Le diable incarne la liberté et la révolte

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Dans nombre d’écrits romantiques, de Faust au Soleil de Satan, de Hugo à Vigny, de multiples visages du Diable sont évoqués dans des approches parfois contradictoires mais souvent complémentaires. Pour les uns, Lucifer-Satan, autrefois monstrueux, aujourd’hui séduisant, est un symbole de liberté et de révolte. Il est le Prométhée rebelle qui encourage à s’émanciper des carcans sociaux et de la finitude de la condition humaine : chez Victor Hugo, le « regard prodigieux » de Dieu sur une plume de l’aile de Satan donne naissance à une femme « éclairant l’infini d’un sourire innocent », qui n’est autre que « la Liberté ».


Pour d'autres il incarne le mal

Pour d’autres, au contraire, Satan n’existe pas mais symbolise la noirceur de l’homme, ses défauts et ses vices : il est le Prométhée enchaîné et dévoré par les remords, métaphore de l’esclavage humain au Mal et à la douleur. D’autres écrivains romantiques recourent au Satan mythique dans le but de s’interroger sur le Mal, sa nécessité, sa place dans le monde et son essence humaine.

Pourtant, au-delà de ces divergences, le courant romantique offre unanimement au Diable ce que Georges Minois appelle une « réhabilitation » ou un « acquittement » : Satan, en devenant un symbole et un mythe, se voit offrir une rédemption littéraire. Il n’est plus un personnage inspirant uniquement de la crainte et du mépris : désormais, il fascine.


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