Khidr, le maitre caché

Al-Khidr
« Khidr », ou « Al-Khidr », est une des figures les plus énigmatiques de l'imaginaire ésotérique musulman. Selon les régions son nom se prononce Khedr, Khadr, Khezr, Hizir, Khizir, Khidir, Khadir, Khadar, Khidhroûn, etc... On l'appelle aussi « Bilyâ ibné Malkân », « Ayliya ibné Malkân », « Al Yasa », etc ...

« Al-Khidr » signifie « le vert » ou « le verdoyant » et il est toujours représenté vêtu d'un grand manteau vert. Les commentateurs du Coran pensent que cela vient du fait qu'à chaque endroit où il passait, des plantes se mettaient à pousser et la terre devenait verdoyante. Certains se demandent donc si on n'aurait pas affaire à un ancien dieu de la fertilité qui aurait été intégré dans l'islam.

Les érudits musulmans ont des avis divergents sur son statut. Est-il un prophète ? Un saint ? Un ange ? Un « wali » (« ami de Dieu ») ?

D'après l'opinion des oulémas, à la différence des autres Prophètes et Messagers d'Allah, la mission d' « Al-Khidr » consistait à la réalisation de certaines tâches portant sur l'organisation et la structuration de ce monde. Il n'a apporté à la foule des hommes ni lois nouvelles, ni Message divin, ni même des principes religieux. Al-Khidr est le maître de tous les sans-maître parce qu’il se montre à tous ceux qu'il rencontre comment être ce qu’il est lui-même : celui qui a atteint la Source de la Vie, l’Éternel Adolescent, celui qui a atteint la « haqîqa », la vérité ésotérique qui domine la loi, émancipe de la religion littérale.

Les avis divergent également en ce qui concerne sa mort : Est-il mortel ou immortel ?

L'Imâm Boukhâri, Allâmah Ibné Taymiyah, Hâfiz Ibné Qayyim, Allâmah Ibné Kathîr, Allâmah Ibné Djauzi, Ibné Qayyim et Qâdhi Abou Bakr Ibné Arabi, entre autres, sont d'avis que « Al Khidr » n'est plus de ce monde. Par contre l'Imâm Qourtoubi, Mouhaddith Ibné Abid Dounyâ et Imâm Djazri prétendent qu'il était encore en vie à l'époque du Prophète Mahomet.

Si on accepte son immortalité, alors il fait partie des quatre prophètes que la tradition islamique identifie en tant qu'étant « vivant » ou « immortel ». Les trois autres étant Idris (Enoch), Ilyas (Élie), et `Isa (Jésus), tous emportés vivants au ciel.

Cependant, selon les traditions, Khidr est soit considéré comme distinct d'Élie, soit considéré comme étant la même personne que lui. Élie est parfois considéré comme le protecteur des voyageurs par voie terrestre et Khidr des voyageurs par voie maritime (mais on trouve aussi l'association inverse).

Selon le poète turc Karacaoglan, Khidr est le gardien des mers et est monté sur un cheval gris, tout comme dans le Livre de Dede Korkut. Ce « coursier gris des mers » rappelle d'ailleurs de façon frappante le fameux Bozé Rawan, le cheval marin de Memê Alan, « le Gris qui va l'amble ». Dans la secte Yarsanite, la légende du « Cavalier au coursier gris, le dompteur du vent » assimile Khidr à Pîr Dawûd qui chevauche le vent et se porte au secours de Pîr Benyamin, en passe de faire naufrage en mer.

Khidr est aussi parfois confondu avec saint Georges. En effet, en Turquie, la fête de Hizir-Ilyas (Khidr - Élie) est célébrée actuellement le 6 mai et elle symbolise le début de l'été, mais jadis elle avait lieu le 29 avril, soit le même jour que la fête de « Georges-Vert » (une fête qu'on retrouve aussi chez les Slaves). Ce Georges-Vert est le saint de la fertilité (probablement un ancien dieu de l'orage). On retrouve encore là l'association entre Khidr et la couleur verte.

Certains prétendent aussi qu'il ne serait autre que Phineas, le petit-fils d'Aaron.

L'origine de la légende de Khidr

La légende d' « Al-Khidr » repose sur la sourate XVIII, « Al Kahf » (la caverne), 69ème dans l'ordre chronologique, dans laquelle il apparait comme un inconnu croisé par Moïse.

En voici le passage fondateur :

60 : ... Il arriva que Moussa (Moïse) dit à son valet au cours d'un voyage : "Tant que je n'aurai pas atteint le confluent des deux mers, je ne cesserai de marcher, dussé-je y mettre des années entières.? "
61 : Ils atteignirent enfin le confluent des deux mers. Entre-temps, comme ils avaient omis d'avoir l'œil à leur poisson, ce dernier avait sauté dans la mer et avait disparu.
62 : Lorsqu'il eurent repris leur route, Moussa dit à son jeune valet : "Ce voyage nous a fatigués. Ne pourrais-tu nous servir à déjeuner ?"
63 : "Te rappelles-tu, lui répondit son disciple, quand nous nous sommes arrêté près du rocher ? Juste à ce moment, je n'ai plus prêté attention au poisson : négligence que le Sheytan à dû m'inspirer. C'est alors que le poisson, chose étonnante, a replongé dans la mer."
64 : "C'est là précisément, dit Moussa, le lieu que je cherchais." Ils retournèrent sur leurs pas.
65 : Ils firent alors la rencontre de l'un de nos serviteurs qui avait été touché de notre grâce et avait été initié à notre sagesse.
66 : "Ne pourrais-tu, lui proposa Moussa, m'agréer pour disciple et m'initier à quelque peu de cette sagesse que tu tiens d'Allah ?"
67 : L'inconnu lui fit observer alors : "Tu ne sauras jamais supporter ma compagnie.
68 : Car comment pourrait-on affronter de sang-froid certaines choses que l'on ne peut s'expliquer ?"
69 : "Tu verras, répondit Moussa ! Je serais toujours d'humeur égale et toujours soumis à tes ordres, si Allah le veut."
70 : "Eh bien ! dit l'étranger, si tu veux être mon disciple, ne me questionne sur aucun fait ! Attends que je t'en parle le premier !"
71 : Ils firent route ensemble. Il arriva qu'ils prirent place à bord d'un vaisseau. L'homme s'empressa d'entailler le flanc du navire. Moussa s'écria, indigné : "L'as-tu ainsi saboté pour noyer l'équipage ? Ton geste est vraiment inqualifiable."
72 : "Ne t'ai-je pas dit que tu perdrais vite ta patience en ma compagnie ?" lui dit l'inconnu.
73 : "Ne m'en veux pas, maître, de mon oubli, fit Moussa, et point ne me soumets à trop rude épreuve."
74 : Sur ce, ils reprirent leur chemin. Ils rencontrèrent un jeune homme. L'inconnu s'empressa de le tuer. "Quoi ? qui donc, sursauta Moussa, tuer ainsi un être innocent et qui n'a point lui-même commis de meurtre ! Ne voilà-t-il pas un acte odieux ?"
75 : "Ne t'avais-je pas dit, dit l'étranger, que tu perdrais vite ta patience à mes côtés ?"
76 : Moussa répondit : "S'il m'arrive encore de te questionner, tu rompras ton lien avec moi. Tu n'as été en vérité que trop patient à mon égard !"
77 : Ils se remirent en route. Ils se trouvèrent bientôt parmi la population d'une cité. Ils demandèrent aux habitants de les héberger. Les deux voyageurs s'aperçurent qu'un mur menaçait ruine ; l'étranger le consolida. Et Moussa alors de s'étonner : "Que ne réclames-tu un juste salaire pour ton travail ?"
78 : "C'est chose faite à présent, répartit l'inconnu, nous nous séparons pour toujours. Je vais seulement t'expliquer ce que tu étais impatient de savoir :
79 : Pour le bateau, il appartenait à de pauvres matelots. J'ai voulu l'endommager eh apparence : me souverain du pays allait bientôt, je le savais, réquisitionner tous les bateaux utilisables.
80 : Quant au jeune homme, sachant que ses parents croyants et d'une grande piété, nous avons cru qu'abusant de leur faiblesse, il ne les entraîne à sa suite dans la révolte et l'impiété.
81 : Nous avons voulu qu'en échange, Allah leur fit don d'un fils plus pur et plus attentionné envers ses parents.
82 : Pour le mur enfin, il était l'héritage des deux orphelins de la ville, et sous le mur, il y avait un trésor leur revenant de droit. Leur père était un homme de bien. Le Seigneur, dans sa bonté, a décrété que, parvenus à l'âge d'hommes, ils pussent eux-mêmes retrouver leur bien. Je n'ai point fait cela de ma propre initiative. Voilà les choses dont tu étais impatient de connaître le sens..."

Bien que ce texte ne donne pas le nom de ce serviteur d'Allah qui rencontre Moïse, les traditions ultérieures lui donneront le nom de « Khidr ».

On notera d'ailleurs que, selon cette sourate, cet homme mystérieux était supérieur en connaissance à Moïse lui-même. Hors, selon l'islam, Moïse avait le rang de prophète.

On remarquera aussi que l'histoire de cet homme mystérieux rencontré par Moïse a été repris par Voltaire qui s'en est servi dans son Roman « Zadig ou la destinée  » : le sage rencontré par Zadig fait devant lui une quantité d'actes étrange en lui interdisant de poser des questions. Il crève la barque d'un brave pécheur qui leur avait offert l'hospitalité, tue un jeune homme sans raison apparente, etc ... Pourtant Voltaire n'aimait guère l'Islam.

De nombreuses traditions ont ensuite brodé sur cette sourate du Coran, afin d'essayer de l'éclaircir.

Ainsi Al-Bokhari et Muslim ont transmis ce hadith, rapporté par Saïd ibn Djubaïr, et qui cite le nom de Khidr :

... Allah révéla à Moussa (Moïse)l’existence d’un serviteur qui se trouvait au confluent des deux fleuves (ou océans) et qui était plus savant que lui. Moussa demanda où il pouvait le trouver et Allah lui dit de prendre un poisson avec lui dans un couffin et l’homme sera là où il allait perdre le poisson.

Moussa mis le poisson dans son couffin et s’en alla en compagnie de son jeune valet Youcha‘ ibn Noûn. A leur arrivée près d’un roc, ils posèrent leurs têtes et s’endormirent. Le poisson, bien que supposé cuit, bougea dans le couffin et tomba dans le fleuve. Il y fila en laissant dans l’eau, comme dans une matière solide, une trace qu’Allah maintint.

Lorsque Moussa s’éveilla, son compagnon oublia de lui dire à propos du poisson et ils continuèrent leur route. Ils marchèrent toute la journée et toute la nuit jusqu’au lendemain lorsque Moussa dit à son compagnon : “ Apporte-nous notre déjeuner, nous sommes fatigués du voyage.” Moussa n’a ressenti la fatigue qu’après avoir dépassé l’endroit qu’Allah lui avait désigné. Le jeune serviteur répondit à Moussa : “ Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j’ai oublié le poisson - le Diable seul m’a fait oublier de te le rappeler - et il a curieusement pris son chemin dans la mer”.

C’était la fuite pour le poisson et l’étonnement pour Moussa (parce qu’il remarqua les traces du poisson dans l’eau). Ils retournèrent sur leurs pas jusqu’à leur arrivée près du roc où ils trouvèrent un homme recouvert de la tête aux pieds d’un habit vert. Moussa le salua mais l’homme qui était Al-Khidr lui répondit : “Est-ce qu’il y a ce genre de salut chez vous ?”

Moussa lui dit : “Je suis Moussa des Bani-Isrâ’îl (les fils d’Israël). Je suis venu pour que tu m’apprennes la sagesse que tu a apprise.” L’homme lui répondit : “ Tu ne pourras pas garder ta patience avec moi!"

Allah exerçait Moussa à la patience parce qu’il allait en avoir souvent besoin avec les Bani-Isrâ’îl (les fils d’Israël). Il répondit : “ Si Allah le veut, tu me trouveras patient; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres.” ...

Khidr et la fontaine de la vie

Cette rencontre entre Moïse et Khidr rappelle une légende talmudique plus ancienne concernant Yochoua Ben Levi (ou Jochanan), un rabbin du 3ème siècle, qui aurait fait un voyage avec le prophète Elie.

Une légende similaire se retrouve également dans les traditions syriaques qui racontent les aventures d'Elie et Moïse. Hors n'oublions pas que Khidr est souvent identifié à Élie.

Selon les premiers historiens islamiques, Khidr aurait été le vizir du roi Dhul-Qarnain, dont le nom signifie « Qui a deux cornes », et qui est identifié à Alexandre le grand. En effet, ce dernier était représenté avec deux cornes sur les pièces de monnaie, pour symboliser qu'il était le fils de Zeus-Ammon.

Al-Qastalani le disait :

Zul-qarnain était un roi appelé Sikandar (Alexandre le grand), dont le wazir (vizir) ou le chancelier était Khidr.
 

Et Al Baizawi indiquait :

Khidr était l'ar-Rumi de Sikandar, roi de Perse et de Grèce.
 

Selon les textes, Khidr était dépeint comme le cuisinier d'Alexandre, son vizir ou son général. Il aurait accompagné le roi dans sa recherche de la « fontaine de la vie », dans le pays des ténèbres, et il serait devenu immortel en y buvant.

Dans la version de Gharnâtî, Alexandre aurait atteint les rivages du pays des ténèbres, à proximité de l'Océan extérieur ou il rencontra Khidr, l'homme vert.

Firdousî donne cette version :

Alexandre se dirigeant vers l'Occident rencontre un vieillard qui lui parle de l'"eau de la vie" ("Abu-Hayat / Ma'ul Hayat ") :
"Ô roi à l'étoile heureuse, ô conquérant des villes ! De l'autre côté de la ville se trouve un bassin d'eau, rempli de la meilleure eau que nous connaissions ; le Soleil brillant se dirige sur ce bassin et disparaît dans les eaux profondes. Derriere cette source, la terre est dans les ténebres, et tout ce que l'on voit dans le monde y est invisible. J'ai entendu sur ces lieux des ténebres des discours infinis ; un homme intelligent et adorateur de dieu dit qu'il s'y trouve une source. Celui qui me parlait, homme de sens et puissant lui donnait le nom de l'eau de la vie ; comment pourrait-il mourir ? cette source sort du paradis, si tu y baignes ton corps, tes péchés disparaissent.

Dans la version de Shah Nama, Alexandre et Khidr recherchent la « fontaine de la vie », qui se situe dans la « Terre des ténèbres » en extrême-occident, au-delà du cours du soleil. Mais seul le dernier trouve la source alors qu'Alexandre s'égare dans les ténèbres.

L'histoire est racontée de nouveau plus en détail par Nizami dans « Iskandar Naama  » : ici Iskandar (Alexandre) apprend d'un vieil homme (Khidr) qu'il existe une contrée obscure, dans laquelle est une eau qui donne la vie. Et la source de ce fleuve de la vie se trouve dans le nord, sous le Pôle. Sur le chemin de la terre obscure, sur chaque parcelle aride, voila que la pluie tombe et que l'herbe pousse car « La trace de Khizr (Khidr) était sur cette route; car en vérité, Khizr lui-même était avec le roi ». Ils atteignent enfin la limite nordique du monde, ou le soleil cesse de se lever, et la terre de l'obscurité apparait devant eux. Là aussi c'est Khizr qui découvre la source et devient immortel alors qu'Alexandre se perd en route.

Nizami interprète la fontaine comme le symbole de la grâce divine, et l'eau de la vie représente la connaissance de Dieu.

Pour lui l'échec d'Alexandre est due à son excès d'ardeur.

Dans la version d'Amir Khusrau, c'est Khizr (Khidr) et Ilyas (Élie) qui recherchent ensembles la « fontaine de la vie ».

Ils s'arrêtent près d'une source pour manger leur repas qui se compose d'un poisson séché ; et voila que celui-là tombe dans l'eau et revient à la vie. Les chercheurs comprennent ainsi qu'ils ont trouvé la « fontaine de la vie », et tous les deux boivent, devenant immortels.

Le Roman d'Alexandre

L'origine de ces histoires sur Khidr et Alexandre doit être recherchée dans le « Roman d'Alexandre  » du Pseudo-Callisthènes, un texte grec plus ancien racontant la vie romancée d'Alexandre le grand.

Ce livre explique qu'Alexandre atteint la Terre des ténèbres lors de sa recherche de l'eau de la vie. Après être passé par la Scythie et avoir presque atteint le bord du monde, Alexandre trouva le pays obscur et l'explora avec son domestique Andreas (dans la version persane du roman, ce domestique sera ensuite identifié avec Khidr). Mais Alexandre ne pourra pas trouver son chemin dans l'obscurité, et seul son domestique pourra boire l'eau de la vie et devenir immortel :

... Comme j'avais faim, je voulus prendre de la nourriture, et après avoir appelé le cuisinier qui s'appelait Andréas, je lui dis : "Prépare-moi la pitance" Il prit alors du poisson séché et alla jusqu'à l'eau limpide de la fontaine pour laver ce mets, mais à peine fut-il plongé dans l'eau, qu'il reprit vie et échappa des mains du cuisinier. Cependant, ce dernier, effrayé, omit de me rapporter l'événement (...) Ce n'est qu'à notre retour que le cuisinier nous raconta ce qui lui était arrivé à la fontaine. Pour moi, quand je l'appris, je fus confondu de chagrin et lui infligeai un châtiment terrible. Il me répondit cependant : "Alexandre, que te servent tes regrets quand l'occasion est passée ?"

Dans la version de Jacob de Serugh (mort en 521), un vieil homme dit à Alexandre de demander à son cuisinier de laver son poisson salé dans l'eau qu'il trouvera. Quand le poisson revient à la vie, le vieil homme explique que le cuisinier a trouvé l'eau de la vie. L'histoire ajoute que le cuisinier sauta dans l'eau pour reprendre le poisson et gagna ainsi l'immortalité.

Curieusement cette source de vie est située en Occident près du grand océan ténébreux, apparemment au détroit de Gibraltar, puisque ce dernier se trouve au confluent des deux mers (cependant on peut aussi considérer que ce confluent des deux mers signifie le lieu où se touchent les océans céleste et terrestre, c'est à dire l'horizon, le bord du monde).

On remarquera que c'est au même endroit, dans l'extrême-occident, à la « bouche des fleuves », au-delà du grand océan empoisonné, que les vieux textes Suméro-Babyloniens situaient la source ou poussait la plante d'immortalité.

Depuis, Khidr parcourt la terre pour enseigner les Secrets aux Prophètes, aux Saints et aux hommes méritants de chaque époque. La Science que le Seigneur a donnée à Khidr est une Science particulière à laquelle les Saints et certains Prophètes n'ont pas accès, c'est pourquoi il a souvent été le Guide Spirituel de plusieurs d'entre eux.

On dit qu'il vit sur une île (selon Al-Tabari, I, 442) ou sur un tapis vert au cœur de la mer (selon Al-Bukhari, Tafsir). Ou alors son royaume est le paradis terrestre de Yuh (qui est un nom du soleil) situé dans le nord lointain. Khidr peut trouver l'eau sous la terre et parle la langue de tous les peuples. D'autres indiquent qu'il peut se rendre invisible à volonté.

On remarquera que la vénération pour Khidr est surtout concentrés dans le Kurdistan et ses environs, c'est à dire dans les régions où l'on trouve les restes de la vieille religion yazdanite (le « culte des anges »). Selon celle-ci, le Dieu unique Hâk, est représenté dans notre monde par 7 archanges qui s'incarnent régulièrement dans des sages et des prophètes afin de guider les hommes. Hors Khidr est parfois considéré comme étant l'un de ces sept archanges. Cela pourrait expliquer comment Khidr pourrait avoir été Élie, Saint Georges, Phineas, Pîr Dawûd et le vizir d'Alexandre.

Source : http://atil.ovh.org/noosphere/khidr.php


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