Méthodes d’invitation des djinns

Invitation du djinn
Un sorcier arabe dispose de différentes techniques lui permettant d’avoir recours à des djinns dans la pratique de rituels de sorcellerie. Certaines de ces techniques comportent des actes ou des incantations qui utilisent la mécréance et des pratiques shirk ou l’élusion d’Allah. Les pratiques shirk correspondent à tout ce qui consiste à adorer autre chose qu’Allah ou simplement à l’associer à autre chose que lui-même. L’associationnisme est interdit dans l’Islam, c’est un péché. L’adoration, l’association ou la croyance en autre que Lui est shirk.

 

La méthode d’invocation

Le sorcier qui veut pratiquer une invocation des djinns le fait en général dans un lieu sombre qui peut être une chambre, une grotte obscure, une ruine ou sous un arbre. Pour que ça marche, le sorcier doit se montrer impur et revêtir des habits sales et souillés. La première chose consiste à allumer un feu et à brûler des encens. Le sorcier se met alors à invoquer les djinns en glorifiant leur chef.

Suite à l’invocation, le djinn se présente à lui sous la forme d’un animal car les djinns sont invisibles par les humains. Pour se rendre visibles ils prennent en général l’apparence d’un animal qui peut être un chien, un serpent ou un lion. Mais il s’agit toujours d’animaux haram, c’est-à-dire impropres et illicites à la consommation. Parfois le djinn peut apparaître sous la forme d’un fantôme mais c’est plus rare.

Il arrive que le djinn ne s’incarne pas mais qu’il se contente d’adresser la parole au sorcier.

Pour terminer le rituel, le sorcier va demander au djinn d’accomplir une mission. Il s’agit d’un ordre car le djinn invoqué est sous le contrôle du sorcier. La mission désigne toujours une cible précise. On ne peut pas invoquer un djinn et ensuite rester vague dans l’ordre qu’on lui donne. Il faut que la personne à qui le maléfice s’adresse soit désignée clairement. Pour qu’il n’y ait aucun doute sur la cible, le sorcier est souvent muni d’un morceau de vêtement qui a était porté par la personne visée. Il peut aussi utiliser un fragment corporel tel qu’une mèche de cheveux.

La méthode du sacrifice animal

Le sorcier qui veut s’octroyer les services d’un djinn peut également pratiquer le sacrifice d’un animal qui est en général une volaille ou un chien. L’animal est généralement de couleur noire. Il faut bien faire attention à penser à mentionner tout haut la nature de l’animal et sa couleur. Le sacrifice est réalisé par égorgement. La dépouille est ensuite jetée dans un terrain vague, une vieille ruine, un puits ou une décharge.

Ce n’est que de retour à maison que le sorcier invoque le djinn qui doit se présenter à lui pour recevoir ses instructions.

La méthode du blasphème du Coran

Cette méthode d’invitation du djinn s’appuie sur le livre Saint de l’Islam. Le sorcier écrit une Sourate du Coran avec de la souillure qui peut consister à utiliser du sang des règles ou des matières fécales. Les incantations habituelles sont ensuite récitées pour faire venir le djinn. Si après cela le djinn n’apparaît pas au sorcier pour exécuter ses ordres c’est que le sorcier n’y a pas mis suffisamment de conviction ou qu’il n’y avait pas assez de déjections.

La méthode de l’écriture

Cette technique très employée par les sorciers consiste à écrire une Sourate du Coran à l’envers en séparant chaque lettre l’une de l’autre. Il n’est pas nécessaire d’utiliser des matières fécales pour le faire.

Les formules incantatoires habituelles sont ensuite récitées jusqu’à ce que le djinn se manifeste.

Une variante consiste à utiliser la méthode de l’écriture combinée avec la méthode du blasphème. Quand on a besoin de l’aide de djinns plus puissants c’est cette technique qui est préconisée.

La magie astrale

C’est en utilisant la magie des étoiles qu’un sorcier peut appeler un djinn à son aide pour réaliser ses sombres desseins. Le sorcier observe dans le ciel l’apparition d’une étoile précise. Il s’adresse alors à elle en récitant quelques formules magiques qui comportent de l’idolâtrie et de la mécréance. Elles sont bien souvent blasphématoires.

Si un magicien pense que c’est l’esprit de l’étoile qui va lui répondre, dans le cas de la sorcellerie ce sont en réalité des djinns qui lui répondent. Mais il faut s’en méfier car les djinns sont farceurs et les informations divulguées sont parfois vraies mais aussi parfois fausses. Cette magie présente donc de nombreux risques.

La méthode de l’enfant médium

Le sorcier fait venir un jeune enfant (entre 4 et 12 ans) pour s’en servir comme d’un médium ou d’un intermédiaire. Voyons un peu comment ça fonctionne :

Tout d’abord il trace un carré sur la paume de la main gauche de l’enfant.
Tout autour de ce carré, il rédige des mots magiques.
Il verse ensuite au centre de ce carré quelques gouttes d’huile et de l’encre bleue.
Le sorcier prend ensuite une feuille de papier vierge sur laquelle il écrit quelques formules talismaniques avec des caractères séparés
La feuille de papier est plaquée sur le visage de l’enfant. Pour qu’elle reste en place il peut utiliser une casquette ou un bonnet et glisser la feuille en dessous.
L’enfant est ensuite recouvert d’une couverture ou d’un vieil habit.
Commencent alors les multiples invocations.
Pour finir, le sorcier demande à l’enfant de lui dire ce qu’il voit dans sa main gauche, sachant que l’enfant a toujours les yeux cachés par la feuille de papier sur son visage. L’enfant doit alors répondre :

Je vois l’image d’un homme.
 

C’est gagné ! Le sorcier est alors en communication avec un djinn. Il s’adresse à l’enfant, jamais directement au djinn, en lui demandant de répéter à cet homme ses requêtes.

Cette pratique est souvent utilisée pour la recherche d’objets égarés ou dérobés. Elle marche à tous les coups et dans le Maghreb elle est préférée à la méthode du pendule égyptien.

La méthode de l’objet personnel

Cette technique est utilisée pour la guérison d’un malade. Le sorcier demande à ce dernier un vêtement, de préférence porté à même le corps, une chemise ou une chaussette par exemple, ou un mouchoir. Il faut que le tissu soit imprégné de l’odeur du malade, donc pas question qu’il sorte de la machine à laver. A environ 5cm d’une extrémité du tissus, le sorcier fait un nœud. Ensuite il sert très fort l’objet dans sa main. Où on se rend compte que ce n’est pas pour une publicité pour une marque de lessive qui lave plus blanc que blanc c’est quand il se met à réciter à voix haute une petite Sourate du Coran avant de faire, à voix basse cette fois, différentes incantations destinées à attirer le djinn.

Il demande ensuite à ce dernier de multiples précisions :

Est-ce que le patient est atteint par les djinns ?
Est-ce que le patient est touché par le mauvais œil ?
Est-ce que le patient à besoin d’un intervention médicale ?

A chaque réponse le nœud est déplacé en fonction de la réponse. Le guérisseur indique ensuite au malade ce qu’il en d’après l’emplacement du nœud.

Ca ne paraît pas compliqué comme cela mais il faut une grande maîtrise et beaucoup de pratique pour arriver à soigner les gens efficacement en utilisant cette méthode. Mais si le malade est envoûté ou même possédé par des djinns, s’il est victime du mauvais œil, la médecine traditionnelle n’y pourra pas grand chose.




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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 23 Juillet 2017. Il est un peu ancien mais toujours d'actualité.