécurité de l'État, ne fut créé que le 13 mars 1954, un an après la mort de Staline. Le KGB n'est rien d'autre qu'une police militaire très répressive, un genre de Gestapo. Les vrais services secrets qui font de l'espionnage et du contre-espionnage, c'est et ça a toujours été, depuis 1918 jusqu'à encore aujourd'hui, le Razvedroup.

Nous avons ensuite :

KGB et espionnage soviétique
• le Service secret du ministère des affaires étrangères ;
• le MVD ou Service secret du ministère de l'intérieur (les reste du NKVD de Staline, le Goulag, le "NKGB-MGB-KGB") ;
• un Service secret qui s'occupe exclusivement des renseignements à l'usage du ministère du commerce extérieur (l'espionnage industriel en quelque sorte) ;
• le Service secret du Kominform (le service d'espionnage interne de la direction du parti);
l'agence Tass (une agence de presse qui pratiquait beaucoup l'espionnage sous la couverture du journalisme).

Ces six bureaux communiquent leurs renseignements à l'organisme confidentiel du comité central du parti communiste, dont le rôle consiste à résumer l'énorme masse de renseignements qui parviennent journellement en URSS et à communiquer ce résumé aux dirigeants du Kremlin.

Les différents services sont dirigés, tout comme aux Etats-Unis, par un directeur, et ce dernier est colonel-général de l'Armée rouge. C'est assez dire l'importance de ses fonctions. Ce rôle était tenu un temps par le général Paniouchkine. Tous les subalternes sont également des gradés militaires qui perçoivent des soldes afférentes à leur grade. Des « directeurs-résidents » dirigent l'espionnage dans les pays étrangers. Il y en a un par pays. Ils ont pour mission d'organiser leur propre réseau sur place.

L'agent Polyakov

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Beria, l'initiateur

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Des espions naïfs et des cambrioleurs sans scrupules

Six organismes au service du Kremlin - Le razvedroup

Un budget de quelques centaines de milliards de francs

(paragraphe sans titre)


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