La racine iboga de l'association Meyaya

Racine Iboga
L'association Meyaya avait pour but de permettre l’accès à tous aux propriétés anti-addictives de la tabernanthe iboga, une plante hallucinogène d'origine africaine ; d'informer et de fédérer les chercheurs, les médecins et les organismes de désintoxication et de lutte contre les toxicomanies.

Mais suite à la mort le 18 juillet 2006 d'un jeune toxicomane alsacien venant d'arriver à l'association Meyaya de La Voulte en Ardèche, une enquête et une demande de dissolution avait été entreprise. L'association Meyaya de Marseille a été dissoute en 2009. Mais ce n'est pas le cas de toutes les antennes en France.


 

Un hallucinogène puissant pour désintoxiquer

L'iboga est une racine africaine utilisée par l'association Meyaya pour lutter contre la dépendance aux drogues dures. L'association organisait des stages chamaniques basés sur des rites africains, en particulier le rite du bwiti qui est pratiqué au Gabon. Il s'agit d'une cérémonie initiatique pour accompagner le passage des adolescents à celui d'homme. Les jeunes adolescents consomment cette racine hallucinogène puissante pour aller dans le royaume des morts avant d'en revenir en homme.

Cette plante est déjà interdite depuis longtemps en Belgique, en Suisse et aux Etats-Unis. Mais elle était toujours utilisée en France par l'association Meyaya, soit disant pour lutter contre l'addiction aux drogues, alors qu'il s'agit d'un produit stupéfiant très dangereux.

Mort mystérieuse en cure de désintox

Le jeune toxicomane alsacien, âgé de 26 ans, était arrivé la veille au centre de désintoxication de l'association. Il n'aurait absorbé qu'une seule cuillère d'iboga mais serait pourtant mort d'une overdose, ce qui prouve la puissance de cette racine africaine.

Trois responsables de l'association ont été mis en garde à vue avant des mises en examen pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui.

Quand on interroge l'un des responsables du séminaire au sujet du suivi médical de la cure de désintoxication, sa réponse est la suivante :

êtes-vous accompagné d'un médecin dès que
vous consommez un verre de vin rouge ?
 

Des séminaires encore organisés à l'automne

Les résultats des analyses toxicologiques et de l'autopsie n'ont été divulgué qu'à l'automne. Mais pendant ce temps de nouveaux séminaires se sont déroulés. En effet, ils sont très lucratifs pour l'association qui demande entre 500 et 800 euros la semaine pour participer à ces stages.

C'est finalement en janvier 2007 que la gendarmerie fait une descente musclée (pas moins de 30 gendarmes) pour mettre un terme à ces agissements. Avait alors lieu un nouveau séminaire. Le couple des organisateurs est placé en garde à vue ainsi qu'un administrateur d'origine étrangère. Ils risquent plusieurs années de prison pour pratique illégale de la médecine.

L'association recrute par internet

Le recrutement des séminaristes se fait en général par le bouche-à-oreille mais surtout en utilisant internet et ses forums et réseaux sociaux. Les participants sont bien sur des toxicomanes dépendants à la drogue mais également des personnes dépressives. Ils constituent des proies faciles.

Les fameux stages sont censés les faire « renaître meilleurs ».

L'iboga était utilisée comme substitut de la méthadone pour le sevrage des toxicomanes, mais elle était administrée sans aucun contrôle médical et aucune prescription.

Inquiétudes face à ce genre de stages constituant des dérives sectaires

La mission interministérielle Miviludes s'est inquiété dans son rapport annuel de la recrudescence de ce genre de « stages chamaniques » qu'elle considère comme des dérives sectaires. L'iboga a été demandé à être inscrite à la liste des stupéfiants.

La mission Miviludes fait très justement remarquer que lors des rituels africains la consommation d'iboga est extrêmement encadrée par les sorciers locaux alors que dans les stages de « mieux être » et d' « expérience personnelle » il n'y a absolument aucun docteur. Les guérisseurs africains possèdent des antidotes à l'iboga alors que pour les chamans français ce n'est pas nécessairement le cas. Les effets peuvent se traduire par des risques de convulsions, de paralysie ou même la mort comme ce fut le cas de ce jeune toxico en juillet 2006.

Suite à cela, l'Agence française de sécurité sanitaire a ouvert une enquête sur ce produit qui constituerait une mise en situation de dépendance psychologique. La dépendance aux stupéfiants seraient donc remplacée par une autre forme de dépendance conduisant à la manipulation des personnes participant à ces stages.


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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 16 Novembre 2016. Il est un peu ancien mais toujours d'actualité.