Le yéti existe-t-il réellement ?

Le Yéti
Le yéti est le monstre légendaire de l'Himalaya qu'on appelle aussi « abominable homme des neiges ». Les anglais l'appellent le « Big Foot ». C'est en 1887 qu'un explorateur anglo-saxon, Laurence Waddell, fait part au monde de son étrange découverte. Dans son journal d'exploration il décrit sa découverte d’énormes empreintes de pas laissées dans les neiges éternelles des hauts sommets Himalayens. Elle ne pouvaient de toute évidence pas provenir d'un être humain. Depuis, le Yéti passionne toujours autant les savants britanniques et effraye les petits enfants. Mais est-ce seulement du folklore ?

 

Les premières découvertes

Empreintes du Yéti
Les premières mentions d'empreintes dans les neiges de l'Himalaya évoquant des pieds humains démesurés datent de 1905.

En 1921 le lieutenant-colonel Charles Howard-Bury conduisit une expédition dans l'Everest. A plus de 6400 m, il fit la découverte d'empreintes de pas étranges qui formaient une double trace semblable à celle d'un homme aux pieds nus. Elles faisaient penser à un pied d'ours, et pas tout à fait à un pied d'homme. Ses guides Sherpa lui dirent alors qu'il s'agissait certainement des traces de « l'homme sauvage des neiges ». L'expression « abominable homme des neiges » était née, mais on ne parle pas encore de Yéti.

C'est B.H. Hodgson qui est le premier Européen à utiliser le mot « yéti » pour désigner cette espèce que personne n'a jamais vu à l'exception de ses traces. Il les mentionne en 1832 dans un article du Journal de la Société Asiatique du Bengale. Yéti correspond au mot « Yate-Yate » dans la langue des indigènes. Mais à cette date ce n'était encore qu'une légende et aucun Européen n'avait encore trouvé des traces. Ce n'est qu'en 1925 que l’explorateur N. A. Tombazi et l'officier John Hunt réutilisent le mot en rapportant avoir observé des empreintes du yéti sur le site du glacier de Zemu. L'explorateur aurait aperçut la silhouette furtive d'une créature anormale, mais il ne put livrer aucun détail précis.

Un autre savant confia un peu plus tard avoir vu l'homme des neiges près du col de Zenu, dans une région d'accès facile et relativement basse. Il nous en fait la description :

La silhouette était exactement semblable à celle d'un être humain. Il marchait debout, se baissait de temps en temps pour arracher un rhododendron nain. Il paraissait noir sur la neige et ne portait aucun vêtement. En une minute, il fut arrivé près d'un bosquet touffu, puis il disparut.
 

Mais peut-on vraiment accorder du crédit à ce récit ?

Tensig Norkhay, le héros du Mont-Everest, avec sir Edmund Hillary, a déclaré avoir vu de grandes empreintes de pied sur les pentes de l'Himalaya ; il a précisé que ces empreintes se trouvaient entre 5300 et 5700 mètres d'altitude, étaient longues de plus de trente centimètres et laissaient imaginer des orteils écartés. Mais qu'il ne saurait dire s'il s'agissait d'empreintes laissées par « l'abominable homme des neiges ».

On en reparle ensuite régulièrement et il serait aperçu pour la première fois en 1942 par un évadé des Goulags soviétiques. Cet homme nous le décrit comme un genre d'orang-outang ressemblant également à un ours.

Le Dr Herbert Tichy, scientifique allemand, tente alors une expédition pour découvrir l'homme des neiges. Il a confié : « Tout sherpa, il y a dix ans encore, croyait la montagne invincible parce qu'habitée par des êtres redoutables. »
 

Une attaque de sherpa

Un Yeti empayé
Des photos des empreintes de yéti dans la neige sont prises en 1952 lors d'une expédition britannique guidée par Eric Shipton. Ca c'est passé à plus de 6500 m d'altitude.

Mais c'est en janvier 1953 que le monde tressailli suite à l'aventure survenue pendant une expédition suisse dans l'Everest. Le mystérieux « homme des neiges » aurait en effet attaqué un sherpa de l'équipe sur le glacier de Lhotsé.

Les Suisses précisent bien qu'ils n'ont pas vu eux-mêmes la créature mythique, mais qu'ils ont seulement entendu « nettement quelque chose qui marchait et rôdait autour de leurs tentes, la nuit, à une altitude où l'on ne rencontre plus aucun animal ».

Le récit d'un des sherpa est plus dramatique. Il prétend qu'un des « hommes des neiges » l'aurait saisi (ils étaient donc plusieurs) avant de s'enfuir à l'approche des autres sherpas accourus à son secours.

Un autre des sherpas de l'expédition relate que les porteurs ont souvent entendu le cri de « l'abominable homme des neiges » au milieu de la nuit. Il ne sait toutefois pas définir s'il s'agit d'un hurlement, d'un grognement ou d'un reniflement. Mais ce n'était pas humain.

De nombreux récits existent déjà sur l'existence d'une créature extraordinaire qui hanterait les glaciers déserts des hautes altitudes de l'Everest. Certains le décrivent comme un gigantesque anthropoïde velu et sans queue, d'autres comme un grand ours des montagnes. Les villageois de ces régions l'appellent le « Ban Manche » ou « l'homme de la jungle », et le décrivent comme un bipède velu.

Les anglais se passionnent pour le yéti

La capitale britannique adore se plonger dans des histoires fantastique ou surnaturelles. Le « British Muséum » et le Natural History Museum, sont les refuges de rats de bibliothèques qui s'adonnent avec délices et volupté dans la découverte des premiers temps. Un important quotidien de Londres informe régulièrement ses lecteurs de la vie, publique ou secrète, au célèbre zoo de Regent Park. Dès que la saison devient belle, des grappes de botanistes et de zoologistes s'en vont étudier, près de Richmond, la faune étrange et fascinante, toujours haute en couleur, qui peuple les jardins de Kew.

D'autre part, en Ecosse, le héros local est le monstre du Loch Ness, familièrement appelé Nessie. Selon quelques connaisseurs, il mesurerait douze mètres de long, aurait trois doigts de pied et les yeux bleus.

En cette fin d'année 1953, l'actualité pittoresque cède le pas à l'« abominable homme des neiges », qui rôderait sur les pentes de l'Himalaya et qui se nourrirait d'êtres humains ou de rats de montagne, fuyant toute civilisation. Ce regain d'intérêt pour le « Yeti », comme le nomment les Tibétains, n'est pas fortuit. En effet, le « Daily Mail » a dépêché, environ deux mois auparavant, une expédition pour le rechercher, ou tout au moins établir son identité, ses caractéristiques, ses habitudes de vivre.

La chasse au Yéti

Empreinte du Yéti
Cette expédition est composée d'authentiques hommes de sciences, de guides et d'un journaliste reporter, Ralph Izzard, lequel envoie chaque semaine à Londres de copieux récits de voyage. Un zoologiste et un anthropologiste font également partie de l'équipe.

La « chasse au yéti » n'est pas véritablement une chasse car l'expédition travaille dans des pays où la religion interdit de tuer qui que ce soit. C'est une expédition scientifique.

Les habitants superstitieux des vallées au pied de l'Himalaya connaissent tous ces légendes mystérieuses de l' « abominable homme des neiges ». Les sherpas, les Tibétains et les Népalais sont superstitieux. De tout temps ils racontèrent des histoires sur de « sauvages mangeurs d'hommes » et de « diables aux dents vertes ». Mais la légende du yéti semble plus crédible que les autres, peut-être à cause des nombreux témoignages.

Tous ces témoignages, si captivants soient-ils, mais contradictoires et manquant de rigueur scientifique, ne suffisent évidemment pas à établir que l'homme des neiges existe. « Ce sont des fables », disent les uns, qui ne cherchent toutefois pas à expliquer le mystère de la vie humaine. « Les traces de pas dans la neige ? Des hallucinations dues au manque d'oxygène », ajoutent les autres. Mais cela n'avance a rien. On a bel et bien vu d'énormes empreintes , anormales, et elles ont été photographiées. Il est d'autre part peu vraisemblable que tant de personnes, et parmi elles des hommes de sciences, aient inconsciemment été victimes de l'altitude et aient délibérément imaginé 1' « abominable homme des neiges ». Et comment se fait-il que tous les hommes des caravanes, ceux qui conduisent les chameaux sur les pistes de la montagne, aient tous vu une « bête poilue », qui n 'a pas un langage humain, qui a une figure affreuse, qui crie d'une voix que personne ne comprend mais qui court debout ? Encore des hallucinations ?

Pour finir, l'expédition du Daily Mail ne donne rien et le mystère reste entier.
 

L'abominable homme des neiges ne serait pas un mythe

Les vieillards des montagnes de l'Himalaya racontent que les yétis sont des créatures bipèdes. Leur taille ne dépasserait pas un mètre cinquante mais leur morphologie laisse deviner une très grande force. Son régime alimentaire serait constitué principalement de rats de montagne. Mais on sait que ces rongeurs n'existent plus au-dessus de 5700 mètres. Il se pourrait qu'il s'en prenne occasionnellement à d'autres animaux et même à l'homme.

Dans un article d'un journal de Katmandou de 1957 on apprend que la tête d'un curieux animal, supposé être un yéti, est conservée depuis 25 ans à Chilunka, un village perdu du Népal. C'est un journal Suisse daté du daté du 27 mai 1957 qui nous le rapporte.

Cette tête est conservée pour commémorer la bravoure de ceux qui tuèrent ce yéti. 32 soldats népalais furent attaqués au milieu de la nuit alors qu'ils menaient une expédition en direction de la frontière du Tibet. L'animal tua 31 d'entre eux. L'unique survivant réussit à donner l'alerte et une patrouille de dix hommes armés fut envoyés à la poursuite du monstre. On le retrouva tout simplement endormi sur les lieux même de l'agression. Il avait dévoré plusieurs de ses victimes. Dix fusils furent déchargés sur la bête, mais il fallut tirer une seconde salve pour l'achever.

Ce même journal népalais explique qu'il y aurait beaucoup de yétis dans la région et que quelques années en arrière l'un d'entre eux se serait emparé d'un enfant qu'il aurait ensuite écartelé avant de s'enfuir alors qu'on faisait feu sur lui.

On parle aussi de diverses disparitions qui seraient mises sur le compte de l'abominable homme des neige. Un homme d'affaires de Katmandou en aurait été la victime. On ne retrouva de lui qu'une chaussure et quelques lambeaux de vêtements.

Tout ceci est bien étrange mais on ne parla plus trop de ce monstre pendant plusieurs décennies à l'exception des mêmes histoires qui tournaient en boucle. L'affaire est pourtant relancée en 2008.

Le yéti repéré par des Japonais

Traces de Yéti
A gauche : le Yéti, à droite : un homme
C'est le 20 octobre 2008 qu'un groupe d'aventuriers japonais annonce avoir découvert de nouvelles empreintes dans les sommets de l'Himalaya. Elles mesureraient seulement 20 cm de long mais auraient l'apparence de traces laissées par des êtres humains et ne ressembleraient en rien à celles des animaux que l'on rencontre habituellement dans cette région (entre le Népal et le Tibet).

Le but de cette mission dans l'Himalaya était de trouver le Yéti. Ces japonais parcourent les montagnes à sa recherche depuis des années. Ils n'ont pourtant pas réussi à le filmer et n'ont trouver que ces empreintes de pas.

Mais ne se laissant pas décourager ils entreprennent d'effectuer des tests ADN sur des poils qu'un journaliste de la BBC aurait ramené d'Inde, en juillet de cette même année, en affirmant qu'il s'agissait de poils provenant d'un Yéti. Mais ça ne donne rien.

En savoir plus sur les études ADN du yéti.
 

Une nouvelle espèce d'ours

Cinq ans plus tard, Bryan Sykes, chercheur à l'université d'Oxford, tente de comparé l'ADN de poils d'animaux non identifiés de l'Himalaya avec celui d'un « ancêtre de l'ours polaire ». Ce qui est surprenant est qu'il y a une correspondance génétique parfaite.

L'ADN de créatures inconnues de l'Himalaya correspond à 100% avec une échantillon prélevé sur la mâchoire d'un ours polaire datant de plus de 40 000 ans et provenant d'une île norvégienne, donc bien loin du Bhoutan et du Tibet.

C'est un nouveau mystère qui entoure la légende de l'abominable homme des neige. Ce dernier serait en réalité un ours qui descendrait en ligne directe des ours polaires préhistoriques.

Plus sérieusement ce pourrait être un croisement entre un ours brun et un ours polaire.

Rebondissement en 2015 !

Une nouvelle théorie voit le jour en avril 2015. Toujours un chercheur britannique (décidément, ils sont vraiment passionnés) affirme avoir enfin élucidé le mystère du Yéti.

Selon lui, l’abominable homme des neiges serait en réalité une femme !

Il s'agit à nouveau de Bryan Sykes, qui semble en faire une spécialisation, et dévoile dans un livre que la Yéti serait une femme (mi-humaine, mi-singe) qui aurait vécu au XIXe siècle dans les montagnes du Caucase, entre la Russie et la Géorgie. Elle mesurait au moins 2 mètres, était couverte de poils, ce qui la faisait ressembler à une bête sauvage, et avec une force physique exceptionnelle.

Cette femme portait un nom : Zana.

C'est en 1850 qu'elle fut capturée dans un port de la Mer Noire nommé Otchamtchir.

Toujours d'après Bryan Sykes il y aurait eu des tests ADN pratiqués sur Zana ainsi que sur ses descendants. En effet, Zana aurait mis au monde quatre enfants, tous conçus par des pères différents. Les analyses cellulaires nous disent que Zana serait originaire d'Afrique car elle possède avec les africains beaucoup de gènes en communs. Mais son génome ne correspond à aucun groupe humain actuel ou disparu.

Les travaux de Bryan Sykes sont très critiqués par certains de ses confrères qui l'accusent d'un manque de sérieux évident.
Sans vouloir lui jeter la pierre on attend toujours des preuves tangibles de l'existence du Yéti. Avant d'en capturer un vivant, une simple photographie non truquée serait déjà un bon point de départ.

Sources : La majeure partie de ce dossier est tiré d'un article de P. Hofstetter, paru dans un journal de Neuchâtel (Suisse) le 31 mars 1954.




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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 12 Août 2017. Il est un peu ancien mais toujours d'actualité.