Les fêtes populaires païennes

Noël, Pâques, la Toussaint : nous renouons, à travers ces rites festifs, avec des temps oubliés où les hommes tentaient de se concilier le ciel et la terre.

Au solstice d'été, des bûchers sont allumés pour célébrer la victoire du soleil. Les feux de la Saint-Jean sont toujours pratiqués dans certaines régions et en Suisse des bûchers sont allumés le 1° août, le jour de leur fête nationale. Ce sont autant de résurgences des anciennes fêtes païennes.

Il faut savoir que la fête est liée à la survie depuis des millénaires. Nous allons le découvrir à travers cet article.

Qu'est-ce qu'une fête ?

La fête est l'expression d'une profonde joie. Il ne faut pas la prendre comme un simple amusement. Elle est liée à la survie depuis des millénaires et, autrefois, à l’occasion des fêtes il y avait des dons que l'on faisait aux dieux, des offrandes. La fête elle-même était un don. D’ailleurs, dans la langue française, on continue d’utiliser la formule : « donner une fête ».

Quand les hommes revenaient de la chasse avec le gibier, quand les marins accostaient après plusieurs années de navigation, lorsqu'un enfant atteignait l'âge d'un an... Tout était prétexte à faire la fête. C'est un moment d'effervescence et de partage.

Il faut toujours être au moins deux pour faire la fête ! Et elle se manifeste, évidemment, par la danse, la musique, le chant, sans oublier un élément essentiel à toute fête : la nourriture et la boisson. Dans certaines cultures ou régions, la boisson est même tellement importante que les fêtes tournent à des beuveries sans nom.

Les évolutions à travers le temps

Nos connaissances sur les pratiques festives sont relativement récentes ; elles remontent aux documents écrits, car la « matérialité » de la fête est bien évidemment périssable et les fouilles archéologiques ne peuvent pas la repérer. Par contre, nous pouvons imaginer son impact, par exemple au moment de l'invention de l'agriculture, qui a conduit à une certaine « métaphysique » de la fête.

Païen
signifie paysan,
et nos racines
sont toujours
liées au terroir !

 

Les rites funéraires changent alors. Il faut se souvenir qu'ils comptent parmi les plus anciennes célébrations de l'humanité – ils existent depuis au moins 100 000 ans avant notre ère –, parce qu'ils inspirent le sentiment d'une certaine pérennité à ceux qui les pratiquent. Dans les sépultures de la haute préhistoire, plantes odoriférantes et psychotropes, couleurs et objets accompagnaient le défunt. Mais avec le passage de la chasse à l'agriculture, une nouvelle notion émerge. L'homme observe que, de la graine qu'il a plantée, surgit au printemps une plante. Semer, c'est enterrer. Et voir renaître la graine fait naître l'espoir du retour. Depuis lors, lorsqu'on enterre un mort, c'est dans l'espoir de son retour.

Les tombes des premiers Grecs, en Crète, ont livré des armes, alors qu'auparavant, il ne s'en trouvait pas. Qu'est-ce que cela signifie ? Les rites funéraires étaient à l'origine destinés à honorer l'âme du défunt. Dorénavant, ils honorent le guerrier dont on conserve l'identité, en escomptant qu'il revienne. Les armes lui serviront également à se défendre sur les chemins qu’il va parcourir avant de revenir.

Les fêtes de la fertilité

De tout temps, il a fallu que les hommes et les sociétés vivent et survivent. La fertilité et la fécondité sont à l'origine de la majorité des fêtes. Elles sont liées aux saisons, aux solstices et aux équinoxes, ainsi qu'aux variations climatiques. Et partout, on en a gardé la trace, du moins jusqu'au milieu du XXe siècle.

En Grèce avait lieu les fêtes en l'honneur de Dionysos, le Dieu de la fécondité, du vin, des plantations et de la joie. Les fêtes se composaient d'un défilé champêtre et de nombreuses représentations de théâtre où les acteurs portaient des masques. C'est le début des mascarades qui se développeront plus tard en Italie avec les carnavals modernes.

Les Romains organisent ce qu'ils nomment les Saturnales à l'époque du solstice d'hiver. Il s'agissait de fêtes en l'honneur du dieu Saturne, le dieu de l'agriculture. Vers le IVe siècle apparaissent les mascarades et les lupercales qui se déroulaient en février. Les lupercales étaient les fêtes de la fertilité. On pouvait y voir des jeunes hommes à moitié nu, vêtus d'un simple pagne en peau de bouc fraichement sacrifié, courir dans les rues de Rome et fouetter les jeunes femmes désirant être fécondes avec un fouet dont les lanières étaient taillées dans la peau du bouc.

Existe-t-il encore aujourd’hui des fêtes remontant à ces époques anciennes ?

Feux de la Saint-Jean
La fête de la Saint-Jean a récupéré les coutumes primitives du solstice d'été, le 21 juin, tel que ces fêtes se déroulaient dans les temps les plus éloignés de notre histoire. On élevait alors des bûchers pour célébrer la victoire du soleil. Alimentés de bois frais, de plantes odoriférantes, ils dégageaient une fumée aromatique propre à éloigner les maléfices. Dans toute l'Europe, aujourd'hui encore, les amoureux sont invités à chevaucher le bûcher pour voir s'intensifier leurs sentiments. C'est le temps des « mariages d'une nuit » . Un dicton provençal conseille :

Déshabille-toi pour la Saint-Jean et habille-toi pour le lendemain.
 

Mais les rythmes saisonniers changent selon les latitudes et ils ont effectivement pu jouer sur les traditions culturelles. Dans le nord de l'Europe, traditionnellement, il y a deux saisons, en Grèce ou en Égypte trois, et en France, comme le long du Danube et du Rhin, on en compte quatre. Un mythe grec tel celui de Perséphone traduit bien ce découpage. La fille de Zeus et Déméter passe un tiers de sa vie sous terre, près de son époux Hadès, dieu des Enfers – c'est l'hiver ; un tiers près de sa mère, la déesse de l'agriculture, du printemps à la moisson ; et un tiers auprès des autres divinités, entre moissons et nouvelles semailles. En Égypte, cette division tripartite correspondait à la période des inondations, des semailles et des récoltes. Quant aux Celtes, aux quatre dates des solstices et équinoxes, ils en avaient ajouté quatre autres, intermédiaires. Les wiccans les perpétuent toujours.

Consultez notre article sur : les fêtes des sorcières

Le 1° novembre – qui correspondait à leur nouvel an – avaient lieu de très importantes festivités qui permettaient de rétablir le contact entre les vivants et les morts. Notre fête actuelle de la Toussaint est bien d'ascendance celtique.

Le 1° février célébrait le réveil de l'ours qui s'était endormi en novembre. C'est le moment où l'animal est le plus dangereux car il est affamé. Certains villages des Pyrénées mettent toujours en scène cette sortie de l'hibernation à l'occasion du carnaval. Ces fêtes sont le théâtre de déguisements en ours et de simulations d'enlèvement de jeunes filles. On retrouve un peu la même célébration dans le Valais Suisse. C’est le cas notamment à Evolène où il se pratique chaque année un carnaval mettant en scène des jeunes gens habillés en peau de bête et portant une cloche de vache autour du cou. La célébration de l'ours marque le retour à la lumière et les fêtes s'accompagnent de feux de joie et de processions de flambeaux.

Le 1° mai, c'était la fête des arbres. L'arbre de mai incarne le retour de la végétation, la vie inépuisable. Dompté, coupé et décoré, il était conduit en cortège au centre du village pour transmettre sa vigueur à la communauté. C’est une tradition perpétuée dans le sud-ouest de la France ou encore en Suisse.

Au 1° août, l'épanouissement de tous les fruits donnait lieu à des réjouissances.

Vous voyez comment, au-delà du temps, on retrouve la pérennité de ces fêtes liées à la fécondité et à la prospérité de la nature. Le problème est de savoir quelle est la proportion de la spontanéité et du conformisme dans les coutumes et cérémonies que nous pratiquons, souvent inconsciemment, au fil de l'année.
 

Les bouleversements du christianisme

Le Moyen-âge a vu dans un premier temps le clergé condamner de telles pratiques païennes. Mais, ne pouvant pas s'y opposer, l'église a tenté de les récupérer. Les premiers Pères de l'Eglise étaient extrêmement intelligents. Ils se sont demandé comment combattre ce qu'ils appelaient le paganisme. Ils ont repéré les fêtes importantes et leur ont substitué des célébrations chrétiennes.

Ainsi, le Pape Gélase Ier instaura la fête des chandelles (ce qui deviendra la Chandeleur) pour remplacer la fête de l'ours et des lumières. C'est ce même Pape Gélase Ier qui, en 494, interdit le rituel des Lupercales. Il choisit Saint Valentin comme saint patron des fiancés et des amoureux et décrète que le jour de sa fête (le 14 février) lui serait consacré.

Pâques (la résurrection du Christ) est instaurée à une époque de l'année où avaient lieu des rites de régénération depuis le néolithique.

Les autres fêtes païennes héritées des saturnales romaines sont également remplacées. La fête des fous découle de l'inversion des rôles, du renversement des pouvoirs et de l'élection d'un roi de pacotille. C'est devenu l'Epiphanie avec son célèbre tirage du roi. Une fève est cachée dans la galette et la personne qui tombe sur cette fève devient le roi.

Peu à peu les « fêtes à l'envers » (avec une inversion des rôles) sont soit remplacées, soit interdites soit canalisées et limitées au seul Carnaval. Le Carnaval devient ainsi la seule fête païenne autorisée et contrôlé par l'église.

Quant à Noël, célébration de la naissance du Christ – dont la date n'est pas évoquée dans la Bible mais qui est certainement en septembre –, il a été rapproché du solstice d'hiver, période où l'on espère le retour de la lumière. Précisément le 25 décembre, parce qu'à cette date était fêtée la naissance de Mithra, dieu perse du Soleil qui faisait concurrence au Christ dans l'Empire romain.

Le Pape Gélase Ier serait aussi à l'origine de la fête d'Halloween.

La tradition historique du Père Noël et du Père Fouettard

C'est là une autre histoire, mais le Père Noël est lié, lui aussi, au solstice d'hiver. Il est l'image d'une figure paternelle vieillissante, prête à passer le pouvoir.

Toutes les mythologies racontent l'histoire d'une telle passation entre un vieux roi et un jeune roi, à cette époque de l'année où les jours, après s'être amenuisés, commencent à rallonger. C'est l'occasion d'une grande fête. Car imaginez l'angoisse si la belle saison ne revenait pas, si les grains semés ne poussaient pas.

Le père Noël,
image d'une
figure paternelle
vieillissante et prête
à passer le pouvoir

 

Le Père Noël est la figure laïque de Saint Nicolas. Un saint venu d'Asie Mineure, dont la légende disait qu'il avait apaisé par ses prières une violente tempête alors qu’il entreprenait un voyage en bateau pour rejoindre Jérusalem. En Méditerranée, il a succédé à Poséidon et Neptune en tant que protecteur des marins. Mais lorsque son culte est arrivé en Europe occidentale vers le XIe siècle, il est devenu tout autre chose : un pédagogue, et la divinité par excellence de l'hiver. Saint Nicolas est toujours fêté, le 6 décembre, dans l'est de la France, en Allemagne, en Autriche, et aussi aux Pays-Bas. Il récompense les bons enfants, alors que le Père Fouettard bat les garnements.

La transformation de ce saint, habillé tel un évêque, en un vieillard au visage rubicond, à la barbe blanche et à la houppelande rouge (sous l'influence de Coca Cola) s'est faite dans le Nouveau Monde, à la Nouvelle-Amsterdam (aujourd'hui New York). C'est là que Saint Nicolas, appelé Santa Claus en hollandais, est devenu le Père Noël, figure neutre et d'une certaine façon laïque, pour mieux correspondre à la société multiculturelle et pluriconfessionnelle de la ville. En France, jusqu'aux années 1950, l'Eglise s’est opposée au père Noël : quel était donc ce personnage imaginaire qui venait s'imposer entre saint Jean l'Evangéliste et la naissance du Christ ?

D'autres dieux ont été absorbés par le christianisme

La christianisation de l'Occident fut très lente – si l'on suppose qu'elle est actuellement achevée. L’Eglise a peu à peu « digéré » une très longue histoire dite païenne et toute une galerie de dieux et déesses : Isis, Osiris, Perséphone ... Les saints chrétiens ont récupéré les attributs et les dons de figures plus anciennes. Il existe des « saints patrons » liés à l'enfance, à la sexualité, des saints associés à toutes les étapes de la vie, aux métiers, des saints locaux, souvent liés à des points géographiques. Par exemple, Saint Elie, qui s'est substitué à plusieurs divinités solaires de l'Antiquité, est associé aux éminences. En Grèce, il y a toujours une chapelle Saint-Elie au sommet des montagnes. En France, c'est le domaine de Saint Michel.

D'autres personnages, comme François d'Assise, évoquent la figure du chaman. Certains, enfin, comme saint Michel, saint Marcel, saint Georges, de nombreux évêques fondateurs de villes sont des « tueurs de dragon ». Le thème du héros sauroctone est très répandu dans la mythologie antique et les contes populaires.

Quel est le saint le plus typiquement français ?

Saint Martin est le saint de la richesse absolue, des biens de l'automne, lorsque les récoltes rentrent dans les granges. Or, la France est un pays prospère au terroir fertile. C'est aussi le saint du partage, connu pour avoir, selon la légende, donné la moitié de son manteau à un miséreux. Et, à nouveau, on ne partage que lorsqu'on a de quoi... Ce qui était le cas dans les campagnes.

Sa célébration, instaurée à la mi-novembre, a toujours été l'occasion de fêtes et de ripailles. Dans une grande partie de l'Europe, on mangeait l'oie à la Saint-Martin, et c'est aussi l'époque où l'on tirait le vin nouveau. Qui s'en souvient ? La tradition du beaujolais nouveau et la fête de la Saint-Martin, c'est la même chose. Nous continuons donc à pratiquer des rituels païens. Mais nous sommes païens ! Païen signifie paysan, et nos racines sont toujours liées au terroir.

Existe-t-il une spécificité des fêtes en France ?

La Révolution est passée par là. Elle a mené une répression terrible, politique et sociale. Le pouvoir a voulu instaurer une langue, une culture uniques, raser les fêtes locales et régionales d'origine religieuse qui avaient traversé les siècles. Qu'en a-t-elle conservé ? Seulement la fête des morts. Il n'est pas étonnant, dès lors, que le 14 Juillet ait été investi de tous les attributs des fêtes populaires !

L'élimination s'est encore accélérée au XXe siècle, avec l'exode rural massif. La situation est bien différente en Angleterre, qui a gardé le sens de la fête. Elle a assumé son exode rural entre le XVIIIe et le XIXe siècle. On a créé de nouvelles fêtes urbaines, à caractère marin, ou des réunions sportives, pour que le peuple puisse continuer à se réunir à de multiples occasions. En Italie, ce sont les villes qui poursuivent la tradition. A Sienne, voyez comment on vibre pendant le Pallo ! Et même à Venise, ce sont de véritables fêtes, avec masques et déguisements, qui se perpétuent. Et tous les quatre ans le peuple italien tout entier supporte la Squadra Azzura, son équipe de football nationale, lors de la Coupe du Monde. On se demande comment ça va se passer en 2018.

Pourtant, en France, il existe encore des grandes fêtes traditionnelles, en Bretagne, dans le Nord…

En Bretagne, elles jouent un rôle identitaire très fort. Elles font appel à la musique locale, la langue locale ; le souvenir « celte » est mis en valeur – sont invités à participer d'autres peuples de même tradition. Quant au Nord, il a été moins atteint par la Révolution. Chez les Ch'tis, de nombreuses villes continuent de célébrer les Géants, qui représentent leurs héros tutélaires et traduisent l'esprit de la cité. Ces fêtes urbaines sont très impressionnantes. Elles donnent l'occasion de grande parades qui font penser à toutes celles nées à la Renaissance pour exprimer le pouvoir des villes. Les manifestations populaires sont liées à la nature d'une part, à la religion, mais aussi au système politique. En Allemagne, pays décentralisé, une fête comme celle de Noël à Nüremberg demeure un enchantement.

Les fêtes reviennent sous une autre forme, comme la Fête de la musique

La fête de la musique correspond à l'épanouissement du solstice d’été. Il y a aussi tous ces festivals de rue qui se développent. C’est une réaction des jeunes : ils y retrouvent du rythme, de la vibration, comme dans les rave parties. A eux, les fêtes familiales ne disent plus rien ; et les fêtes de classe d'âge n'existent plus. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les bals, les fêtes des saints patrons étaient une occasion de se rencontrer. Jadis, avant le droit romain, on organisait même des fêtes prénuptiales où les relations sexuelles étaient obligatoires. Dans les régions alpines, par exemple, jeunes hommes et jeunes femmes couchaient ensemble de façon à arrêter leur choix. Aujourd'hui, la publicité dit que les plus belles rencontres se font sur internet.

Mais il est très étonnant de voir comment la Suisse, au XXe siècle, a reconstitué toutes ses fêtes. A Appenzell, à quatre heures du matin, des groupes, habillés de branchages, descendent les pentes des montagnes avec lumières et tambours. Certains arborent masques et vêtements composés d'écailles de pommes de pin. Une merveille. Dans la vallée, cela vous secoue les tripes. Il ne s'agit pas d'une fête traditionnelle mais d'une renaissance, réalisée à la perfection, avec l'esprit systématique et méticuleux des Suisses. Pourquoi instaurer de tels rites ? Pour retrouver la joie d'être ensemble, de co-exister, d'être. Pour assurer la cohésion de la société, parce que ces fêtes se préparent pendant toute l'année. Et aussi parce que la Suisse est un pays froid, qui ne connaît que deux saisons (l’hiver et l’automne), et où les gens sont solitaires et retranchés chez eux comme s’ils étaient en prison.

En France, nous avons fait un peu la même chose, pour répondre à la solitude des villes, en instaurant la fête... des voisins. Chacun s'isole, nos peines deviennent personnelles. Comment faire partie de nouveau d'un groupe ? L'urbain a pourtant des anges protecteurs... N'avez-vous pas constaté comme ils prolifèrent dans les films, les magazines, de la même façon que les saints patrons des métiers, des villages, des terroirs ? C’est un besoin né d'un profond sentiment d'insécurité. Il faut bien des esprits qui nous protègent et qui soient la cause de nos infortunes.

Toute fête requiert de l'organisation. Prenez le carnaval de Bâle, par exemple. Le soir où il se termine, on commence déjà à préparer la session suivante. Et tout le monde y participe, banquiers, ramoneurs ou professeurs. Ce qui compte, c'est la façon dont chacun joue du tambour ou du fifre !

Bâle est une ville un peu « guindée ». Mais son carnaval est fabuleux ! Une fois la manifestation publique achevée survient l'essentiel : la satire. Dans les restaurants, les gens se réunissent et la fête devient subversive. D'ailleurs, c'est ainsi qu'est né le théâtre, à la fin de grandes fêtes saisonnières. Le carnaval ne peut pas se terminer sans provocation. Les fêtes sont de grandes soupapes de sécurité. Est-ce que le pouvoir autorise cela de nos jours ? Jusqu'où peut-il permettre la subversion ? Quand on voit que des humoristes et des dessinateurs se font assassiner pour avoir osé faire une caricature ou qu’un procès est attenté à un magazine qui a osé vendre une poupée vaudou à l’effigie de Nicolas Sarkozy.


Sources :
D'après le Hors-série Sciences et Avenir 173 de janvier/février 2013

Yvonne de Sike, Docteur en archéologie et en histoire de l’art, est spécialiste de l’anthropologie du rite et de la fête. Maître de conférence au Muséum nationale d’histoire naturelle, elle a été responsable des collections européennes au musée de l’homme en 1998. Parmi ses ouvrages : Villes en fêtes, Cercle d’art, 2003 ; Les Dits de Noël, Hazan, 2001 ; Fêtes et croyances populaires en Europe au fil des saisons, Bordas, 1994.

Propos recueillis par Aline Kiner et Dominique Leglu pour Sciences et Avenir

Site Internet book-modele.com dont une page est consacrée au Carnaval de Chalon sur Saône.

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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 30 Novembre 2018, il y a moins d'un an.