Le culte isiaque

Culte isiaque
Ayant pris naissance en Égypte, les cultes isiaques ont connu un immense succès populaire au point qu'ils se sont exportés en dehors de la vallée du Nil pour avoir un poids politique considérable dans le monde gréco-romain.

Ce succès s'explique par un mélange d'exotisme et d'éléments familiers, par le rôle du pouvoir politique dans sa diffusion, mais aussi par la puissance même du mythe d'Isis, déesse exemplaire qui va reconstituer sa famille... dans tous les sens du terme.

Découpé en morceaux par Seth, son frère jaloux, Osiris est retrouvé par Isis après une longue quête, exception faite de son phallus mangé par les poissons. Isis fabrique alors un phallus en argile, ressuscite Osiris et donne naissance à un fils, Horus.

Isis est ainsi la déesse de la vie, très proche de Déméter. Elle a des pouvoirs en matière de guérison... à condition que le fidèle accepte de confesser ses péchés. Vénérée en Égypte, son culte va se diffuser progressivement dans tout le bassin méditerranéen à la suite de plusieurs événements différents.
 
 

La création de Sérapis

Vers 305-306 av. J.-C., Ptolémée, roi des Grecs et pharaon, choisit de s'installer non pas à Memphis mais à Alexandrie. Il décide d'en faire une cité grecque ; il faut donc la doter d'une divinité tutélaire. Il demande conseil à deux intellectuels, l'un prêtre d'Isis, l'autre membre de la famille gérant les mystères d'Éleusis, qui lui conseillent de trouver un dieu local acceptable par les Grecs. Ce sera Sérapis, un mélange entre Osiris et le taureau Apis, que l'on va débarrasser de sa tête de taureau et à qui l'on accorde une épouse : Isis.

Intervient ensuite un personnage central : Arsinoé II, épouse de Ptolémée II, qui joue un rôle important dans la vie publique et créé une flotte navale. Elle sera divinisée et associée à deux divinités : Aphrodite et Isis. Dans le sillage de la reine, Isis va partir à l'assaut de la Méditerranée orientale. La cellule familiale constituée d'Isis, de Sérapis et de Horus est plébiscitée. En 88 av. J.-C., les troupes de Mithridate saccagent l'ile de Délos, port franc fréquenté par des commerçants, des armateurs, des marchands, où se trouvaient des temples égyptiens. Paradoxalement, cette destruction contribue à la diffusion du culte. Une diaspora cultuelle et économique va s'installer à Pompéi, en Thessalonique, en Espagne, et fonder des temples égyptiens.

Comment le culte isiaque s'implante à Rome ?

Cérémonie isiaque
Cérémonie isiaque (fresque romaine)
A Rome, les choses ne vont pas sans mal. A plusieurs reprises, le Sénat romain détruit les chapelles Isiaques et expulse leurs membres. La visite de Cléopâtre, mal aimée par les Romains, ne favorise pas la sympathie envers tout ce qui vient d'Égypte. Pourtant, petit à petit, le culte s'impose, y compris dans les plus hautes sphères de l'État. Si nulle analyse sérieuse ne permet d'accréditer l'idolâtrie isiaque de Caligula, c'est avec la dynastie des Flaviens que la déesse s'inscrit définitivement dans le paysage de la Rome antique.

Après le suicide de Néron en 68, Vespasien s'impose à la tête de l'empire. Mais contrairement à ses prédécesseurs, ce solide militaire ne peut se prévaloir d'une quelconque lignée divine. Il se rend à Alexandrie, dans le temple de Sérapis, et raconte que celui-ci lui a promis sa protection. Avant son retour à Rome, il demande à Domitien, son fils, de construire sur le Champ de Mars un temple consacré à Isis et Sérapis. Les dévots romains de la déesse égyptienne, reconnaissables à leurs vêtements de lin et à leur crâne rasé, se multiplient alors.


 
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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 12 Janvier 2019. Il est à jour.