Œdipe sur le divan

Freud
Dans la mythologie le héros est le prototype d’une activité ou d’une problématique humaine. Infirmes, abandonnés à leur naissance, victimes de maltraitance, ils passent souvent leur jeunesse à voyager. Ils sont des inventeurs, promoteurs de métiers ou de techniques, de savoir faire, et plus généralement sont en relation avec la médecine, la mantique, le combat, l’initiation, les mystères.

Aujourd’hui les héros ne sont plus que des marionnettes agitées par des moralistes au service de l’axe du bien, des petits boutiquiers dévoués au fonds de commerces de leur maîtres, ou encore d'indécents flagorneurs des patriotismes. Parfois encore, sortis de leurs retraites par des recycleurs de vielles lunes ils tentent de donner de l’étoffe à de nouvelles trames pour leur accorder une lignée digne de leurs ambitions. Répondant à l’appel d’un de ces prestidigitateurs en quête de notoriété, Œdipe a refranchi le Styx pour s’alanguir sur les divans douillets des nouveaux confessionnaux. S’il y a gagné en célébrité il a certainement perdu en majesté, car sa terre d’accueil ne s’est pas gênée pour réduire sans recours sa saga à une minable affaire d’inceste. Pourtant il y a matière à controverse, et les faits ne sont pas là.

Œdipe n'est qu'un packaging

L’inceste claironné avec tant de certitudes est fortuit et ne relève en rien de la démarche intentionnelle prêtée au héros, et si son affaire est devenu le symbole de ce rapport hors nature entre mère et fils, c’est seulement parce l’entremetteur à tout fait pour forcer la rencontre.

Le génie du viennois est celui de la communication. Au lieu de nous assommer dans un discours tarabiscoté, il à su résumer sur un seul nom toute sa démonstration. Œdipe n’est pas une tragédie mais un logo, un packaging, un concept si bien vendu que l’on en oublie la tromperie sur la marchandise.

Bien entendu c’est le rôle des symboles que de condenser toute une information sur peu d’espace. Mais le symbole est un agent double, car si sur son avers il est ce bavard trompeur, son revers plus discret nous abandonne ses petits signes intimes et révélateurs. Or justement ces petits cailloux laissés sur le chemin du mythe peuvent aussi bien nous raconter une toute autre histoire que celle élucubrée par nos fabulistes contemporains.

La nouvelle religion du divan

Religion du divan
De cette histoire nous avons retenu les grandes lignes dignes des titres d’un tabloïd. « Le parricide voulait se taper sa mère », ou plus digne, « le fils élimine son père pour convoler avec sa mère ». Mais cette fois la petite affaire de famille sordide et sans postérité, devient en s’habillant de l’éternité du drame grec, le pécher originel de sa nouvelle religion du divan. Désormais sachons-le, hors d’Œdipe point de salut. Et c’est bien là la grandeur des mythes que de transformer nos plus honteuses turpitudes en tragédie épique au seul motif que les acteurs sont des dieux, des héros, ou des rois. Ce qui pour le commun n’est que sordide vulgarité devient alors au voisinage de nos VIP une intrigue divinisée. C’est ainsi qu’Œdipe, petit ambitieux estropié de naissance, anobli par ses fréquentations, quitte l’anecdote pour entrer la légende.

Mais il est temps de nous poser la seule question qui nous intéresse ici, à savoir si le meurtre du père et l’inceste œdipien sont volontaires ou non, confirmant ou infirmant ainsi la théorie psychanalytique. Nous avons déjà répondu, Œdipe n’a jamais voulu tuer son père ni coucher avec sa mère. Bien au contraire, ayant été informé de la prophétie, il quitta ceux qu’il croyait être ses parents pour déjouer le destin. On connaît la suite, il tue un étranger qui est son vraie père, résous l’énigme du sphinx et reçoit en cadeau le royaume de Thèbes et la reine sa mère.
 

Les dieux donneurs de leçon

Dieu donneur de leçon
Pour nous, l’affaire commence lorsque les dieux menacent le royaume en raison de la corruption qui y règne. Ils sont sacrément gonflés les dieux de jouer les donneurs de leçons alors qu’ils roupillaient lorsque Laïos décidait d’éliminer son petit rejeton pour sauver sa peau. Et qu’ont-ils fait pour empêcher le sphinx de poser des énigmes, et pour dissuader la reine d’épouser un merdeux qui aurait pu être son fils. Tout comme chez les chrétiens, les divinités locales n’aiment pas assumer leur inadvertance et préfèrent rejeter sur les enfants les fautes des parents. Ici pourtant nul n’est véritablement innocent, et les faits ne sont là que pour témoigner d'un destin qui va s’exprimer avec autant plus de rigueur que chacun s’ingénie à en détourner le cours par le rejet, l’indifférence, ou la fuite mais sans jamais renoncer à ses ambitions. Le père sacrifie son fils pour un royaume, la mère détourne le regard en ignorant une fois le meurtre de son fils, et plus tard, en acceptant de se taper un jeunot qui a l’âge de ce même fils s’il était vivant.

Œdipe lui-même est loin d’être innocent. Il tue un type à un carrefour pour s’être fait un peu piétiné. Il résous tête baissée l’énigme du sphinx sans renifler le piège, mais pire il reçoit un royaume avec la vioque en prime sans se poser de questions. Pendant des années il va vivre avec cette femme sans jamais essayer de savoir où et comment est mort son mari, ils ne se parlent jamais ou quoi ? La vérité c’est qu’Œdipe à pris la grosse tête. Il ne se sent plus d’avoir été l’élu, alors il n’a pas à se poser, ni à poser de questions, car après tout si même le doute l’atteignait, il ne manquerait pas de se prendre pour le messager chargé d’accomplir les desseins divins. De petit héro banal vaniteux et opportuniste, le voilà transformé en prophète, et cela par un simple arrangement avec sa conscience. Œdipe est un narcissique qui voit dans les autre des objets au service de sa satisfaction et ce qui est typique de l’adolescence. Plus encore Œdipe et sa famille tuyau de poêle sont ce qu’on appellerait aujourd’hui « peoplelisés » et deviennent sous le regard du poète des héros tragiques, et sous les traficotages d’un inquisiteur ambitieux le dogme incontournable d’une nouvelle religion.
 

Les pulsions perverses imposées par la prophétie freudienne

Dans tout cela nous ne devons pas oublier que notre affaire est d’abord une histoire de sexe. Mais si l’on veut bien abandonner justement l’obsession sexuelle du créateur viennois, et au risque de se répéter, on peut tout aussi bien admettre que le mythe nous parle de la force du destin et le libre arbitre. La prophétie prévient, et le sphinx apparaît comme une piqure de rappel pour dire que le pire peut encore être évité, même si le père est déjà mort. La prédiction tente d'éveillé les intéressés pour qu'ils cherchent ce qui dans leur nature est apte à provoquer des drames, et incite à y réfléchir. C’est en modifiant son caractère, son être profond que ce qui est annoncé peut être évité. L’infanticide d’un père qui refuse la suite des générations, l’indifférence d’une femme plus cocotte que mère, et le caractère ombrageux d’un boiteux prêt à assouvir ses pulsion vengeresses sont autant de flammes promenées devant un baril de poudre.

Alors bien sûr on peut tout ramener au sexe, voir dans la faim de l’enfant le désir sexuel pour le sein de la mère au lieu d’y voir le besoin primitif de se nourrir à la première et naturelle source disponible. On peut forcer le trait et prétendre que l’enfant exhibe son pénis pour entrer en concurrence avec son père, et on peut affirmer que les pulsions sexuelles sont contenues jusqu’à l’adolescence. On écrit ainsi le dogme, l’évangile selon saint Sigmund mais on torture les faits, arrange les coups, et surtout on invente le pécher originel de la nouvelle secte du divan. Car à la vérité l’enfant est tout à fait conscient que son zizi est petit, et tout ce qu’il demande c’est de pouvoir jouer avec tout seul ou avec ses copains ou copines. La peur du père est tout simplement celle de se faire engueuler pour ses désirs de caresses partagées entre amis. Il serait tout aussi crédible d’affirmer que si l’enfant exhibe son zizi devant sa mère, ce pourrait être simplement pour lui montrer son inoffensivité, et qu’il na pas, en l’absence de moyens, l’intention de jouer dans la cour des grands. Au fond l’enfant se refuse à jouer dans cette comédie perverse imposée par la prophétie freudienne tout comme Œdipe s’est enfuit pour éviter les arrêts des oracles.

Benjamin Griveaux disciple de notre obsédé viennois

Scandale de Benjamin Griveaux avec sa sextape
Notre obsédé viennois met du zizi partout, tout comme Benjamin Griveaux, oubliant au passage que plus de 50% de l’humanité en est dépourvue. Mais qu’à cela ne tienne, dans un véritable tour de prestidigitateur on invente une Electre cherchant à remplacer son membre absent par un enfant de son père, considérant ainsi que l’épanouissement de la femme ne peut s’assumer dans sa seule féminité mais dans des ersatz de masculinité. Opinion machiste dont on pourrait sans difficulté retourner l’argumentaire en prétendant que le petit garçon cherche tout autant à avoir une enfant du père, et que la vie de l’homme est un éternel manque de maternité.

De toute façon on pourrait démontrer tout et son contraire dès lors que l’on accepte qu’une théorie ne soit jamais validée par la preuve scientifique, mais par la seule élucubration introspectives des adeptes soumis à la divinité créatrice de leur gagne pain. La psychanalyse trop souvent se regarde le nombril, lance des affirmations gorgées de néologismes prétentiards sensés limité la compréhension de sa cosmogonie au seul collège de ses initiés, et n’affiche au bout du compte jamais de guérison patentes, mais plus souvent un abandon las et désillusionné des cochons payeurs (en liquide).

Loin des thèses psychanalytiques atteignant leurs extrêmes embrouillaminis dans les charabias lacaniens, Œdipe est un symbole asexué et universel qui nous demande de choisir entre fatalité ou libre-arbitre, et nous prévient que parfois les questions sont plus importantes que les réponses, ce que la psychanalyse semble pour une fois avoir compris, puisqu’elle n’en apporte jamais.


Source : http://avatarpage.net


 
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