La transmission des mythes

Cérémonie druidique
Cérémonie druidique
Il existait La Règle Druidique interdisant de mettre par écrit leur enseignement. Les druides refusaient de consigner leurs connaissances par écrit et les mythes ne faisaient pas exception à cette règle. Ceux-ci étaient transmis uniquement de façon orale, de maître à élève. Leurs enseignements codifiés d’une façon aussi rigide a eu pour conséquence de nous priver de la théologie et de la doctrine métaphysique des druides qui furent à l'origine des récits qui sont parvenus jusqu'à nous.

Après l’invasion du territoire des celtes par les romains, ceux-ci n’ont pas cherché à s’intéresser à la culture et à la mythologie des gaulois. Ils ont simplement fait des parallèles entre les dieux celtiques et leurs propres dieux romains, à partir de simples ressemblances. On peut donc en déduire que les anciens dieux celtes n’étaient pas exactement comme on le pense aujourd’hui car ils ont été transformés sous l’occupation romaine. Si le dieu du tonnerre des celtes,Taranis, fut comparé au dieu du tonnerre romain (Jupiter), c’est uniquement parce qu’il était représenté avec un éclair dans la main. Mais qui était-il en réalité ?

C’est grâce au christianisme que la mythologie celtique fut préservée

Livres de mythologie celte
Aussi étrange que cela puisse paraître, étant donné que les chrétiens ont tout mis en œuvre pour éliminer les croyances païennes, c'est grâce au Christianisme que nous pouvons aujourd'hui connaître un minimum de choses sur la mythologie Celte. En Irlande et au Pays de Galles, les moines chrétiens ont en effet couchés par écrit les légendes et les mythes. L’Eglise a ensuite conservé ces documents relatant les récits de la mythologie Celte. Ils ont été conservés car ils avaient été écrits par les moines eux-mêmes et non par les celtes. Tous les écrits des celtes ont par contre été détruits.

Les mythes retranscrits par les chrétiens sont donc les seules traces écrites de ce peuple. C’est pourquoi il faut s’en méfier car les personnages et les héros ont souvent été assimilés à des saints catholiques par l’Eglise et les écrits sont parfois christianisés. Et il faut bien se rendre compte que les mythes ne reflètent pas toute la doctrine. Le récit mythique faisait partie de la formation et de l’éducation de l'aristocratie celtique. Il était réservé à ceux qui étudiaient afin de devenir druides.

 

Les bardes et les conteurs

La mythologie celtique, célébrée et transmise par la classe sacerdotale des conteurs-prophètes, était divisée en trois couches :
- Les bardes et les filid étaient des poètes et des conteurs
- Les ovates étaient des prophètes et des philosophes. On peut les comparer aux grands philosophes grecs tels que Platon.
- Enfin, les druides étaient des prêtres et des sages. Les rois faisaient appel à eux en tant que conseillers et devins. Ce sont également les druides qui rendaient la justice.

C’est surtout grâce aux bardes et aux conteurs que la littérature gaélique et bretonne a été nourrie de légendes et d’épopées qui forment les mythes celtiques.

En Irlande et au Pays de Galles, les récits ont été couchés sur papier par de moines chrétiens. Pour la gaule, il faut se contenter de témoignages, souvent douteux, d'auteurs grecs ou romains.

L’Irlande nous a transmis un certain nombre de textes de grands intérêt permettant l'analyse et la compréhension des conceptions mythologiques des Celtes. Ils sont regroupés dans divers manuscrits dont les principaux sont :
- le Lebor na hUidre, ou livre de la vache brune. Il date du XIIe siècle,
- le Lebar ne Nuachongbla, le livre de la nouvelle fondation, plus connu sous le nom de livre du Leinster. Il date également du XIIe siècle,
- Le Livre jaune de Lecan datant du XIVe siècle, qui regroupe plusieurs manuscrits.

Une mythologie très riche qui n’a rien à envier à la mythologie grecque

Malgré les difficultés de transmission, nous pouvons affirmer aujourd'hui que la mythologie celtique, en matière de symbolisme, de signification et de hauteur de vue, n'a rien a envier aux mythologies grecques et romaines. Il en ressort une certitude concernant les vastes connaissances et la sagesse primordiale des druides, qui ne trouvent de comparaison à leur hauteur que chez les brahmanes de l'Inde.

Les seuls textes que l'on dispose pour l'étude de la mythologie gauloise sont l’œuvre de quelques rares écrivains tel que Pline l'ancien ou Strabon. Les récits de Jules César dans « la guerre des Gaules » sont aussi des indices importants. Mais ce sont les fouilles archéologiques qui apportent le plus de renseignements quant aux dieux et aux déesses.

 
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Les épopées galloises

Le Pays de Galles, nous a transmis, quant à lui, 4 contes qui nécessitent d’être étudiés en regard des textes irlandais plus anciens. On y retrouve des personnages similaires mais qui portent d’autres noms.

Le problème majeur, comme nous l'avons dit plus haut, est la transmission. En effet, les textes irlandais ainsi que les textes gallois furent transcrits à une époque tardive par des moines ou des chrétiens lettrés. Il convient en conséquence, même s'il est possible d'en tirer quelques informations, de ne pas oublier que ces textes ne sont pas arrivés jusqu'à nous par le biais de ceux qui en étaient les dépositaires initiaux.

Une mythologie comparable à la mythologie grecque

Symbole celte
Certains points de la mythologie celtique sont comparables à la mythologie grecque. On peut se demander si l’une n’est pas originaire de l’autre ou si les écrivains qui nous ont rapporté ces légendes n’ont pas été inspirés de la mythologie grecque et les ont raconté de façon à ce qu’ils correspondent à quelque chose de connu du monde de l’époque. On ne peut pas savoir quel degré de distorsion il peut y avoir.

Un des cycles les plus connus de la mythologie celtique évoque l'histoire des ancêtres des Irlandais. Elle est comparable aux âges mythiques de l’humanité que l’on trouve dans la mythologie grecque d’Hésiode, rapportés dans Les Travaux et les Jours au VIII siècle av. J.-C. et qui sont les suivants :
- l’âge d’or,
- l’âge d’argent,
- l’âge de bronze (l'Âge d'airain),
- la race des héros
- L’âge de fer

Parmi les premiers arrivants se trouvaient surtout des femmes, menées par Cessair. Ces conquérants accostèrent avant le grand Déluge, au cours duquel ils périrent tous, à l'exception de Fintan, qui, incarné en saumon, aigle ou faucon, vécut toutes les époques suivantes.

Un deuxième groupe, correspondant à l’âge d’argent des grecs, conduit par Partholon, mourut de la peste ou d’une autre épidémie.

Les Nemed se trouvaient à la tête d'un troisième groupe d'envahisseurs, qui fut réduit en esclavage.

Arrivent ensuite la race des héros : les Fir Bolg (« Hommes Foudre ») qui étaient composés de trois tribus venant de Bretagne, de Normandie et de Belgique et ensuite les Tuatha Dê Danann
(« tribu de la déesse Dana »). Ils entrèrent en lutte pour la possession du territoire. Après une bataille, à Mag Tured (ou Mag Tuireadh), ces tribus firent la paix et convinrent de vivre en harmonie.

Arrive ensuite la dernière race selon Hésiode : les gaëls, appelés aussi les Milésiens.

L’Irlande est la région celtique qui aura laissé le plus grand nombre de textes mythologiques.

 

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