La nécromancie

Qu'est ce que la divination avec les morts ?

Nécromancie

La nécromancie est un art divinatoire utilisant les morts. C'est peut-être par simple curiosité que les hommes préhistoriques éprouvèrent le besoin d'évoquer leurs morts au moyen de la nécromancie au cours de rituels mystérieux. Dans l'Antiquité, on tirait des oracles de l'inspection des cadavres encore chauds. C'est une branche de la nécromancie qui se nomme anthropomancie. Elle consiste à lire l’avenir dans les entrailles d’un cadavre qui peut être animal mais plus souvent issu d'un sacrifice humain ou d'un ennemi mort à la bataille. C’est une divination qui se base sur le postulat que la terreur, entrant dans son paroxysme quand quelqu'un est sur le point de mourir, confère a ses organes un pouvoir de divination. Mais ce pouvoir est limité car il ne permet que la lecture de l'avenir immédiat. Il était donc de coutume chez les anciens grecs de demander l'avenir à son ennemi agonisant avant de lui asséner le coup de grâce.

 
Nécromancie chaldéenne

La technique de nécromancie chaldéenne

Les Syriens, plus exactement les Chaldéens, et les Hébreux furent également de grands nécromanciens. Leurs pratiques consistaient à arroser de sang encore chaud un cadavre avant de l'interroger. Ce dernier allait leur révéler des réponses concernant l'avenir. Il ne faut pas s'imaginer qu'il s'agissait d'un interrogatoire à la manière d'une garde à vue.

Les cérémonies étaient très codifiées et il fallait connaitre des formules dans l'ancienne langue Hébraïque ou Babylonienne. Ces formules se sont perdues et même si on en retrouvait les textes il nous manquerait l'intonation qui est primordiale. N'allez donc pas vous imaginer que vous pourrez de cette façon découvrir par avance les numéros du prochain tirage du loto.

 

La sciomancie des rois d'Israël

Les rois d’Israël se livraient également à la nécromancie. La preuve en est que c'est mentionné dans la Bible dans le passage qui relate la pythonisse d’Endor évoquant l’ombre de Samuel. Il s'agit là d'une autre forme de nécromancie qu'on appelle sciomancie. Elle consiste à prédire l'avenir à travers l'ombre des morts. Isaïe dit que les âmes manifestent leur présence par « un léger murmure et par des mots prononcés à voix basse ».

Les pratiques nécromantiques du Moyen-Âge

On ne sait que peu de choses sur ce qui était pratiqué au Moyen-Âge car il n'y a que très peu de témoignages et d'écrits. On sait par contre que les sorciers existaient bel et bien, donc nul doute que certains d'entre eux étaient des nécromants.

Il semblerait que les pratiques de ces siècles ponctués par les grandes invasions barbares et les guerres intestines héritèrent des coutumes nordiques et de celles des peuples venant de l'Est. Nous voulons parler des Normands, des Celtes, des Huns, des Vandales et des peuples germaniques. Les méthodes à la mode consistaient plus à utiliser les ossements des morts et non leur chair et leur sang.

La Renaissance : le renouveau de la nécromancie

Illustration nécromancien
Le Nécromancien - Illustration de Keith Parkinson
C'est au cours de la Renaissance que la nécromancie connue ses beaux jours en Europe avec l'explosion des « Messes Noires ». Certains grands noms de l'histoire ont trempé dans de sordides révélations qui firent scandale. On peut citer Charles IX, Henri III, Catherine de Médicis et Jacques VI d’Écosse. Ils avaient tous des sorciers attitrés qui pratiquaient d'infâmes rituels sataniques. Les plus connus sont associés à Catherine de Médicis. On raconte que les nécromanciens sacrifiaient un jeune enfant en lui tordant le cou. Puis ils lui coupaient la tête et recueillaient son sang. La tête était embaumée et salée, puis placée sur un autel recouvert d'une plaque d'or sur laquelle était gravée le nom d'une entité démoniaque. Elle allait servir à tirer les oracles. Le sang recueillit était destiné à un autre usage.

Ces cérémonies de messe noire se pratiquaient dans une solennité religieuse presque scientifique, sans aucune émotion ni sentiment. Les opérateurs se contentaient de suivre un certain protocole sans faire preuve d'aucune perversité ni haine. Pour ces sorciers noirs, la dissection d'un corps humain fraichement sacrifié était quelque chose d'aussi naturelle que pour un chirurgien pratiquant de nos jours une opération pour sauver une vie.

Ce n'est que plus tard qu'apparurent de nouvelles pratiques découlant des Messes Noires et de la nécromancie de la Renaissance. Au XIX° siècle explosèrent différentes sectes et courants de pensées tels que la Thelema et l'ésotérisme sexuel. Des savants étudièrent la démonologie alors que des adeptes de différents mouvements avaient des penchants pour le tantrisme ou le sadisme pouvant conduire au sacrifice sexuel. Des perversions en tout genre virent le jour en s'éloignant considérablement de la pure nécromancie qui avait comme seul but la prédiction de faits plus ou moins proches.


Mise en garde : N’évoquez rien que vous ne puissiez dominer, par exemple, quelque chose qui puisse à son tour évoquer autre chose contre vous.