Pharaons et autres mortels

Pharaon Sesostris I
Sesostris I
Les pharaons d’Égypte affirmaient descendre des dieux. Les pharaons égyptiens ont utilisé leurs relations avec les dieux pour légitimer leur domination. Ils ont commandé des sanctuaires et des temples dédiés à l'image d'eux-mêmes. Le Grand Sphinx, portrait du dieu soleil en forme de lion à tête d'homme, représente le visage du pharaon. Les représentants du gouvernement se sont prosternés devant le pharaon comme s'il était une divinité. Le pharaon semble même adorer sa propre image déifiée. Ce pharaon en tant que dieu porte souvent le disque solaire ou les cornes bouclées d'Amon, souverain des dieux, comme marque de son statut divin.

Bien que considéré comme un dieu dans l'Ancien Empire, le pharaon vivant fut plus tard un navire terrestre abritant un pouvoir divin ou un fils de dieu. La mort faisait des souverains des dieux, en les joignant à et à Osiris, qui pouvaient également transformer les âmes des roturiers en esprits puissants appelés akhu.
 

Ce n'est pas la naissance qui fait d'un Pharaon un Dieu

Les privilèges de la déité attribué au pharaon ne sont pas concédés à la naissance, ni même au couronnement. Le pharaon couronné n'est qu'un médiateur entre les dieux et le peuple. Il est tout simplement le souverain.

Le pharaon est, certes, sacré, mais c'est essentiellement par ses insignes et ses attributs qu'il l'est. On les appelle les régalia. Il s'agit de la couronne, des sceptres, des images royales, etc. Celui qui les porte est respecté et sacré. Mais ce n'est que la mort qui le fait devenir un dieu à part entière.

À certaines périodes, on a tenté d’étendre la divinité de la fonction royale à la personne du souverain (Ramsès II) ou même au couple royal (Aménophis IV et Nefertiti). De véritables cultes de la personnalité leur ont été voués de leur vivant.

Imhotep

Quelques personnes de la société civile sont devenus des dieux. Le plus célèbre était Imhotep. Également souverain sacrificateur, il fut l'architecte de la pyramide à degrés du pharaon Djoser (2687-2668 av. J.-C.). Longtemps après sa mort, Imhotep se fit une réputation de sage et de médecin et devint le saint patron des scribes. Considéré comme un fils du dieu Ptah et de Sekhmet, il fut déifié à la fin de la période (724-33 av. J.-C.).

Au VIIe siècle avant J.-C., on lui consacre des temples et à l’époque gréco-romaine son culte se développe au point qu'il est identifié par les grecs comme l'équivalent d’Asklépios, sous le nom d’Imouthès.

Imhotep est l’époux d’une dame nommée « Bonne année », par allusion à Sekhmet, protectrice de l’année. Le nom de sa mère terrestre, Kheredouânkh (que les petits enfants vivent) sonne comme un nom-programme car la mortalité enfantine était alors très forte.

Le culte d'Imhotep s’étendra jusqu’à Méroë, au Soudan, et survivra sous divers avatars à la christianisation et à l’islamisation de l’Égypte.

Amenhotep, fils de Hapou, était un autre simple mortel qui devint un Dieu. Il fut militaire et conducteur des travaux d’Aménophis III. on lui attribue des réalisations spectaculaires comme l’érection des colosses de Memnon. Au IIe siècle avant J.-C., il reçoit un culte conjoint avec Imhotep dans le temple de Deir el-Bahari à Thèbes converti en lieu d’oracle. Comme Imhotep, il est fils de Ptah, mais aussi de Thot et de Sechat. Sa renommée cependant, ne dépassa guère les limites de la région thébaine.

La vie du pharaon après la mort

À sa mort, le pharaon s’unit à Osiris pour poursuivre son existence de souverain dans les enfers. Les figures architecturales ont souvent laissé le pharaon jouer ce rôle. Le pharaon semble souvent momifié, portant la couronne d'Osiris et tenant soit un symbole ankhs de la vie, soit la crosse royale et son fléau sur la poitrine.

Des cultes s’adressent à la mémoire des souverains qui ont été sage et ayant une renommée populaire. Par exemple, Aménophis Ier, souverain constructeur, et sa mère Ahmès-Nefertari, sont très en vogue auprès des ouvriers de la nécropole. Ils devinrent les protecteurs et intermédiaires attitrés des artisans puis des bonnes gens de Thèbes. C'est un peu ce que la religion catholique appelle des « saints-patrons ».

Beaucoup de pharaons devinrent ainsi des dieux de quelque chose, en fonction de ce qu'ils ont fait de grand dans leur vie.

La pesée de l’âme

Pour pouvoir siéger aux côtés d'Osiris et ainsi devenir un Dieu parmi les Dieux, ce n'était pas automatique. Le mort devait être jugé par un tribunal de dieux présidé par Osiris. C'était l'épreuve de la pesée de l'âme.

Lors de ce jugement, le mort devait énumérer la liste de toutes les erreurs qu'il n'avait pas commises. On vérifiait également qu'il avait bien pratiqué la justice sociale et la charité lors de son séjour sur terre. Osiris, le dieux de la mort des Égyptiens, présidait cette cour et il était assisté par 42 dieux parmi les plus importants. La déesse Maât était une double déesse : déesse de la justice et déesse de la vérité. La grande salle du tribunal était souvent appelée la « Salle des Deux Justices » en raison de cette double divinité. Le dieu Thot contrôlait le bon déroulement du jugement.

Il y avait une balance où l'on plaçait sur un plateau le cœur du défunt et sur l'autre la plume de la vérité de Maât. Au pied de la balance se trouvait le « Grande Dévorante » qui était à l'affut pour dévorer les âmes de ceux qui ne passaient pas l'épreuve de la pesée avec succès.

Les innocents étaient admis dans la suite d’Osiris et considérés eux-mêmes comme des Dieux.


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