A la morgue

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Ce même après-midi du 28 juin, un homme en blouse blanche soulève le drap sous lequel repose le cadavre. Le commissaire demande à l'un des parents de monsieur Martens de venir l'identifier :
— Monsieur Play, lui dit-il, regardez-le bien, mais ne dites rien, je vous interrogerai tout à l'heure.

La reconnaissance du corps

Le visage ensanglanté du vieil homme ayant été nettoyé, son masque paisible et rondouillard paraît étrangement serein à ce pauvre René Play qui l'examine longuement. Puis, vient le tour du neveu géant et chevelu, monsieur Zimmerman. Celui-ci, avec autant d'attention, considère le visage de son oncle.


Pendant ce temps, le commissaire fait quelques pas avec René Play.
— Alors ? lui demande-t-il à voix basse.
— Il y a bien une ressemblance avec mon pauvre cousin, mais je ne pense pas que ce soit lui...
— Bien, je vous remercie. Monsieur Zimmerman, voulez-vous faire quelques pas avec moi ?

Des avis divergeant

Dans le couloir où ils déambulent maintenant, le commissaire interroge le neveu Zimmerman :
— Alors ? L'avez-vous reconnu ?
— Il a drôlement vieilli et bien changé, remarque le géant, mais tout de même, je suis à peu près sûr que c'est mon oncle.

Cette fois, le commissaire lève les bras au ciel. Si la famille elle-même est partagée, si elle n'est pas capable de le reconnaître avec certitude, l'affaire devient inextricable.

La mort à répétition de Paul Martens fait grand bruit. La presse et la radio de l'époque lui consacrent de longs reportages. Le ban et l'arrière-ban de la famille sont invités à venir reconnaître le corps qui repose toujours à la morgue. Malheureusement, si les uns reconnaissent leur parent, d'autres s'y refusent. Comme, hélas, ces derniers admettent tout de même une certaine ressemblance, plus aucun avis n'est crédible.


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