La légende d'Arthur



La légende arthurienne ne s'est développée que petit à petit, partant de l'histoire pour se diriger vers le légendaire et le merveilleux et en brodant de plus en plus sur la réalité originelle.

Le roi Arthur, un souverain légendaire de la Grande-Bretagne qui a unifié et pacifié son pays, a probablement une origine historique. Il est avant tout le symbole du dirigeant idéal dans une société idéale. De nombreux mythes et récits l'entourent, dont des événements magiques traités avec poésie par plusieurs auteurs médiévaux. Ayant monté sur le trône dans sa jeunesse, Arthur se rendit à Camelot avec son épouse Guenièvre (Guinevere). Là-bas, il fonda sa célèbre Table Ronde avec des chevaliers comme ses neveux Gawain et Lancelot. Ils ont eu des aventures magiques, combattant des chevaliers et des ogres étrangers. Le conseiller d'Arthur était le sorcier Merlin. Après une longue période de paix, Arthur fut trahi par Mordred, son neveu ou son fils illégitime, et tué à la bataille de Camlann.

Bien que les historiens se demandent encore si les récits du roi Arthur ont effectivement une base réelle, pour ceux qui douteraient encore qu'Arthur ait pu être à l'origine un homme historique, il faut savoir qu'en 1998 des archéologues ont trouvé un morceau d'ardoise datant du VIe siècle portant l'inscription de son nom sur son lieu de naissance supposé – Tintagel, en Angleterre.

Sous le château de Tintagel (qui date du XIIIème siècle) il existe les restes d'un château plus ancien dont une pierre portait une inscription latine datant du 6ème siècle ap. J.-C. Cette inscription disait ceci :

PATERN(...) COLIAVI FICIT ARTOGNOU COL(...) FICIT(...)
 

Ce qui se traduit par  :
Arthur, père d'un descendant de Colus, a construit ceci.
 

En spéculant sur les lettres et abréviations effacées, on a proposé cette autre traduction :

Arthur a érigé ceci en mémoire de Colus, son grand-père.
 

Cela confirmerait donc qu'Arthur était bien un personnage historique et que Tintagel était bien une de ses forteresses si ce n'est son véritable lieu de naissance.

Mais si le roi Arthur existait réellement, les légendes de ses incroyables épées seraient-elles également vraies ? Et, dans l'affirmative, cela pourrait-il suggérer que des visiteurs extraterrestres ont effectivement fourni à cet homme des armes qui ne sont pas de ce monde ?

L'épée Excalibur

Excalibur était une épée dotée de pouvoirs magiques. Merlin l'enfonça dans une pierre en prophétisant que seul le vrai roi pourrait la tirer de là. Après que de nombreux célèbres chevaliers eurent essayé de la retirer, Arthur, le fils du roi Uther Pendragon, qui avait grandi dans la clandestinité, y est arrivé. Il est devenu roi de Grande-Bretagne.

Excalibur l'a aidé à défendre son empire et à le protéger des blessures. Dans une bataille, Arthur détruisit son épée, mais celle-ci fut rapportée par la Dame du lac, une fée également connu sous le nom de Viviane ou Nimue (selon les histoires) qui joua plusieurs rôles déterminants dans le conte du roi Arthur.

Mais selon d'autres légendes, le roi Arthur avait en fait deux épées. L'épée plantée dans la pierre, qui a montré qu'il devait être roi, est l'une de ces épées, mais ce n'était pas Excalibur.

Quand on entend cette histoire à propos de cette magnifique épée fichée dans un bloc rocheux avec seulement le manche sorti et que seul le roi Arthur a la capacité de la retirer, on ne peut s'empêcher de penser à un système de sécurité biométrique. Nous avons maintenant des armes à feu où on ne peut tirer que si le manche reconnaît votre empreinte digitale. C'est le même principe avec des téléphones portables qui ne peuvent être déverrouillés qu'avec votre pouce.

Est-il possible que l'épée dans la pierre ait été calibrée spécifiquement à la biométrie du roi Arthur ? Certains pensent que oui. Cela peut sembler fou, mais nous disons simplement que ce que nous découvrons aujourd’hui est une redécouverte de ce qui s’était déjà passé il y a des milliers d’années.

Selon une autre version de la légende du roi Arthur, l’épée qu’il aurait tirée de la pierre n’a jamais été utilisée au combat. Son arme était la légendaire Excalibur. L'épée Excalibur lui est venue de la Dame du Lac, où une main s'est levée et lui a remis une épée magique.

Et selon les anciennes chroniques, cette épée brillait de la lumière de 30 soleils et aveuglait ses ennemis. L'épée du roi Arthur aurait rayonné de foudre et d'énergie lorsqu'il s'est battu contre des monstres. Nous avons donc des épées en tant qu’objets magiques qui font suspecter l’existence d’une technologie mal comprise par les gens de l'époque. Peut-être une technologie venant d'un autre monde (ou de ce monde mais du futur...)

Merlin

Le sorcier Merlin serait né d'une femme mortelle, mais avec un démon incube comme père. Ses premières aventures commencèrent quand les prédictions disaient que la tour du Roi Vortigern, en train de s'effondrer, ne pouvait être sauvée que par un « garçon sans père », qui était vraisemblablement Merlin. Le jeune sorcier a découvert deux dragons sous la tour.

C'est la magie de Merlin qui a conduit à la conception du roi Arthur. Uther Pendragon a pris une potion faite par Merlin pour tromper une femme, Igraine, en lui faisant croire qu'il était son mari. Arthur naquit après leur nuit ensemble et Igraine devint la femme d'Uther.

De nombreuses histoires disent que Merlin était capable de changer de forme, ou simplement de se déguiser. Son autre grand don était celui de la prophétie, et ses prédictions concernant l'avenir se réalisaient toujours.

Dans les récits ultérieurs, Merlin est souvent présenté comme le conseiller d’Arthur plutôt que comme un assistant magique.

L'histoire d'amour de Lady Guenièvre

Le roi Arthur, épousa Guenièvre, fille du roi camélaïde Leodegrance, dans le but de stabiliser son règne sur le plan politique. Cependant, le contraire est arrivé. Elle a malheureusement attiré l'attention romantique du plus grand chevalier de son mari, Lancelot Du Lac.

L’affection amoureuse de Guenièvre et Lancelot a presque commencé dès que Lancelot l’a amenée à Camelot pour qu’elle épouse Arthur. La relation adultère ébranla l'autorité d'Arthur et conduisit finalement au terme du règne d'Arthur.

Quête du Saint Graal

Le Saint Graal est une partie essentielle des histoires et des romans sur le roi Arthur et ses chevaliers. Reflétant des thèmes chrétiens évidents, le Graal serait, dans certains mythes, la coupe que Jésus a bue pendant la Cène. Joseph d’Arimathée aurait peut-être aussi utilisé la même coupe pour recueillir le sang du Christ pendant la crucifixion.

Dans d’autres mythes, le Graal est un bol contenant une eau consacrée. Dans tous les cas, il est la source de la vie éternelle.

Initié par une vision du Graal sur la table ronde d'Arthur ou parfois par une prophétie du sorcier Merlin, les chevaliers ont commencé leur quête peu après. Cependant, seul un chevalier pur et innocent était destiné à le trouver. Dans certaines versions du mythe du Graal, c'est Galahad, le fils de Lancelot, qui trouve le Graal. Selon un autre récit, Percival, également chevalier de la Table royale, est celui qui guérit finalement le roi pêcheur Anfortas, le tuteur malade du Grand Roi, ainsi que de tout le pays.

L'île d'Avalon

L'étude des livres anciens permet de voir comment s'est constitué le cycle arthurien, années après années :

Artemidore (125-27 av. J.-C.) fut le premier à parler de l'île de Seidhum ou Sidum, (Sein) où vivent des sortes de druidesses :

Il y a, dit-il, près de la Britannique, une île où l'on sacrifie à Déméter et à Corè suivant des rites semblables à ceux de la Samothrace...
 

Strabon (58 av. J.-C.-21 ap. J.-C.) décrit également, dans sa "Géographie", cette île d'abondance située au-delà des Celtes Namnètes (région de Nantes) et où ne vivent que des femmes :

Posidonios dit qu'il y a dans l’Océan une petite île, non loin de la mer, située en face de l’embouchure de la Loire. Ce sont des femmes samnites qui l’habitent, elles sont possédées de Dionysos qu’elles apaisent par des cérémonies et des rites sacrés. Aucun homme ne pénètre dans l’île, ce sont les femmes qui font la traversée pour avoir des rapports avec les hommes et s’en retournent ensuite chez elles. Il y a une coutume selon laquelle elles doivent une fois par an démonter le toit du sanctuaire et le refaire le même jour avant le coucher du soleil, chaque femme portant son fardeau. Si l’une d’elles laissent choir sa charge, les autres la mettent en pièces, emportent les morceaux en tournant autour du temple, tout en poussant des cris, et ne s’arrêtant pas tant que ne cesse leur frénésie. Et il arrive toujours que l’une d’entre elles tombe et doive subir ce traitement.
(Ici "Samnites" ne désigne probablement pas des personnes venues du Samnium, mais vient plutôt de "semnanom" qui signifie "femmes" en gaulois. Ou alors il désigne les habitantes de Sein, tout simplement.)

Denys le Périégète (1er siècle ap. J.-C.), dans sa « Description de la terre habitée  » :

Près des îles Britanniques, il est un autre groupe d'îlots, et sur la côte opposée, les femmes des Amnites célèbrent en des transports conformes au rite des fêtes de Bacchos, elles sont couronnées de corymbes de lierre, et c'est pendant la nuit, et de là s'élève un bruit, des sons éclatants.
 

Plus tard, vers 43 ap. J.-C., Pomponius Mela, dans sa "Chorographie" ajoutera ces précisions :

L'île de Sena (Sein), située dans la mer Britannique, en face des Ossismiens, est renommée pour un oracle gaulois, dont les prêtresses, vouées à la virginité perpétuelle, sont au nombre de neuf. Elles sont appelées Gallicènes (gallizènes / Gallisenaes), et on leur attribue le pouvoir singulier de déchaîner les vents et de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir des maux partout ailleurs regardés comme incurables, de connaître, de connaître et de prédire l'avenir, faveurs qu'elles n'accordent néanmoins qu'à ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour les consulter.
(Galli-Sènes signifie probablement les « Gauloises de Sein ». Ou alors "Sènes" signifie « jeunes femmes » en gaulois.)

Avienus (4ème siècle ap. J.-C.) :

Là, au milieu des flots écumants d'une vaste mer, une petite île sort du milieu des eaux : des chœurs nombreux de femmes y célèbrent les fêtes du beau Bacchus ; ces jeux sacrés se prolongent dans la nuit. Elles frappent l'air de leurs cris, et font retentir la terre du bruit répété de leurs pas.
 

De son côté, Pline l'ancien (23-70), dans son « Histoire Naturelle (IV, 95)  » évoquera Avallus, l'île d'où provient l'ambre. Elle se trouvait donc probablement dans la Baltique. Mais une autre île d'Aval existe aussi au nord de la Bretagne.

C'est là le prototype de l'ile d'Avalon / Abalum / Emain Ablach en irlandais / Ynys Afallach en gallois / « l'ile des pommes » au moyen-âge. Cette ile symbolisait pour les celtes le monde des morts.

La Légende de la Table Ronde

Les romans de la table ronde, plus tard, y verront le pays où la fée Morgane (et ses 8 sœurs) règne sur un peuple de femmes (on parle aussi de « Tir nam Bean » = la « Terre des femmes »).

Dans les légendes galloises, cette Morgane est identifiée à la déesse Modron, fille du dieu Avallach et épouse du roi Uryen de Rheged. Elle peut aussi être identifiée à la Muirgen galloise et à la Morrigane irlandaise, déesse de la guerre, du sexe et de la mort.

Mais si la fée Morgane, que l'on trouve dans les romans arthuriens, est dérivée d'une divinité celtique, les autres personnages semblent bien être historiques, ainsi que le prouve l'étude des textes historiques...

Les textes historiques faisant référence au Roi Arthur

En 407 ap. J.-C., l'usurpateur Constantin III s'empare de la Grande-Bretagne et se rend indépendant de l'empire romain. En 410 ap. J.-C. il quitte le pays avec ses légions pour s'emparer de la Gaule et de l'Hispanie. Il sera cependant tué en 411 ap. J.-C. mais l'empire romain ne reprendra plus jamais possession de la Grande-Bretagne et le pays sera laissé à l'abandon.


Les « Annales de Cambrie »

Selon le manuscrit Harleian MS 3859 (une version des « Annales de Cambrie ») c'est alors le chef militaire Coel Hen (Coelius Senior, vers 383-420 ap. J.-C.) qui organise la défense de la Grande-Bretagne contre les attaques des Pictes et des Scotts dans le nord, vers Eburacum (York).

D'autres chefs militaires rassemblent les (Grands-)Bretons dans le sud.

Vers 440 ap. J.-C. (selon les « Annales de Cambrie »), au Manau-Gododdin, régnait Cunedda ap Edern / Cunedag / Cunetacius (vers 386-460 ap. J.-C.). Ce dernier avait épousé la fille de Coel Hen et est ensuite parti s'installer en Vénédotie, au nord du Pays de Galles, pour en chasser les pirates irlandais qui l'avait envahi. Il créera pour ses parents les royaumes de Gwynedd, de Cardigan et de Merioneth.


Getica / L'Histoire des Goths

Selon Jordanes, dans « Getica  » / « L'Histoire des Goths  » (vers 551 ap. J.-C.), un roi breton appelé Riothamus (Riotimus / Rigothamus / Rigotamos = « roi suprême ») serait venu par bateau en Gaule vers 468-469 pour aider l'empereur romain Anthemius aux prises avec les Wizigoths d'Euric. Il aurait mené son armée jusqu'à Bourges mais aurait été vaincu peu après en 469 ap. J.-C. :

Euric, roi des Wisigoths, voyant les Romains changer si souvent d'empereur, s'efforça de soumettre les Gaules à sa domination. A cette nouvelle, l'Empereur Anthemius demanda aussitôt le secours des Bretons. Riotimus, roi de ce peuple, vint sur des vaisseaux par l'Océan avec douze mille hommes, débarqua, et fut reçu dans la cité des Bituriges (Bourges). Euric, roi des Wisigoths, s'avança contre ces ennemis avec une armée innombrable, et après une longue lutte, il vainquit Riotimus, roi des Bretons, avant que les Romains eussent pu opérer leur jonction avec lui. Riotimus perdit une grande partie de son armée ; il prit la fuite avec ceux qui purent survivre, et arriva chez les Burgondes (en Bourgogne), voisins de ces contrées, et alors alliés des Romains. Et Euric, roi des Wisigoths, s'empara de la cité gauloise d'Arverna, car l'empereur Anthémius était mort.

Grégoire de Tours, dans l' « Histoire des Francs  » (vers 550 ap.JC) donne cette précision :

Les Bretons ont été expulsés de Bourges par les Goths, après le massacre de nombreux d'entre eux à Déol...
 

Il est possible que Riothamus corresponde au roi Riatam / Rhiotham de Domnonée (Ricodam fils de Deroch II / Darocus II / Derek II, 435-470 ou 454-520 ou 495-530 ap. J.-C.) qui, selon les textes bretons, serait allé combattre des pillards à Bourges. Il ne s'agit donc apparemment pas du roi Arthur.


Arthwys fils de Mor

Un certain Arthwys fils de Mor, roi d'Ebrauk (Eburacum / York) aurait vécu vers 455-500 ap. J.-C. Il n'a rien à voir avec le Arthur légendaire... mais il est possible que certaines de ses victoires dans le nord aient ensuite été attribuées au Arthur légendaire.


Décadence et conquête de la Bretagne

Selon Gildas le sage (Saint Gweltaz, 493-570 ap. J.-C.) dans « De excidio et conquestu britanniae  » (vers 540 ap. J.-C.) , le « fier tyran Gurthrigern » (Vortigern) aurait appelé les Saxons en (Grande-)Bretagne, et ceux-ci en auraient profité pour commencer la conquête du pays :

Ensuite, tous les conseillers, ainsi que le fier tyran Gurthrigern (Vortigern), roi des (Grands-)Bretons, étaient tellement aveuglés, que, pour la protection de leur pays, ils scellèrent son destin en invitant au milieu d'eux, comme des loups dans la bergerie, les Saxons féroces et impies.

Mais ensuite, un chef breton du nom d'Aurelius Ambrosius (Emrys Wledic / Emreis Gwledig = « Ambroise chef de la nation ») les aurait arrêté au mont Bodonicus (Badon / Bath / Badbury) vers 496 ap. J.-C. :

Ambrosius Aurelianus devint leur chef. C'était un homme vertueux, le seul des Romains à avoir, par hasard, survécu au choc d'une telle tempête : ses parents qui avaient aussi portés la pourpre avaient sans doute été tués. De nos jours, ses descendants ont beaucoup dégénéré de la vertu de leurs aïeux. Sous son commandement, les Bretons reprennent des forces et provoquent les vainqueurs au combat. Dieu les approuve, aussi ont-ils la victoire.

A partir de là ce sont tantôt nos compatriotes, tantôt les ennemis qui l'emportent [...]. Ceci dura jusqu'à l'année du siège du mont Badon, le dernier massacre peut être des brigands, mais non le moindre. Ceci se passait, à ma connaissance, il y a quarante-trois ans et un mois passés. C'était aussi l'année de ma naissance.
(De excidio et conquestu britannia XXV, 3 - XXVI, 1)      


Les cinq tyrans de grande Bretagne

Saint Gildas cite également cinq tyrans qui régnaient sur la Grande Bretagne vers 540 ap. J.-C. :
- Constantin (Cystennin) de Domnonée / Devon.
- Aurelius Caninus (Aurelius Conanus / Cynan Wledig = Conomor de Domnonées 540-555 ou Cyngen Glodrydd de Powys 500-530 ?).
- Vortipor (Gwrtefyr 515-540 = Vortigern ou son fils Vortimor ?) de Démétie / Dyfed.
- Maglocunus (Maelgwn / Mailcun 480-547 ap. J.-C.) de Gwynedd, mort de la peste jaune en 547 selon les annales de Cambrie (ou en 549 selon les Annales des pâques galloises).
- Cuneglasus / Cunoglassus (Cynglas Goch), l'ours ... qui conduit le char du « receptaculum ursi » (« état, repaire ou fort de l'Ours » = Din-Arth / Dineirth au Ceredigion).

Ce dernier se faisait appeler « l'ours » (comme son père), ce qui le rapproche du roi « Arthur » dont le nom, justement, signifie « ours ». Le père de Cynglas était Owein Ddantgwyn (Owein aux dents blanches) de Rhôs (480-517 ap. J.-C.) qui fut assassiné par son neveu Maelgwyn / Maelgwn, ce qui fait penser également à Arthur qui fut tué par son neveu Mordret / Maelwas. Le grand-père de Cynglas était un fils de Cunedda : Einion Yrth (Engenius le terrible, 460-480) de Gwynedd, dont le nom fait penser à « Uther », le père d'Arthur.


Arthwyr fils de Pedr

Vers 585 ap. J.-C. serait né un certain Arthwyr fils de Pedr, roi du Dyfed. Mais il n'a probablement rien à voir avec le grand Arthur légendaire.


Y Gododdin

Aneirin (vers 575-600 ap.JC), dans son poème « Y Gododdin  » (qui célèbre les guerriers morts à la bataille de Caireth / Catraeth en 570), mentionne pour la 1ère fois un homme appelé Arthur, et qui paraît être un guerrier célèbre :

Il (Gwawrddur) nourrissait les corbeaux sur les murs de la forteresse, bien qu'il ne soit pas Arthur.
  (Y Gododdin 99)

Il mentionne aussi pour la 1ère fois un homme appelé Merlin :

Trois poils de sanglier, voués à la destruction, Morien emporté avec sa lance, Myrddin (Merlin) avec sa chanson, partagea la meilleure part de sa richesse, de notre force et de notre soutien.
  (Y Gododdin 43)

Cependant ce poème pourrait dater plutôt du IXème siècle.


Marwnad Cynddylan

Le poème « Marwnad Cynddylan  » a été écrit peu de temps après la mort du roi Cynddylan en 656. On y trouve également une comparaison avec un certain Arthur, qui semble très connu pour sa puissance :

C’était mieux lorsqu’ils étaient les jeunes garnements du grand Arthur, la puissante forteresse. Devant Lichfield, ils se sont battus.
 

Mais ce poème n'est connu que par un écrit de 1631.


Athrwys

Vers 618-685 ap. J.-C. vivait un certain Athrwys, roi du Gwent et du Glywysing, et fils de Meurig du Gwent. Il régnait à Caerleon mais n'avait probablement aucun rapport avec le grand Arthur légendaire.


Vita Columbae

Adomnan (624-704), dans la « Vita Columbae  », mentionne aussi un grand guerrier du nom d'Arturius / Artuir, fils d'Aedan mac Gabran du Dalriada (un allié de Gwendoleu). Il aurait été tué par les Pictes à Tigernach, en 596. Son histoire n'a donc rien à voir avec celle du grand Arthur des légendes.


Historia Ecclesiastica gentis anglorum

Selon Bède le vénérable (672-735) vers 731 ap. JC, dans « Historia Ecclesiastica gentis anglorum  », Ambrosius Aurelianus, déjà cité par Gildas, était un empereur (au sens politique du terme) et on le surnommait « le dernier romain ». Il aurait effectivement battu les saxons au mont Badon :

À cette époque, leur général et leur chef était Ambrosius, aussi appelé Aurelianus ; il était d'origine romaine ; c'était un homme courageux et modéré. De son temps les Bretons reprirent courage ; il les exhorta à combattre et leur promit la victoire. Avec l'aide de Dieu, ils l'obtinrent ; ils remportèrent quelques succès, jusqu'à l'année où eut lieu le combat du Mont Badon.

La bataille de Badon serait datée de vers 493-496, 44 ans après l'arrivée des Saxons en (Grande-)Bretagne (vers 449-452), à l'appel de Vurtigern. Ce Vurtigern / Vurtigirnus (Vortigern = « grand chef ») a du régner vers 425-457 ap. JC.


Historia Britonum

Selon le Gallois Nennius (Ninnyaw) vers 828, dans « Historia Britonum  », Gwrtheyrn / Guortigirn / Gwrteneu (Vortigern) aurait rencontré un enfant sans père (ou fils d'un consul romain) appelé Ambrosius (Embreiss Guletic / Emrys Gwledig = « Ambroise le chef ») originaire du Glewissing (Glamorgan). Il n'est pas dit explicitement si ce personnage était le même qu'Ambrosius Aurelianus, mais il est expliqué qu'il se serait querellé avec un certain Vitalinus / Guithelinus / Guitolin(i) :

Et à partir du début du règne de Guorthigirnus (Vortigern) jusqu'à la discorde entre Guitolinus (Vitalinus) et Ambrosius on compte 12 ans. Et ce fut Guoloppum, la bataille de Guoloph (Wallop).
 

Le problème est que Vitalinus était le grand-père de Vortigern. Il est donc difficile d'en faire le contemporain d'Ambrosius. Voici, en effet, la généalogie de Vortigern selon Nennius (Historia Britonum  49) :

Ceci est la généalogie de Vortigern, qui remonte à Fernvail, qui a régné dans le royaume de Guorthegirnaim, et était le fils de Teudor ; Teudor était le fils de Pascent ; Pascent de Guoidcant ; Guoidcant de Moriud ; Moriud de Eltat ; Eltat de Eldoc ; Eldoc de Paul ; Paul de Meuprit ; Meuprit de Braciat ; Braciat de Pascent ; Pascent de Guorthegirn Guortheneu (Vortigern Vorteneu) ; Guorthegirn Guortheneu (Vortigern Vorteneu) de Guitaul (Vitalus) ; Guitaul (Vitalus) de Guitolion (Vitalinus) ; Guitolion (Vitalinus) de Gloui. Bonus, Paul, Mauron et Guotelin étaient quatre frères qui ont construit Gloiuda, une grande ville sur les rives de la rivière Severn, et en britannique elle est appelée Cair Gloui, Gloucester en saxon.

L'enfant appelé Ambrosius était un prophète : En voyant un dragon rouge et un dragon blanc se battre, il en déduira le déroulement des guerres entre Bretons et Anglo-Saxons. Par la suite Vortigern sera battu par les Saxons, et il s'enfuira pour échapper à une révolte de ses sujets. Il périra le cœur éclaté, ou alors englouti par la terre lors de l'incendie de son château...

Encore une fois Vortigern s'est ignominieusement éloigné de Saint-Germain vers le royaume de Dimetae, où, sur la rivière Towy, il a construit un château, qu'il nomma Cair Guothergirn (« Forteresse de Vortigen »). Le saint, comme d'habitude, l'y suivit et, avec son clergé, a jeûné et a prié pendant trois jours le Seigneur, et autant de nuits. Le troisième soir, à la troisième heure, le feu tomba subitement du ciel, et brûla totalement le château. de Vortigern. La fille d'Hengist, ses autres épouses, et tous les habitants, hommes et femmes, ont alors misérablement péri : telle fut la fin de ce malheureux roi, que nous trouvons écrite dans la vie de saint Germain.
D'autres nous assurent que, étant détesté par tout le peuple de Grande-Bretagne pour avoir reçu les Saxons, et étant publiquement accusé par Saint Germain et le clergé, à la vue de Dieu, il pris la fuite, et qu'il déserta et vagabonda, cherchant un lieu de refuge, jusqu'à ce que le cœur éclaté, il eût une fin ignominieuse.
Certains affirment que la terre s'ouvrit et l'engloutit, et que dans la nuit son château a complètement brûlé ; car aucun restes n'ont été découverts le lendemain matin, ni de lui, ni de ceux qui ont été brûlés avec lui.

En tout cas il disparaitra et on ne le retrouvera plus, et il sera remplacé par Ambrosius, « le grand roi parmi les grands rois ».

Il est cependant possible que Vortigern se soit réfugié en Bretagne armoricaine où il sera connu en tant que « Saint Gurthiern ». Selon la tradition, ce Gurthiern était un prince de Cornouailles (ou de Cambrie ?) qui fut chassé de son pays natal pour avoir tué son neveu. Il devint ermite en Bretagne armoricaine et créa un monastère sur l'île de Groix près de l'embouchure du Blavet, près de Anaurot / Kimper-ellé / Quimperlé, vers l'an 500.


Nennius

Nennius cite également le célèbre barde Taliesin (534-599), un ami de Merlin :

À cette époque, Talhaiarn Tataguen (Talhaearn Tad Awen) était célèbre en poésie, et Neirin (Aneirin) et Taliesin et Bluchbardd et Cian, connu sous le nom de Guenith Guaut, étaient tous en même temps célèbres par leurs vers.
 

Nennius parle aussi d'Arthur qui n'est pas un roi mais un « dux bellorum » (chef de guerre) et il décrit ses 12 victoires :

C'est alors que le grand Arthur, avec tous les rois et les forces militaires de la Grande-Bretagne, ont lutté contre les Saxons. Et même s'il y avait beaucoup plus noble que lui, il fut pourtant douze fois choisi comme leur commandant, et fut le plus souvent vainqueur. La première bataille dans laquelle il s'est engagé, a été à l'embouchure de la rivière Gleni (Glein = Glem, dans le Lincolnshire ou dans la partie nord du Northumberland). Les deuxième, troisième, quatrième et cinquième, ont été sur une autre rivière, appelée par les Bretons Duglas (ou Dubglas = La Dunglas dans le sud du Lothian ou la Duglas dans le Lancashire), dans la région de Linuis / Linnius (Lindsey ? Lincoln ?). La sixième, sur la rivière Bassas (la Lusas dans le Hampshire ?). Le septième dans le bois de Célidon / Kellydon, que les Britanniques appellent Cat Coit Célidon (la forêt calédonienne). La huitième était près du fort de Gurnion / Guinnion, (Garionetum dans le Norfolk) où Arthur a porté l'image de la Vierge Sainte, Mère de Dieu, sur ses épaules (ou sur son bouclier), et par la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ et de la Sainte Vierge Marie, les Saxons furent mis en fuite, et il les poursuivit toute la journée avec un grand carnage. La neuvième était à la Cité de la Légion (Exeter ou Chester), qui est appelée Cair Lion (Caer Leon). La dixième était sur les rives de la rivière Tribuit / Trywrwyd / Trat Treuroit (ou Ribroit, la Brue, dans le comté de Somerset, ou la Ribble dans le Lancashire). La onzième était sur la montagne Agned / Breguoin, que nous appelons Cat Bregion (ou Agned Cathregonion = Cadbury, dans le Somerset, ou Edimbourg). La douzième fut une lutte plus sévère, lorsque Arthur a avancé sur le Mont Badon (Bath). E n un seul jour, par une seule charge d'Arthur, 960 (ou 940) guerriers y tombèrent, et personne d'autre que le Seigneur ne lui prêta assistance. De toutes les batailles les Bretons sortirent vainqueurs.

Ici c'est donc à Arthur qu'est attribuée la victoire du mont Badon en 516.

Nennius raconte aussi qu'Arthur aurait vaincu le géant du Mont Saint Michel ainsi que Ritta (Ritta Gawr / Riton) un autre géant qui s'amusait à couper la barbe des rois.

A cause de sa passion pour la guerre, Arthur aurait été appelé « Mab Utr » en gallois et « Filius horribilis » en latin, c'est à dire « Fils terrible ». Plus tard on traduira par erreur « Mab Utr » par « Fils d'Uter ». Il est donc possible que Uter, père d'Arthur, soit un homme dont le nom repose sur une erreur de traduction.


Mirabilis

Selon Nennius, dans « Mirabilis  », Arthur avait un fils appelé Amhar / Anir qu'il aurait tué :

Là il y a un tombeau près d'une source nommée Licat Amr ; et tel est le nom de l'homme qui est enterré dessous : Amr. C'était le fils d'Arthur le guerrier, et Arthur lui-même l'a tué et enseveli à cet endroit.
 

Une addition à Nennius raconte aussi que Cabal, le chien d'Arthur, a laissé l'empreinte de sa patte sur le Cairn Cabal alors qu'il chassait le merveilleux sanglier Troit (Twrch Trwyth / Porc Trwyd / porcum Terit).


La Tour de verre

A noter que Nennius, dans son « Historia Britonum  », parle également d'une tour de verre sur un île. Il s'agit la d'une mythique « île de l'au-delà » correspondant à Avalon :

Ils aperçurent alors sur la mer une tour de verre. Ils voyaient sur la tour des êtres qui ressemblaient à des hommes. Ils leurs adressèrent la parole sans jamais obtenir de réponse. Après s'être préparés pendant un an à l'attaque de cette tour, ils partirent avec tous leurs navires et toutes leurs femmes. Il ne resta en arrière qu'un seul navire qui avait fait naufrage avec son équipage. Quand l'expédition débarqua sur le rivage entourant la tour, la mer s'éleva au-dessus d'eux, et ils périrent tous engloutis par les flots. Des 30 hommes et 30 femmes dont le navire avait fait naufrage descend la population qui habite aujourd'hui l'Irlande...

Ce passage est manifestement inspiré du « Livre des Conquêtes  » des Irlandais, ouvrage qui cite aussi « Tor-iniz », l'île de la tour.


Bataille de Camlann

Les « Annales de Cambrie  » (datant d'aprés 956) citent la victoire d'Arthur au mont Badon et sa mort lors de la bataille de Camlann (= la rivière Camel en Cornouailles ?) contre Medraut :

516 : La Bataille de Badon, durant laquelle Arthur porta la croix de notre seigneur Jésus-Christ pendant 3 jours et 3 nuits et où les Bretons furent victorieux...
537 : La Bataille de Camlann, durant laquelle Arthur et Medraut moururent, et il y eut la peste en Bretagne et en Irlande.

Selon les annales irlandaises de Tigermach, la bataille de Camlann aurait plutôt eu lieu en 541.

Ces annales font cependant bien la différence entre Medraut et Maelgwn, dont nous avions déja parlé :

547 : La peste, par laquelle Maelgwn, roi de Gwynedd, est mort. Ainsi les gens disent : « C'est le long sommeil de Maelgwn dans la cour de Rhos ». C'est la peste jaune.
 


Preiddann Annwfn

Au 9-10ème siècle, le poème « Preiddann Annwfn  / Preiddeu Annwn  » (« le Sac de l'Au-Delà  »), attribué à Taliésin, raconte comment Arthur a traversé la mer avec ses guerriers pour aller dans le monde de l'au-dela (Annwfn = Abime)... mais seulement sept hommes en reviendront vivants :

Dans le navire Prytwen (Pridwen), trois fois plein, nous y allâmes.
Mais seulement sept personnes revinrent de Kaer Sidhi ("château des fées")

 

A noter que l'Annwfn est aussi appelé ici la « Tour de verre » :

... car éloignés de Kaer Wydr' (Chaer wydyr = Tour de verre) ils n'ont pu voir les prouesses d'Arthur
Trois fois vingt centaines d'hommes se tenaient sur les murs
et il était difficile d'approcher ces sentinelles.

 

Le but d'Arthur était de délivrer Gweir mab Gwystyl (Gwair ap Geirioed = « Otage ») prisonnier dans l'Annwfn. (On notera que Lundy, une petite île au large des côtes de Cornouailles est connue comme « Ynys Weir », c'est à dire « l'île de Gweir ».)

Total était l'emprisonnement de Gwair à Kaer Sidhi
A cause de la vengeance de Pwyll et de Pryderi.
Personne avant lui n'avait pu pénétrer dans la Cité.
Une lourde chaîne bleue retenait le courageux jeune homme
Qui chantait tristement parmi les dépouilles de l'Annwfn.

Lors de cette expédition, Llyminawc (Lleenleawg / Lluch Lleawg, appelé Llemenig dans les « Triades de l'île de Bretagne ») vola l'épée Kaledfwlch pour Arthur :

Une épée brillante et meurtrière avait été tendue vers lui
et dans la main de Llyminawc elle fut laissée.

 

Il semble aussi que Bedwyr (?) s'empara alors du chaudron d'abondance :

A Kaer Pedryfan, la citadelle aux quatre enceintes,
Ce fut la première parole exprimée sur le chaudron.
Celui-ci était doucement chauffé par l'haleine de neuf vierges.
N'est-ce pas le chaudron du Maître de l'Annwfn ?

Ces neuf vierges font penser aux neuf druidesses de l'île de Sein ainsi qu'à Morgane et ses 8 sœurs.

Et cette histoire d'un raid sur une île rappelle l'expédition de Bran en Irlande pour récupérer sa sœur Branwen et un chaudron de résurrection (selon le « Maginogi de Branwen »). La aussi il n'y a que sept hommes qui en revinrent vivants, dont Taliesin.


Mabinogion de Kulhwch et Olwen

Vers la fin du Xème ou XIème siècle (?) le « Mabinogion de Kulhwch et Olwen » montre le roi Arthur entouré de ses chevaliers : Kaw (Cei / Keu / Caius), Bedwyr (Bedivere, un roi de Glywysing au pays de Galles), Gwalchmei (Gauvain / Gwaltafwyn roi du Gododdin, 510-560), Llenlleawg (Llwch Llawwynnawc / Llyminawc / Lluch Lleawg / Llemenig = Lancelot ?), Hueil (le frère de Gildas), Karadawc (Caradoc), ainsi que Taleesin Pennbeirdd (Taliessin chef des bardes). Il y a aussi Sandde Bryd-angel, Morvran ab Tegitet et Kynnwyl Sant (le portier Glewtlwyt Gavaelvawr / Glewlwyt Gafaelfawr), qui furent les seuls survivants de la bataille de Camlann.

Toute cette troupe se lancera dans la quête d'objets merveilleux, parmi lesquels on trouve le chaudron de Diwrnach en Irlande, et le sanglier blanc immortel Troit / Twrch / Tourc'h. Ils seront aidés par Gwynn ap Nudd (Gwen fils de Nudd) qui est le gardien de l'au-delà (Annwfn). On peut peut-être l'identifier à un autre seigneur de l'au-dela : Afallach, lui aussi fils de Nudd / Ludd.

La femme d'Arthur apparait ici pour la première fois, elle porte le nom de Gwenhwyvar (« Blanche-fée » = Guenièvre). L'épée d'Arthur porte le nom de « Kaledvwlch » (« Dure-entaille ») et il est dit qu'elle a été prise par Llenlleawg.

Ce texte dit aussi que Kaw et Bedwyr ont délivré Mabon (= le dieu gaulois Maponos), fils de Modron (= la déesse gauloise Matrona, peut-être idenbtifiable à Morgane) qui était prisonnier sur l'île de Caer Loyw (Kair Glou / Kaer Gloui / Gloucester / « Ville de lumière »).

Dans la version du Mabinogion trouvée dans le « Llyfr Gwyn Rhydderch » (« Livre blanc de Rhydderch ») il est également expliqué que le chevalier Hueil aurait poignardé son neveu Gwydre mab Llwydeu (Gwydre ap Llwydeu), ce qui lui aurait valu la haine d'Arthur.


Vita Kentigerni

Selon le moine Jocelyn (au XIème siècle), dans « Vita Kentigerni », Saint Kentigern (mort en 603 ou 612) aurait rencontré un certain Merlin Lailoken (Vyrdin / Lallogan / Llallawc = « le jumeau ») vivant dans les bois :

A l'époque où St Kentigern allait dans le désert, il arriva qu'un jour, alors qu'il était en prière dans un bois solitaire, un fou nu, velu et complètement démuni, s'est précipité sauvagement vers lui. Il était connu sous le nom de Laïloken, et certains disent qu'il avait été Merlin, le prophète extraordinaire des (Grands) Bretons, mais ce n'est pas certain.

Celui-ci était devenu fou lors d'une bataille « dans la plaine située entre Liddel et Carwannok ». Cet homme sera tué plus tard par les bergers du roi Meldred (d'une triple mort, comme il l'avait prophétisé).

Le texte écossais « Lailoken et Meldred » (XVème siècle) précise que ces bergers avaient été envoyés par la femme de Meldred. Celle-ci voulait se venger de Lailoken qui avait révélé son infidèlité. La tombe de Lailoken serait située près du village de Drummelzier :

... À ces mots, sa femme fait irruption avec des torrents de larmes, et parce qu'elle n'avait pas obtenu ce qu'elle voulait, elle a commencé secrètement à préméditer la mort de Lailoken. Puis, quelques années après, le jour où il avait été fortifié avec le saint viatique, Lailoken était en train de traverser la plaine près du château de Dunmeller, au coucher du soleil. Il a été aperçu par plusieurs bergers qui avaient été mis sur sa trace par cette femme diabolique. Comme il l'avait prédit et comme il a été raconté ci-dessus, ainsi fut accomplie sa fin. Il est dit que le roi a ramené son cadavre inanimé pour l'enterrer en cet endroit qu'il avait choisi de son vivant. Maintenant, à quelques trente miles de la ville de Glasgow, dans sa plaine, Lailoken est enterré. Percé par un pieu, attaqué par une pierre et par l'eau, Merlin est dit avoir rencontré une triple mort.

Ce Merlin Lailoken (vers 540-584 ?) doit être identifié avec le barde de Gwennolus (Gwendoleu 560-573) roi de Galloway. Il serait devenu fou lorsque Gwendoleu a été tué à la bataille d'Arderyd (Arthuret) vers 533 ou 576. Selon les annales de Cambrie cette bataille aurait eu lieu en 573 :

573 : La bataille d'Arfderydd entre le fils (Peledur) d'Eliffer et Gwenddolau (Guendoleu) fils de Ceidio (Keidiae), pendant laquelle Gwenddolau fut tué et Merlinus devint fou.

Mais ce Merlin n'avait aucun rapport avec celui qui accompagnait le roi Arthur. On peut cependant le rapprocher de Suibhne, le roi du Dál Araidhe qui, selon le texte irlandais « Buile Suibne », serait devenu fou lors de la bataille de Mag Roth en 637 et se retira dans les bois.


Vita Gildae

Le livre « Vita Gildae  » (écrit par Caradoc de Llancarfan, vers 1102 ou 1130-1150) dit que Gildas le sage était le fils de Caunos (Kaw), le roi du Strathclyde, et que ses frères étaient Cuillus, le « grand chien des plaines » (Cuillus Hueil / Cueill), Mailocus (Meilic mab Kaw), Allecus et Egreas. Arthur aurait exilé son père Kaw et décapité son frère Hueil à cause de ses pillages. Pourtant, Gildas se serait quand même réconcilié avec Arthur :

Hueil, le frère aîné, était un guerrier actif et le soldat le plus distingué, soumis à aucun roi, pas même à Arthur. Il a harcelé ce dernier, et à provoqué sa colère. Il venait souvent attaquer, à partir de l'Ecosse, pour incendier, et piller en cherchant la victoire et la renommée. En conséquence, le roi de toute la Bretagne, en apprenant que des jeunes fougueux avait fait de telles choses et continuaient à faire des choses semblables, les a poursuivi. Dans cette poursuite hostile, il leurs a fait la guerre jusque sur l'île de Minau (Man), et a tué le jeune pilleur. Après sa victoire, Arthur se réjouissait fort d'avoir surmonté ses plus braves ennemis. Gildas, l'historien des Bretons, qui séjournait en Irlande, dirigeait des études et prêchait dans la ville d'Armagh, et il a appris que son frère avait été tué par le roi Arthur. Il fut affligé en entendant ces nouvelles, a pleuré et s'est lamenté, comme un frère très cher envers un frère très cher. Il pria chaque jour pour l'esprit de son frère, et, en plus, il pris l'habitude de prier aussi pour Arthur, le persécuteur et le meurtrier de son frère, accomplissant ainsi le commandement apostolique, qui dit : « Aimez ceux qui vous persécutent, et faites du bien à ceux qui vous haïssent ».

Cependant une chronique galloise (écrite par Elis Gruffudd vers 1552) prétend que Huail (Hueil) aurait été tué par Arthur non pas à cause de ses pillages mais à cause d'une affaire de femme.

Gildas aurait également assisté à une expédition menée par l'armée du « tyran » Arthur pour délivrer sa femme Guennuvar, prisonnière de Maelwas (Medraut) à Glastonbury :

Gildas a quitté l'île, embarqué sur un petit bateau, et, dans la douleur, s'est rendu en Glastonia, au moment où le roi Melvas régnait sur le pays de l'été (Sommerset) .... Glastonia, c'est la ville vitreuse (Urbs Vitrea), qui doit son nom au verre, c'est une ville dont l'origine du nom vient de la langue anglaise. Elle fut assiégée par le tyran Arthur avec une grande armée, à cause de sa femme Guennevar / Gwenhwyfar, que le méchant roi susdit avait violé et enlevé.

Il l'avait amené là pour la conserver dans cet asile invulnérable en raison de sa position au milieu des bosquets du roseau, des rivières et des marais. Arthur, le roi rebelle, avait cherché sa reine pendant toute la durée d'un an, avant d'apprendre enfin qu'elle était gardée là-bas. Là-dessus, il excitait les armées de Cornubia (Cornouaille) et Dibneria (Dyvneint = Domnonée / Devon), la guerre étant préparée entre les ennemis.

Quand il vit cela, l'abbé de Glastonia, en présence du clergé et de Gildas le Sage, est intervenu entre les armées belligérantes, et d'une manière pacifique il a conseillé à son roi, Melvas, de libérer la dame enlevée. En conséquence, celle qui devait être libérée, a été libérée dans la paix et la bonne volonté.

On remarquera qu'ici il n'est plus dit que Maelwas et Arthur se sont entretués pendant la bataille de Camlann. On remarquera aussi que, dans un passage, Arthur est appelé « ursus », c'est à dire « ours » en latin. Hors il semble bien que son nom venait de « artu » qui signifie « ours » en celtique.

Cependant un autre texte sur Gildas, écrit par Vitalis vers 1060, n'opposait pas ce saint à Arthur mais à Conomor / Cynmawr, roi des deux Domnonées, vers 520-555 ou 540-555.

Caradoc explique également l'origine du nom de la ville de Glastonbury, dans le Somerset :

Glastonia était jadis appelée Ynis-Gutrin, et est toujours appelé ainsi par les Britannique. "Ynis" dans la langue britannique c'est "insula" (île) en latin, et "gutrin" signifie "en verre". Mais après la venue des Anglais et l'expulsion des Britanniques, qui sont les Gallois, elle a reçu un nouveau nom, Glastigberi, selon la forme du premier nom. De l'anglais Glass ("verre'' = "vitrum" en latin) et de "Béria" qui signifie "ville", puis Glastinberia, c'est la ville de verre.

En fait la ville de Glastonbury est utilisée ici à cause d'une erreur d'étymologie : son nom est faussement traduit par « Ville de verre » afin de l'identifier à la « Tour de verre » qui se trouve en Avalon, le pays des morts. Glastonbury / Glaestingburgh ne signifie pas « Ville de verre » mais « Ville du clan Glaesting ».


Vie de Saint Cadoc

Le texte « Vie de Saint Cadoc  » (par Lifris / Llefris de Llancarfan, vers 1105) cite le roi Arthur mais en le décrivant comme un tyran peu sympathique. Il aurait convoité Gwladys, la mère de saint Cadoc (qui était semble-t-il un de ses conseillers), et ce sont ses compagnons Kay et Bedwyr qui le retiendront :

Trois champions vigoureux, Arthur, avec ses deux chevaliers, à savoir, Cai et Bedwyr, étaient assis en haut de la colline, jouant aux dés. Voyant le roi avec une fille qui les approchait, Arthur fut immédiatement très enflammé de désirs pour elle et, rempli de mauvaises pensées, il dit à ses compagnons : « Sachez que je suis enflammé de concupiscence pour cette jeune fille que ce soldat emporte à cheval ». Mais ils s'y opposèrent en disant : « Un si grand crime ne doit pas être commis par toi, car nous sommes habitués à secourir les demoiselles en détresse ».

Arthur aurait également condamné l'abbaye de Llancarfan à lui remettre un troupeau de boeufs pour la punir d'avoir donné asile à un certain Ligessauc fils de Eliman (surnommé aussi Llaw Hir) qui avait tué trois de ses hommes.

Le texte raconte aussi que Saint Cadoc aurait arrêté une attaque de son pays par le roi Maelgwn, déjà cité.


Vie de Saint Carannog

Le texte « Vie de Saint Carannog  » (vers 1100, par Lifris ?) raconte qu'Arthur n'a permis au Saint de récupérer son autel miraculeux qu'en échange d'un service : il a demandé à Carannog de délivrer le pays d'un dragon.

Ici cependant Arthur est dit régner conjointement avec un certain Cato / Cadwy :

En ces temps Cadwy et Arthur régnaient dans ce pays, qui demeure en Din Draithov.
 

Ce Cadwy correspond certainement au roi Cado de Domnonée (Cador / Cadorius, 482-537) qui était le fils de Geraint de Domnonée (Gerren Llyngesoc). Le texte « Kulwch et Olwen » l'appelle Cadiuy vab Gereint, et le livre « Vie de saint Guaiolc  » le connait sous le nom de Cathovius. D'autres traditions l'appellent Kadwr de Cornouailles et affirment qu'il était le père de Guenièvre, la femme d'Arthur. Cadwy était un descendant de Coel Hen et, selon la tradition, Arthur était le cousin de son père. Sa capitale était Cadbury, la « Ville de Cado » (= Camelot ?).

Quand à sa forteresse de Din Draithov, elle correspond peut-être à Dunster au Somerset. Ou à Cair Draithov, citée par Nennius, ou à Din Tredâi en Cornouailles.


Vie de Saint Padarn

Le texte « Vie de Saint Patern  / Padarn  » (vers 1100) prétend que le « tyran » Arthur aurait tenté de s'emparer de la tunique-relique que ce saint avait reçu du patriarche de Jérusalem :

Alors que Padarn était au repos dans son église, après tant de labeur en mer, un certain tyran, Arthur de son nom, traversa la région de part en part et, un jour, est venu à la cellule de l'évêque saint Padarn. Et tandis qu'il s'adressait à Padarn, il regarda sa tunique. La sienne étant percée à cause de son avarice, il l'a voulu pour lui-même. La réponse du Saint fut : « Cette tunique ne sied pas aux personnes méchantes, mais aux hommes du clergé ». Arthur sortit du monastère en colère. Et, dans sa colère, il pensait qu'il pourrait voler la tunique malgré les conseils de ses propres compagnons. Un des disciples de Padarn, le voyant revenir en furie, courut à Saint Padarn et dit : « Le tyran, qui était sorti d'ici, est de retour. Injuriant, il nivelle le sol avec ses pieds ». Padarn répondit : « Non, c'est plutôt la terre qui pourrait l'avaler ». A ce mot, aussitôt, la terre s'ouvre dans sa profondeur, et avale Arthur jusqu'à son menton. Immédiatement celui-ci reconnait sa culpabilité et commence à louanger Dieu et Padarn, jusqu'à ce que, alors qu'il demandait pardon, la terre accepte de le libérer. En ce lieu, les genoux pliés, il supplia le saint de lui accorder son indulgence, et le saint lui a pardonné.

Saint Padarn aurait manqué également d'être détroussé par Maelgwn, roi des Bretons du nord.


Vie de Saint Eflamm

Le texte « Vie de Saint Eflamm  » (vers 1100) dit que ce saint aurait aidé Arthur à vaincre un dragon au Mont Saint Michel.


Artusius et Galvanus

Vers 1100, à Modène et Padoue, les noms de « Artusius » et « Galvanus » deviennent à la mode. Cela indique que les textes parlant d'Arthur sont alors connus en Italie et qu'ils y ont du succès.


De Miraculis S.Mariae Laudunensis

Selon Herman de Laon, dans son livre « De Miraculis S.Mariae Laudunensis  » (vers 1146), le siège et le four d'Arthur étaient montrés en Cornouailles aux « touristes » en 1113.


Gesta Regum Anglorum

Selon Guillaume de Malmesbury (1095-1143), dans « Gesta Regum Anglorum  » (vers 1125 ou 1135), c'est bien Arthur, qui aurait vaincu les anglo-saxons au mont Badon. Comme, selon lui, Arthur aurait été le général de l'armée d'Ambroise (Ambrosius Aurelianus), cela pourrait expliquer pourquoi la victoire du mont Badon est parfois attribuée à Ambroise, et parfois à Arthur.

Comme on ignore l'emplacement de la tombe d'Arthur, Guillaume ajoute que certains croient qu'il reviendra un jour :

...Le tombeau d'Arthur ne se trouve nulle part, et c'est pourquoi les anciennes ballades rêvent qu'il va revenir...
 

Divers chevaliers d'Arthur sont évoqués : Walgainus (Gauvain), Eventus (Yvain) et Hiderus (Yder / Edern), ainsi que Caliburnus, l'épée d'Arthur. Guillaume prétend également qu'on aurait retrouvé la tombe de Walwen / Walvin (Gauvain, un des hommes d'Arthur) au pays de Galles en 1086-1087.


Antiquitate glasteniensis ecclesiae

Dans son livre « Antiquitate glasteniensis ecclesiae  » (vers 1129 -1139), Guillaume de Malmesbury (vers 1096-1143) traduit encore Glasenbury par « Ville de verre » (ou « Ynis-Gutrin / Ynys-Vitryn », l'ile de verre), essayant de l'identifier lui aussi avec l'Insula Avallonia (Ile d'Avalon). Mais il explique également qu'elle doit son nom à son fondateur : Glast / Glasten (le codex d'Oxford l'appelle « Glas fils d'Elnaw », un descendant de Cunedda) vers 470 ou 485 ap. J.-C. Ce Glast a donné également son nom à la dynastie des Glaestings et au pays de Glastening (Somerset).

Ce Glast semble cependant un homme bien peu historique. La légende dit qu'il avait fondé la ville là où il aurait retrouvé, sous un pommier, sa truie en fuite. Hors il existe le même mythe en Irlande : Dans le « Livre d'Armagh » (vers 807) on cite le porcher Cas fils de Glas, et dans le « Glossaire de Cormac » (Xème siècle), le porcher Glas fils de Cas qui aurait fondé la ville de Glassdimbir là où ses porcs s'étaient arrêtés sous un pommier.

Guillaume raconte aussi qu'un certain Avaloc / Afallawc serait venu s'installer dans la région de Glasenbury ou d'Avalon avec ses filles. Hors dans des livres ultérieurs on racontera que la fée Morgane et ses sœurs étaient les filles d'Evalach / Avallach / Afallach et qu'elles régnaient sur Avalon (Ynys Afallach). Cet Afallach serait le fils ou le petit-fils de Llud (= Nudd = le dieu irlandais Nuada). Selon la triade 70 des « Trioedd Ynys Prydain » (« Triades de l'ile de Bretagne ») il est le père de Modron, la Grande Déesse Mère (= La déesse gauloise « Matrona » = Les trois « Matres », déesses-mères et fées).


Artus de Bretania

En Italie, dans la cathédrale de Modène (vers 1099-1120 ou 1140 ?), une sculpture représente le siège du château de Meleagant (Mordret / Maelwas) et du géant Carado par l'armée d'Arthur. Les noms des personnages sont écrits et on y trouve : Artus de Bretania (Arthur), Isdernus (Yder / Edern / Aeternus), Che (Kaï / Keu / Caius), Galvaginus (Gauvain), Galvariun (Gauvarien / Galeshin), Burmaltus (Burmald), Mardoc (Malduc) et Winlogée (Guenièvre / Jennifer, femme d'Arthur, appelée Winlogen / Winlowen en Bretagne armoricaine).


Historia regum britanniae

Vers 1132-1138, le Gallois Geoffroy de Monmouth (Galfridus Monumutensis / Gaufridi de Monemuta) explique, dans « Historia regum britanniae  », que les Bretons du sud auraient élu comme chef, après le départ des Romains, un certain Constantin le béni (Cystennin Vendigeit). Ce dernier correspondait peut-être à Constantin de Domnonée (mais il a pu aussi être confondu avec Constantin III, le légionnaire qui s'était emparé du pouvoir en Grande-Bretagne, Gaule et Ibérie et avait fait sécession de l'empire romain entre 407 et 411).

Son fils Constans / Constant lui succédera mais sera assassiné par le fameux Vortigern (Wertegirn / Gwrtheyrn / Guothigern) qui usurpera le pouvoir. Ambrosius Aurelianus (Ambroise Aurélien) et Uter Pandragon (Uthyr Penndrogn = « Uter le chef des troupes »), les frères de Constant, s'enfuiront alors en Bretagne armoricaine chez le roi Budic (Beidawg, fils d'Emyr Llydawg d'Armorique ?) ... ou même jusqu'à Bourges. (ce qui fait que certains pensent qu'Aurelius Ambrosius ne ferait qu'un avec Rhiothamus.)

Là aussi intervient l'enfant prophète que Vortigern avait rencontré. Il était originaire de Camarthen dans le Dyved et était le fils d'une vierge, fille du roi de Démétie (Dyved) et d'un incube (démon masculin). Son nom complet était Ambrosius Merlinus... c'est à dire Merlin. Ce Merlin aidera ensuite Aurelius Ambrosius (Ambrosius Aurelianus, 458-471) et Uther Pendragon (= « Uther tête de dragon » ou « Terrible chef des troupes », 471-473 ?) à renverser Vortigern et à prendre le pouvoir. Merlin aidera aussi Uther Pendragon à faire un enfant (le futur Arthur) avec Ygerne / (Eigyr / Ingerna), la femme de Gorlois de Tintagel.

Arthur / Artorius est probablement né vers 457 ap.JC. Son nom signifie « l'ours ». Il a succédé à son père vers 473 ap. J.-C. et a participé à la bataille de Carohaise / Carhaix en Bretagne armoricaine, contre les wizigoths.

On apprend par Geoffroy que la résidence d'Arthur était Carleon (Caer-Leon) dans le pays de Galles, que son épée s'appelait « Caliburn (Caliburnus) », sa lance « Ron », et son écu « Prydwen » (auparavant ce nom était attribué à son bateau). Parmi ses hommes apparaissent le connétable Bédivère et le sénéchal Kay qui l'accompagnent lors de son combat contre le géant du Mont St Michel.

Cadwy est également cité (sous le nom de duc Cador de Cornubia / Cadorius de Cornouailles) mais ici il ne règne plus conjointement avec Arthur (comme dans la « Vie de Saint Carannog  ») : il n'est que le général de ses armées. (Un texte gallois l'appelle Kadwr jarl de Kernyw / Kador duc de Cornouailles, et porte-épée d'Arthur.). Il est le fils de Gorlois de Tintagel (ou de Cornouailles), et est donc ainsi le demi-frère d'Arthur.

Finalement Arthur sera tué à la bataille de Camlann contre Mordred (l'amant de sa femme Guanhumara : Guennuera / Guenhuuara) / Gwenhwyvar / Guenièvre) :

C'est dans cette même bataille que notre illustre roi Arthur fut mortellement blessé ; il fut alors transporté dans l'île d'Avallon pour y soigner ses blessures. Arthur abandonna la couronne de Bretagne à son parent Constantin, qui était le fils de Cador, duc de Cornouailles. C'était en l'an 542 ap. J.-C. Que l'âme de notre roi repose en paix !...

Selon Geoffroy, dans sa « Vita Merlini  », Arthur sera emporté par Taliesin sur l'ile d'Avalon (Insula Avalonsis / Ynys Afallon) qu'on appelle Fortunée et dont le roi est Afallach, pour être guéri par Morgen / Morgan / Morgain. Il s'agit là de Morgane, dont c'est la 1ère apparition.

Apparemment elle est ici confondue avec Modron, la fille d'Avallach, que les Triades galloises disent être la femme d'Urien de Rheged et la mère de Owain (Yvain). Cette Morgane avait 8 sœurs : Moronoe, Mazoe, Gliten, Glitonea, Gliton, Tyronoe, Thiton et Thiten ... celà fait penser aux 9 druidesses de l'île de Sein :

...C’est là que, selon leur douce loi neuf sœurs rendent la justice à ceux qui vont vers elles depuis nos régions : l'aînée des neufs est particulièrement compétente dans l'art de guérir et surpasse ses sœurs par son exceptionnelle beauté ; elle a pour nom Morgane et a étudié les vertus médicinales de toutes les plantes pour soulager les corps souffrants ; elle est aussi passée maîtresse dans l'art fameux de la métamorphose et dans celui de fendre les airs de ses ailes neuves, comme Dédale : quand elle le veut, elle peut se trouver à Brest, à Chartres ou à Pavie ; quand elle le veut, elle se pose sur nos rivages ; on dit qu'elle a appris les mathématiques à ses sœurs : Moronoe, Mazoe, Gliten, Glitonea, Gliton, Tyronoe, Thiten et Thiton, qui se distingue à la cithare.
C'est là-bas qu'après la bataille de Camblan nous avons conduit Arthur blessé sous la conduite de Barinthus qui connaissait les mers et les étoiles...

D'autres sources parlent de seulement trois fées sur l'île d'Avalon : Morgane, Maurgause et Hélène. On a donc probablement affaire à une triple triade : Morgane-Moronoe-Mazoe, Gliten-Glitonea-Gliton et Tyronoe-Thiton-Thiten.

Geoffroy de Monmouth parle aussi de Guithelinus, évêque de Gloucester puis archevêque de Londres. Ce dernier est le Vitalinus qui, selon Nennius, se serait querellé avec Ambrosius (Merlin Ambrosius ou Aurelius Ambrosius ?). Cependant il est dit ici que ce Guithelinus aurait protégé Aurelius Ambrosius et Uther Pendragon.

C'est lui aussi qui serait parti rechercher des renforts en (Petite)-Bretagne contre les barbares :

Là-dessus, après une consultation de l'assemblée, Guethelinus, archevêque de Londres, est passé en Petite-Bretagne, appelée alors Aremorica... des navires étant obtenus en prêt, des hommes choisis dans toutes les parties du royaume ont été livrés à Guethelinus.
(Historia Regum Britanniae VI, 4)

Le problème est que, selon l' « Historia Regum Britannia VI, 6  », Guithelinus / Vitalinus était déjà mort avant que Vortigern (son petit-fils ?) s'empare du pouvoir :

Vortigern, consul des Gewisséens, qui était lui-même très avide de la couronne, est allé attaquer Constans (...) l'archevêque Guithelinus était alors décédé.
 

(A noter que la pierre tombale de ce Guithelinus / Vitalinus nous est parvenue. Elle porte l'inscription suivante : « Vitaliani Emerto »).

Si Aurelius Ambrosius était le contemporain de Guithelinus / Vitalinus, il ne pouvait donc pas être en même temps le contemporain de Vortigern, venu plus tard. A moins qu'Aurelius Ambrosius ne doive être identifié à Saint Ambroise, gouverneur des Gaules au IVème siècle... donc plus ancien que Vortigern ? Mais dans ce cas comment Ambroise aurait-il pu se quereller avec Vitalinus 12 ans après l'avènement de Vortigern et être un contemporain de la bataille de Badon vers 496 ap. J.C. ?

Devant toutes ces contradictions, certains se demandent si, finalement, Vitalinus et Vortigern ne pourraient pas être une seule et unique personne.


Prophéties de Merlin

Vers 1134, Geoffroy de Monmouth écrit les « Prophetiae Merlini  » (Prophéties de Merlin).


Vita Merlini

Vers 1148 ou 1151 Geoffroy de Monmouth, dans « Vita Merlini  », identifie Ambrosius Merlinus à Merlin Lailoken, le fou rencontré par saint Kentigern. Geoffroy raconte qu'il était roi de Démétie (Dyved) et qu'il est devenu fou lors de la bataille où Peredur de Venedotie (Goddodyn) et Rodarch de Cambrie (Rhydderch Hen de Strathclyde 560-601) ont tué Guennolaus de Scotie (Gwenddolau / Gwendoleu de Galloway 560 - 573). Merlinus est alors parti vivre en ermite dans la forêt de Caledonia (Kalydon dans le sud de l'Écosse) :

... une folie étrange fut sur lui. Il s'éloigna et s'enfuit dans les bois, ne voulant plus rien voir du cours des choses. Dans la forêt, il est allé, heureux d'être caché sous les frênes. Il a regardé les créatures sauvages dans les clairières. Parfois, il les suivait, parfois il les dépassait dans sa course. Il se nourrissait de racines de plantes et d'herbes, de fruits des arbres et des mûres des taillis. Il est devenu un homme des bois, comme s'il était voué à la forêt. Donc, pour tout un été, il est resté caché dans les bois, découvert par personne, oublieux de lui-même et des siens, caché comme un être sauvage.

Il délaissa sa femme Guendoloena (Gwendolyn) mais resta en correspondance avec sa sœur Ganieda (Gwendydd) qui deviendra une prophétesse comme lui. Son élève était le célèbre barde Thelgesinus (Taliesin) qui avait étudié en Bretagne armoricaine à l'ermitage de Gildas et avait même rapporté des nouvelles de la mystérieuse île des pommes (insula pomorum) gouvernée par Morgen (Morgan / Morgane / Morgain) et ses 8 sœurs.


Les deux Merlin

Selon Robert de Thorigny (1110-1186) il y avait bien deux personnages appelés Merlin :
- Merlinus Ambrosius (= Merlin Ambroise, l'enfant prophète).
- Merlinus sylvester (= Merlin des bois, le fou Lailoken).


Livre noir de Camarthen

Vers 1150-1225 ou 1200-1250 est écrit le poème « Yr Afallenau  » (« Les pommiers ») inséré dans le « Livre noir de Camarthen  ». Ce texte est attribué à Myrddin (Merlinus Caledonensis / Merlin Sylvestris / Merlin-Lailoken / Llallawg / Llallogan) le fou qui s'est réfugié dans la forêt de Kelyddon aprés la bataille d'Arderyd.

Extraits :
... J'avais coutume de prendre ma nourriture à tes pieds pour plaire à une belle fille.
Alors que, mon bouclier sur l'épaule, mon glaive sur la cuisse,
Je dormais seul dans la forêt de Kelyddon.
(...)
Après Gwendoleu, aucun prince ne m'honore plus ;
Je n'ai plus aucun divertissement, aucune visite de ma belle.
Pourlant, à la bataille d'Ârderyd je portais un collier d'or,
Et maintenant je suis méprisé par celle qui est blanche comme un cygne...


Roman de Brut

Vers 1137 ou 1155, le Trouvère Normand Robert Wace (1110-1175) écrit le « Roman de Brut  » (adaptation française du « Historia regum Britanniae  » de Geoffroy de Monmouth) où il montre Arthur qui tente de conquérir La Gaule et Rome. Il introduit Caliborne (Excalibur), l'épée d'Arthur, et parle d'une table ronde et d'une association de chevaliers (le prototype des chevaliers de la table ronde) à Carlion. Il explique aussi qu'Arthur attend en Avalon le jour ou il pourra revenir délivrer son peuple des Anglo-Saxons.

Ce livre introduira la tradition courtoise dans les romans parlant d'Arthur.

A noter que Wace évoque la forêt de Brocéliande sous le nom de « Brecheliant ».


Rigaut de Barbezieux et le Graal

Vers 1140 -1163, le troubadour Rigaut de Barbezieux est le premier à parler du Graal dans un poème :

De même que Persavaus (Perceval), du temps où il vivait, fut si troublé par sa contemplation que jamais il ne sut demander à quoi servaient la lance et le grazaus (graal), de même en est-il de moi, Mieux que Dame, quand je vois votre gracieuse personne.

On notera que ce Perceval n'est autre que Peredur, roi d'Ebrauc (Eburacum / York) vers 560-580 et un des vainqueurs de Gwenddoleu (le maître de Merlin-Lailoken).


Le Cath Pallug

Vers 1163-1166, une mosaïque de la cathédrale Santa Maria Annunciata d'Otrante représente Arthur combattant le Chapalu, un chat monstrueux.

Le « Pa-gur » (chapitre XXXI du « Livre Noir de Camarthen  » 1150-1225) prétend cependant que c'est Cai (Kaï) qui a battu le « Cath Pallug / Pen Palach » ainsi que 9 sorcières (celles de Caer Loyw ?)

La Triade n°63 du « Livre rouge de Hergest  » (1375-1425) dit qu'il s'appelait le « Cath Paluc », qu'il fut enfanté par la truie blanche Henwen, et qu'il ravageait l'île de Môn / Anglesey.


Personnage de Tristan

Vers 1160-1170, Béroul, Eihart von Oberge puis Frère Robert introduisent le personnage de Drostan / Tristan dans les romans arthuriens.

Selon la triade des porchers (triade n°23 du manuscrit MS.Peniarth 54), ce Tristan aurait empêché Arthur, Marchell, Kaï et Bedwyr de lui voler ses porcs :

... Trystan fils d'Tallwch, qui gardait les porcs de March, fils de Meirchiawn, tandis que le porcher était parti à cause d'un message d'Essyllt (Yseult) pour la rencontrer. Arthur, Marchell, Cei et Bedwyr étaient la tous les quatre mais ils n'ont pas réussi à s'emparer d'un seul porc, ni par la force, ni par la tromperie, ni par la ruse.

Il s'agit bien d'un personnage historique car sa pierre tombale a été retrouvée. Celle-ci indique qu'il était Drustanus, fils de Cunomarus (Conomor, roi des deux Domnonées, 520-555 ou 540-555). Par contre sa romance avec Yseut est la reprise d'une légende irlandaise.


Lai de Lanval

Vers 1160-1175, dans le « Lai de Lanval  », Marie de France décrit pour la première fois Guenièvre, femme d'Arthur, comme une séductrice et une intrigante.


Commentaire

Vers 1174-1179, Alain de Lille écrit un commentaire sur les « Prophéties de Merlin  ».


Tristan et Yseut

Vers 1170-1189, Marie de France développe les personnages de Tristan et Yseut, et Thomas d'Angleterre joint à leurs aventures un épisode arthurien tiré de l' « Historia regnum Britanniae  » (l'épisode du géant coupeur de barbes).


Destruction de livres

Giraldus Cambrensis (Giraud de Cambrie / Gerald de Galles / Gerallt Gymro, 1146-1223) affirme que Gildas le sage (saint Gweltaz, 493-570 ap.JC) a détruit « un certain nombre de livres remarquables » louant Arthur, après avoir appris que celui-ci avait tué son frère, le pillard Hueil, sur l'ile de Man.


Le début des fictions

Ensuite Chrétien de Troyes (1135-1185) passera de l'histoire à la fiction en s'inspirant de Rigaut de Barbezieux et en ajoutant de nombreux chevaliers dans ses romans arthuriens. Ces chevaliers combattent à la place d'Arthur, celui-ci occupant un rôle de plus en plus passif.

Quand à Merlin, Chrétien de Troyes semble l'avoir oublié dans ses textes :


Erec et Enide

Vers 1170, Chrétien de Troyes écrit « Erec et Enide  » : De nombreux nouveaux personnages apparaissent autour du roi Arthur (dont la cour est, ici, à Caradigan / Cardigan). Ce sont souvent des héros (ou mêmes des divinités) tirées d'autres contes celtiques :
Girflet fils de Do (= Gilvaethwy fils de la déesse Don dans le « Mabinogion »).
Yder fils de Nut, amant de la reine = Edeyrn fils de Nudd dans le conte gallois de « Kulhwch et Olwen » = le dieu Nuada en Irlande = Saint Edern en Bretagne Armoricaine.
Guigomar, seigneur de l'ile d'Avalon et amant de la fée Morgue (= Guyomard, amant de Morgane = Guingamor, amant d'une fée selon le conte armoricain « La chasse au blanc porc »).
Maheloas seigneur de l'Ile de verre (= Maelwas de la « Ville de verre »)
Morgue la fée guérisseuse (= Morgane, qui apparait ici pour le première fois en tant que soeur d'Arthur).

Ce roman d' « Erec (Guerec) et Enide » s'inspire probablement du livre gallois « Geraint et Enid  », dans lequel Arthur apparait avec le titre d'amherawdyr, c'est à dire de chef d'armée ou d'empereur au sens militaire. Le prince Geraint (Gerontius) de Devon, bien que vivant au VIIIème siècle, a été intégré parmi les personnages des romans arthuriens.


Lancelot, le chevalier à la charrette

Vers 1176-1183, Chrétien de Troyes écrit « Lancelot, le chevalier à la charrette  » (Roman inachevé) : Pour la 1ère fois il est dit qu'Arthur siège à Camelot (= Cadbury, dans le Somerset, prés du village de Camel ?... ou Camulodunum / Colchester dans l'Essex ?). Sa femme Guenièvre a été enlevée par Meleagant de Bath au Somerset, seigneur du royaume de Voirre (= Maelwas de la « Ville de verre » au Somerset). Lancelot qui est amoureux d'elle ira la délivrer avec Gauvain.

Godefroi de Leigni écrira une suite à ce texte, et il fera de Bath la capitale du Royaume de Gorre ... c'est à dire du « Royaume de verre » puisque « Gutr » signifie « verre ».


Yvain, le chevalier au lion

Vers 1178-1181, Chrétien de Troyes écrit « Yvain, le chevalier au lion  ».

Cet Yvain, fils d'Urien et de Morgane, n'est autre que Owein / Ewen (590-595) fils d'Urien de Rheged (570-590) et père de Saint Kentigern de Glasgow (vers 540-612). Urien et Owein étaient des personnages historiques et le célèbre barde Taliesin était à leur service. Selon la triade galloise 70, la mère d'Owein était Modron fille d'Avallach. Cela prouve donc bien que Modron est le nom gallois de Morgane.

Chrétien de Troyes cite la forêt de Brocéliande et sa fontaine de Barenton dans ce livre.

On notera qu'il existe une version galloise de cette histoire : « Owein ou La dame à la fontaine  ».


Les contes du Graal et autres romans

Perceval / Le conte del Graal

Vers 1181-1191, Chrétien de Troyes écrit "Perceval / Le conte del Graal" (Roman inachevé).

Il prétendait que son roman s'inspirait d'un texte que lui avait remis le comte Philippe de Flandre.

Ce livre parle d'UN graal, d'une lance qui saigne, d'un tailloir en argent, et du roi pêcheur (ou méhaigné / blessé). Ce Graal, concept repris à Rigaut de Barbezieux, est alors représenté comme un plat sur lequel est posée l'hostie servant à maintenir en vie le roi pêcheur.

D'ailleurs, les plus anciennes représentations graphiques du Graal, au XIIIème siècle (- voir ici -) lui donnent la forme d'un plat (peut-être une sorte d'écuelle très large comme en utilisaient les Gallois). "Graal", "grasal" ou "gradal" ("gréaux" au pluriel) désigne alors une sorte de large plat creux à viande :

« ... un valet de chambre vint, qui tenait une lance brillante, empoignée par le milieu. Il passa à côté du feu et de ceux qui étaient assis. Il coulait une goutte de sang de la pointe du fer de lance et jusqu'à la main du valet coulait cette goutte vermeille. Le jeune hôte (Perceval) voit la merveille et se roidit pour n'en point demander le sens. C'est qu'il se souvient des paroles de son maître en chevalerie. Ne lui a-t-il pas enseigné que jamais il ne faut trop parler ? Poser des questions c'est une vilenie. Il ne dit mot.
Deux valets s'en viennent alors, tenant en main des chandeliers d'or fin œuvré en nielle. Très beaux hommes étaient ces valets qui portaient les chandeliers. A chaque chandelier brûlaient dix chandelles à tout le moins. Une demoiselle très belle, et élancée et bien parée qui avec les valets venait, tenait un graal entre ses mains. Quand en la salle elle fut entrée avec le Graal qu'elle tenait, une si grande lumière en vint que les chandelles en perdirent leur clarté comme les étoiles quand se lève le soleil ou la lune. Derrière elle une autre pucelle apportait un plat d'argent. Le Graal qui allait devant était fait de l'or le plus pur. Des pierres y étaient serties, pierres de maintes espèces, des plus riches et des plus précieuses qui soient en la mer ou sur terre. »

Dans ce roman, l'épée escalibor est portée par Gawain (Gauvain) :

« A sa ceinture était accrochée Excalibor, la plus belle épée qui existe, tranchant autant le fer que le bois. »


l'Estoire dou Graal

Robert de Boron écrit "Joseph d'Arimathie" vers 1160 -1170 (?), puis l'"Estoire dou Graal" vers 1186, ou il reparle de Merlin (celui qui est né d'une vierge). C'est lui qui confie Arthur enfant à Antor. C'est lui aussi qui dirige la table ronde et envoi les chevaliers chercher le Graal en Avalon. Cette fois le Graal est décrit comme étant l'écuelle ou le calice de la Cène, dans lequel Joseph d'Arimathie aurait recueilli le sang du Christ. Seul Galaad, le fils de Lancelot, arrivera à voir ce qu'il y a dedans.

Dans ce livre est introduit le personnage de Blaise qui est le confesseur de la mère de Merlin.


Didot-Perceval

Vers 1190 -1199 ou 1212, Robert de Boron écrit le "Didot-Perceval" ou il est affirmé que le père de Merlin était un enquibède (incube). Il est dit aussi qu'à la fin de sa vie Merlin s'est retire du monde avec son maitre l'ermite Blaise (Bleidd en gallois et Bleiz en breton = "loup". Ce nom vient probablement du loup gris qui accompagnait Merlin dans sa retraite forestière selon la "Vita Merlinis"). C'est ce Blaise qui a écrit les textes que lui dictait Merlin.

On apprend que le roi pêcheur serait Bron, le grand-père de Perceval et qu'il était tombé en léthargie car son petit-fils s'était assis sur le "siège périlleux", commettant ainsi un sacrilège .

On apprend aussi qu'après sa mort, Arthur a été emporté sur l'ile d'Avalon par Morgane (il aurait été tué à 76 ans à la bataille de Camlann) :

« La bataille a duré un temps très long et beaucoup de bons chevaliers y sont morts, mais de tout ceux qui y sont décédé le livre ne parle pas, mais je peux vous dire en vérité que Mordret a été tué là-bas ainsi que le roi des Saxons qui lui avait donné refuge. Et le roi Arthur a été également blessé mortellement, car il a été transpercé dans la poitrine par une lance, et alors on a fait une grande lamentation autour de lui. Et Arthur a dit: 'Cessez vos larmes car je ne mourrai pas. Je vais partir à Avalon pour que mes blessures soient soignées par Morgain, ma sœur'. Ainsi, Arthur est parti en Avalon et il dit à son peuple qu'il fallait l'attendre car il reviendrait. »


La découverte de la tombe du Roi Arthur

En 1191, une tombe aurait été retrouvée à Glastonbury et on l'identifia comme étant celle d'Arthur et de sa femme Guenièvre (nouvelle tentative pour identifier Glastonbury / Glassenbury avec Avalon et au "royaume de verre"). En fait cette pseudo-découverte permettait surtout au roi d'Angleterre de montrer aux Gallois qu'Arthur était bien mort et qu'il ne reviendrait jamais chasser les Anglais de leur ile. On prétend que l'épitaphe disait ceci :

« Ici gît le célèbre roi Arthur, enseveli avec Wenneveria (Guenièvre), sa seconde femme, dans l'île d'Avalonia. »


Le Livre rouge de Hergest

Vers 1160 - 1200, le "Breuddwyd Rhonabwy" ("Le rêve de Rhonabwy") inséré dans le "Livre rouge de Hergest", décrit Arthur jouant au jeu de jeu de Gwyddbwyll avec Owain mab Urien (Yvain). L'épée d'Arthur est décrite mais son nom n'est pas indiqué.

« Puis ils ont entendu Cadwr comte de Cornouailles see faire convoquer, et l'ont vu se lever avec l'épée d'Arthur dans sa main, avec un ornement représentant deux chimères sur le pommeau d'or... »


Lanzelet

Vers 1193, Ulrich von Zatzikhoven écrit "Lanzelet", adaptation d'un "livre francais" que lui a montré Hugues de Morville. Ici, le roi Arthur n'est plus évoqué. On apprend que la "Dame du Lac" a enlevé Lancelot enfant pour l'élever dans un château sous-marin où elle règne sur 10000 femmes. Plus tard elle le chargera d'aller défendre son fils Mabuz. Ce dernier peut être identifié à Mabon fils de Modron ... hors on pense souvent que Modron serait elle-même identifiable à Morgane.


Conte del Graal

Vers 1195 et 1200, le pseudo-Wauchier écrit une première continuation au "Conte del Graal" de Chrétien de Troyes, où il explique que le Graal est une sorte de corne d'abondance.


Lai du cor

Vers 1200, Robert Biket. écrit le "Lai du cor", où l'on voit une coupe magique démontrer que, parmi tous les chevaliers d'Arthur, seul Garadue (Caradoc) a une femme fidèle.


La fée Argante

Layamon écrit sa version du "Roman de Brut" (vers 1203) ou il donne le nom d'Argante à la fée qui soigne Arthur en Avalon.


Le Graal assimilé à la pierre philosophale

Vers 1203 - 1204, Wolfram von Eschenbach écrit "Parzival", œuvre qu'il prétend inspirée d'un auteur provençal appelé "Kyot" (Guiot). Dedans il explique que le Graal a été taillé dans une émeraude tombée du front de Lucifer. Cette pierre porte le nom de "Lapsit exillis", ce qui peut signifier "Lapis coelis" (pierre venu du ciel) ou "Lapis Elixir" (ce qui peut désigner la pierre philosophale). Cette pierre fournit la "nourriture spirituelle" et permet de prolonger la vie :

« C'est par la vertu de cette pierre que le phénix se consume et devient cendres, mais il renait de ses cendres. C'est grace à cette pierre que le phénix accomplit sa mue pour resplendir ensuite aussi beau qu'auparavant. » (Allusion à la résurrection de Jésus).

Selon Wolfram von Eschenbach, le Graal est gardé par les Templiers à Munsalwäsche / Montsalvage. En fait ces prétendus "Templiers" sont plus exactement des "Templistes" (Templeise) si on traduit correctement le mot allemand. Et le Montsalvage est le "Mont sauvage" et non pas le Montségur des Cathares.

Dans ce texte (où certains croient voir une influence manichéenne), la messagère du Graal est la sorcière Kundry. Quand à la fée "Terdelaschoye" du pays de "Feimurgan", ce n'est autre que la "fée Morgane" de la "Terre de la joie".


Suite de Conte del Graal

Vers 1205 - 1210, Wauchier de Denain écrit une 2ème continuation au "Conte del Graal" de Chrétien de Troyes, où l'on voit Perceval rencontrer la "fille à l'échiquier", la messagère du Graal. (On remarque une influence manichéenne dans ce texte).


Tristan et Iseult

Vers 1205-1210, Gottfried von Strassburg écrit "Tristan und Isolde".


La Demoiselle à la mule

Vers 1190 - 1210 (ou 1210 - 1220) , Païen de Maisières écrit "La Demoiselle à la mule / La Mule sans frein", un roman dont le chevalier Gauvain est le héros. La "Demoiselle à la mule" de ce récit n'est autre que la messagère du Graal.


Roman de Yder

Vers 1210, dans le "Roman de Yder", il est dit que Yder (Ysdernus / Edern fils du dieu Nudd / Saint Edern) est l'amant de la reine Guenloïe, femme d'Arthur.


Le chevalier a deux épées

Vers 1200-1230 est écrit "Meriadeuc ou le Chevalier as deus espees".


Li Hauz Livres du Graal

Vers 1191 - 1212, des Clunisiens écrivent "Perlesvaut" ou "Li Hauz Livres du Graal", qui présente une suite assez spéciale aux aventures de Lancelot. Au cours d’une messe, le Graal y apparaît « en cinq formes différentes que l’on ne doit pas dire, car il ne faut pas dire les choses secrètes des sacrements ».

Quand à Arthur, il a ici un fils, Lohot (Loholt), qui sera tué par Kay.


Autre suite du Conte del Graal

Vers 1215 - 1225, Manessier écrit une 3ème continuation au "Conte del Graal" de Chrétien de Troyes. Celle-ci termine la 2ème continuation de Wauchier. (On remarque une influence manichéenne dans ce texte).


Encore une autre suite

Vers 1226 - 1230, Gerbert de Montreuil écrit une quatrième continuation au "Conte del Graal" de Chrétien de Troyes.


Vengeance Raguidel

Raoul de Houdenc / Houdan (1165-1230) écrit la "Vengeance Raguidel" et "Méraugis de Portlesguez".


Vulgate Lancelot

Vers 1225 -1228 est écrite la "Vulgate Lancelot / Lancelot en prose / Lancelot-Graal" qui regroupe l'"Estoire del Saint-Graal", "l'Estoire de Merlin / Vulgate Merlin", le "Livre d'Artus", "Lancelot du Lac", "La quête du Saint Graal" et "La mort le roi Artu".

Ce cycle est un monument de 8000 pages, écrit en français vulgaire et non en latin. Il est parfois considéré comme la traduction en prose d'un original latin du à Gautier Map (1137-1209). Mais c'est plus probablement une œuvre collective faisant la synthèse de tous les romans arthuriens antérieurs.

On y découvre Galaad, le fils de Lancelot, et on y retrouve le chevalier Girflet fils de Do, c'est à dire le gallois Gilvaethwy fils de Dôn (= la déesse irlandaise Dana) ainsi que le chapalu, un chat monstrueux qu'Arthur tue prés de Genève.

Merlin y réapparait également (le fils du diable et d'une vierge). Dans sa prophétie, le combat des deux dragons ne symbolise plus la victoire des Anglo-Saxons sur les Bretons mais celle d'Uther sur Vortigern. On apprend que Uther est né à Bourges et qu'il a combattu le roi Claudas de Bourges (ce qui pourrait le faire identifier à Riothamus). Plus tard, Merlin fait couronner Arthur, crée les chevaliers de la table ronde et les envoit chercher le Graal (assiette dans laquelle Jésus a mangé).

Finalement Merlin sera enfermé dans une tour d'air par la fée Uiuiane (Viviane / Niniane / Nymenche / Uimaine / Uimiane / Uiane), la dame du lac dont il était amoureux. Cette Niniane était la fille de Dyonas, le filleul de Diane, la déesse des forêts. Niniane était aussi la mère adoptive de Lancelot et de ses cousins Lyonnel et Boort, et elle régnait sur le "Lac de Diane" dans la forêt de Briosque. Il est possible que cette Niniane ait été inspirée de Nyfaim / Nyven / Nevyn / Nefyn / Nyuein, la mère d'Urien Rheged, ou de Nemain / Neman, une déesse irlandaise de la guerre et de la mort. Cette dernière était parfois insérée dans une triade de déesses guerrières : Les soeurs Morrigan, Badb et Macha (Nemain prenant alors la place de Macha).

Quand à Morgane elle est ici l'épouse d'Urien et la mère d'Yvain (ce qui l'identifie donc bien à Modron)... mais elle commence à devenir malfaisante envers Arthur et son épouse (qui s'était opposée à son amour avec le chevalier Guyomard). Aprés sa mort, Morgane emportera le corps d'Arthur sur l'ile d'Avalon.

En ce qui concerne l'épée d'Arthur, elle sera saisie par une main surgie de l'eau lorsque celui-ci, mortellement blessé à la bataille de Salesbières, la fera jeter dans un lac par Girflet.


Tristan en prose

Vers 1230 est écrit le "Tristan en prose", qui est encore plus long que le "Lancelot en prose".


La Couronne

Vers 1230, Heinrich von dem Türlin écrit "Diu Crône" ("La Couronne") . Il y raconte que c'est Gauvain (et non Galaad) qui a découvert le Graal (Histoire inspirée de "La Demoiselle à la Mule"). Et ici c'est un certain Gasozein qui enlève la reine Guenièvre.


Cycle Post-Vulgate

Vers 1220-1230 est écrit le "Cycle Post-Vulgate" / "Suite Post-Vulgate" / "Roman du Graal" qui reprend les histoires de la "Vulgate-Lancelot". Ce livre est divisé en "L’Estoire del Saint Grail", "L’Estoire de Merlin", "La Queste del Saint Graal" et "La Mort Artu".


Suite de Merlin

Dans la "Suite de Merlin" / Huth-Merlin (vers 1230 -1234 ou 1235-1240) qui continue le "Cycle post-Vulgate", on reparle de Blaise, confesseur de la mère de Merlin, puis ami et biographe de Merlin. On reparle aussi de Balain qui a blessé Pellehan le roi pêcheur. On dit également que la dame du lac, la chasseresse Niviène (= "Céleste", identifiable à la déesse Diane) a donné l'épée Escalibor à Arthur et qu'elle a protégé celui-ci contre Morgane qui voulait le faire périr. Mais c'est elle aussi qui a enfermé Merlin sous une pierre tombale.

Le "Chapelu" tué par Arthur en Suisse, est également cité (Les "Triades" l'appelaient le "Cath Paluc" c'est à dire le "chat de Palug", l'un des trois fléaux de Môn / Anglesey). Le "Livre Noir de Carmarthen", au 13ème siècle, prétend que c'est Kei, le sénéchal d'Arthur, qui l'aurait tué.


Gesta Regum Britanniae

Dans son "Gesta Regum Britanniae" (vers 1235-1254), Guillaume de Rennes décrit une princesse puissante (Morgane) assistée par neuf jeunes filles vivant dans l'ile d'Avalon où Arthur blessé vient se faire soigner.


Durmart

Au 13ème siècle, le "Durmart" raconte que la femme d'Artus a été enlevée par le géant Carados qui la livrée à Mardoc (Mordret). Elle sera délivrée par les chevaliers Galvagin, Galvariun, Kel et Yder. (C'est la scène qui est reproduite dans la cathédrale de Modène et que certains datent de vers 1250 plutôt que de vers 1100 - 1140).


L'Âtre périlleux

Vers le milieu du 13Ième siècle un anonyme écrit « L'Âtre périlleux ».


Traduction des Prophéties de Merlin

En 1270 Richard d’Irlande traduit les "Prophéties de Merlin".


Les Merveilles de Rigomer

Vers 1260 -1300, un certains Jean écrit "Les Merveilles de Rigomer".


Peredur fils d'Evrawc

Dans le conte gallois "Peredur fils d'Evrawc" (inséré dans les "Mabinogions" au XIVème siècle), Peredur (Perceval) rencontre un roi boiteux et un cortège portant une lance et une tête coupée posée sur un plat (= le Graal) :

« ... Là-dessus, il pouvait voir deux jeunes hommes entrant dans la salle, et avec eux il y avait une lance de grande taille, et trois ruisseaux de sang qui s'en écoulaient. de la pointe au sol ... L'homme ne dit pas à Peredur ce que c'était, et celui-ci ne le lui demanda pas. Quand la rumeur se fut calmée, voici deux jeunes filles qui arrivent, avec un grand plateau entre elles, avec dedans la tête d'un homme baignant dans du sang. »

Peredur rencontre aussi une femme sur une mule (c'est la messagère du Graal) qui lui apprend que cet homme décapité et ce roi blessé ont été les victimes des neuf sorcières de Kaer Loyw (Gloucester).

Peut-être s'agit-il la de la version primitive de l'histoire du Graal ?

On remarquera que, dans la plus ancienne version de "Peredur fils d'Evrawc" (insérée dans le manuscrit "MS.Peniarth 7") datant de la fin du XIIIème siècle, le passage de la lance et de la tête coupée n'existe pas encore.


Triades de l'Île de Bretagne

Les "Triades de l'Île de Bretagne" (Trioedd Ynys Prydein) rassemblées dans le "Livre blanc de Rhydderch" (vers 1350) et le "Livre Rouge de Hergest" (1375-1425) parlent aussi de Merlin et Arthur (en fait, ces triades galloises datent probablement de bien avant le 14ème siècle)...

La 5ème triade du "Livre rouge" parle de la chute de Vortigern :

« Et à la fin Uthur et Emrys on brûlé Gwrtheyrn (Vortigern) dans le chateau de Gwerthrynyawn, à côté de la Wye, dans un incendie afin de venger leur frère. »

Elle parle aussi de la bataille de Camlann :

« C'est alors qu'eu lieu la bataille de Camlan entre Arthur et Medrawd (Mordret), où il fut blessé à mort. Et de cette blessure il mourut et fut enterré dans l'île d'Afallach. »

La 13ème triade du"Llivre rouge" parle de la guerre entre Arthur et Mordret :

« ... quand Medrawd (Mordret) vint ravager la cour d'Arthur à Celliwig en Cornouaille, il ne laissa ni nourriture ni boisson dans la cour qu'il ne consomma. Et il entraîna Gwenhwyfar (Guenièvre) de sa chaise royale, et porta un coup sur elle. La deuxième ravage eu lieu lorsque Arthur vint à la cour de Medrawd. Il n'y laissa ni nourriture ni boisson. »

Selon la triade n° 101, les trois principaux bardes furent :
- Merddin Emrys (= Merlin Ambroise).
- Merddin fils de Madawg orvryn (= Llailoken, le fou des bois).
-Taliesin, le chef des bardes.
( à noter que selon les "Iolo manuscripts", contenant des traditions orales mises par écrit par iolo Morganawe au 18ème siècle, Merlin / Myrddin était aussi le fils d'un certain Morydd).

Selon la triade n° 113, Merlin Ambroise serait mystérieusement disparu en mer alors qu'il était parti chercher la "maison de verre" :

« ...Merddyn (Merlin), le barde d'Emrys Wledig (Ambroise) et ses neuf bardes Cylveirdds, qui se dirigèrent par mer vers la Maison de Verre (Ty Gwydrin) :on n'entendit jamais dire où ils étaient allés. »

Cette maison de verre correspond probablement à la "Tour de verre", c'est à dire à Avalon, le pays des morts. On peut aussi la rapprocher de Tor-iniz ("L'île de la tour") où vivaient les terribles géants Fomores et où on a retrouvé les restes d'une ancienne tour vitrifiée (c'est l'île Tory, au nord-ouest de l'Irlande).

Selon la triade n°22, Arthur avait trois maîtresses : Indec, Garwen et Gwyl.

Selon la triade n° 52, Arthur aurait été emprisonné par un certain Gwen Pendragon :

« ... et le prisonnier le plus célèbre des trois a passé trois nuits en prison à Caer Oeth et Anoeth, trois nuits emprisonné par Gwen Pendragon, trois nuit dans une prison enchantée sous la pierre du Echymeint (Llech Echemeint). Ce prisonnier célèbre était Arthur. Et ce fut le même qui l'a libéré de chacune de ces trois prisons : Goreu, le fils de Kustennin, son cousin. »

Selon la triade 71, ses trois cours étaient à Mynyw (St David), Kelliwig (Gelliweg / Egloshayle) et Penryn Rhionedd (Glasgow):

« Les trois sièges tribaux de la (Grande-)Bretagne sont : A mynyw, Arthur est le chef des rois, Dewi (David) est le chef des évèques, Maelgwn est le chef des anciens. A Kelliwic en Cornouailles, Arthur est le chef des rois, Beedwini est le chef des évèques, Karadawc Vreichfras est le chef des anciens. A Penryn Rionnyd dans le nord, Arthur est le chef des rois, Kendeyrn Garthwysest le chef des évèques, gwrthwmwl Wledig est le chef des anciens. »


Sir Percival of Galles

Vers 1330 est écrit "Sir Percival of Galles" en anglais.


Histoire de Taliesin

Vers 1340 est écrit le "Hanes Taliessin" ("Histoire de Taliesin").


Sire Gauvain et le chevalier vert

Vers 1370 (ou 1375-1400) est écrit "Sir Gawain and the green Knight" ("Sire Gauvain et le chevalier vert"). Ici, le chevalier vert combattu par Gawain est une créature envoyée par Morgane pour effrayer Arthur et son épouse.


Us et coutumes de la forêt de Brocéliande

En 1467, le livre "Usemens et Coustumes de la foret de Brecilien" reprend le texte de Wace décrivant la forêt de Brocéliande :

« ... il y a une fontayne nommée la fontayne de Bellenton, auprès de laquelle fontayne le bon chevalier Ponthus fist ses armes, ainsi que on peult le voir par le livre qui de ce fut composé. »


La morte d'Arthus

Vers 1469, Sir Thomas Malory écrit "La morte d'Arthus". Il explique que le roi pêcheur qui garde le Graal s'appelle Pellam et qu'il a été blessé par Balin, le chevalier aux deux épées . Ce dernier avait été banni par Arthur pour avoir décapité la 1ère dame du lac (qui voulait sa tête et celle de l'envoyée de Morgane d'Avalon).

On apprend que l'épée Excalibur avait été donnée par cette 1ère dame du lac à Arthur pour remplacer l'épée Caliburn qu'il avait cassée. Après la bataille, de Camlann, Arthur mortellement blessé, demandera à Bedivere (Beedwir) de jetter Excalibur à l'eau pour que la nouvelle "Dame du Lac" (Nimue / Nenive / Viviane) la récupère :

« ... Par conséquent, a déclaré Arthur à Bédivère, prends Excalibur, ma bonne épée, et va avec elle là-bas à côté de l'eau, et quand tu seras là je te charge de jeter mon épée dans l'eau, et reviens me dire ce que tu as vu. 'Mon seigneur', dit Bédivère, 'ton ordre sera suivi''.
Alors Bédivère parti, et comme il regardait cette noble épée, voyant que le pommeau et le manche étaient tout de pierres précieuses, alors il se dit : 'Si je jette cette riche épée riche dans l'eau, ceci sera un préjudice et une perte. Alors Bédivère cacha Excalibur sous un arbre. Et donc, dès qu'il le pût, il est revenu vers le roi, et lui dit qu'il avait avait jeté l'épée dans l'eau.
'Qu'est-ce que tu vis alors ?' dit le roi. 'Monsieur', dit-il, ' je n'ai rien vu à part les vagues et les vents'.
'C'est indigne de toi', dit le roi', donc tu vas retourner, et obéir à mon commandement'.
Alors Bédivère est à nouveau reparti, et prit l'épée dans sa main. Mais à la pensée du péché et de la honte de jeter cette noble épée, il la cacha, et revint de nouveau. Il dit au roi qu'il avait été à l'eau, et obéi à son ordre.
'Qu'est-ce que tu vis alors ?' dit le roi. 'Monsieur', dit-il,' je n'ai rien vu à part les eaux et les vagues'.
'Ah, traître', dit le roi Arthur, 'maintenant tu m'as trahi à deux reprises. Qui aurait cru cela de toi qui m'es si cher ? On te dit noble chevalier, et tu me trahirais pour la richesse d'une épée ? Mais maintenant tu vas retourner, car ma vie est en grand danger, car j'ai pris froid. Et si tu ne fais pas maintenant ce que je te dis, si jamais je te vois, je te tuerai de mes propres mains, car tu veux que ma riche épée riche me voit mort.'
Puis Bédivère se retira, et alla avec l'épée, et se rendit à côté de l'eau, et il y lia une ceinture à la poignée, puis il a jeté l'épée aussi loin qu'il le pouvait dans l'eau, et il vit un bras et une main surgis au-dessus de l'eau. Et cette main a attrapé, et a secoué trois fois l'épée en la brandissant. Puis la main avec l'épée a disparu dans l'eau. Alors Bédivère revint vers le roi, et lui dit ce qu'il avait vu.
'Hélas', dit alors le roi, 'aidez-moi donc, car j'ai peur de tarder plus longtemps'. Alors Bedivere prit le roi sur les épaules et marcha vers les rives du lac.... »

Etrangement, cette histoire d'épée jetée à l'eau pour que son possesseur puisse mourir en paix se retrouve dans la mythologie des Ossètes du Caucase, à propos de leur héro Batraz :

« ... 'Je ne pourrai mourir tant que mon épée n'aura pas été jetée à la mer : ainsi en a décidé le destin.' Les Nartes sont â nouveau désolés car ils ne savent pas continent s'y prendre. Ils s'en sortent par un mensonge et déclarent à Batraz qu'il est temps pour lui de mourir car son épée a été jetée à la mer. ‘Quels prodiges avez-vous vus quand mon épée est tombée dans l'eau de la mer ?' leur demande-t-il. 'Aucun’ répondent les Nartes. 'C'est donc que mon épée n'est pas jetée â la mer ; autrement, vous auriez vu des prodiges.' Les Nartes se résignent. Grâce â un attelage de plusieurs milliers d'animaux, ils parviennent à traîner l'épée jusqu'à la côte puis la jettent à la mer. Aussitôt s'élevèrent vagues et ouragans, la mer bouillonna puis devint couleur de sang. Les Nartes étaient dans une joie et un étonnement sans bornes. Ils coururent raconter à Batraz ce qu'ils avaient vu ; convaincu, il rendit le dernier soupir. »

Une fois l'épée disparue, le corps d'Arthur sera emporté à Avalon par Morgane :

« ...Quand ils furent arrivés, une petite barque se trouvait attachée près du bord ; de belles dames y étaient installées, et parmi elles était la reine, et toutes portaient de noirs capuchons. Et toutes pleurèrent et crièrent dès qu'elles aperçurent le roi Arthur.
'Maintenant, mets-moi dans la barque' dit le roi. Ainsi fit le chevalier, avec douceur ; et là trois dames reçurent le roi en grande peine. Elles l'allongèrent, et en le giron de l'une d'elles il appuya sa tête. Alors la reine dit : 'Hélas, mon frère ! Pourquoi avez-vous tardé loin de moi ? Hélas, cette blessure en votre tête a pris grand froid.'
Elles se reprirent à ramer loin de terre, et Bedivere vit les dames s'éloigner de lui. Alors le chevalier pleura et dit : 'Oh! Arthur, mon seigneur, qu'adviendra-t-il de moi, maintenant que vous vous en allez et me laissez ici, au milieu de mes ennemis ?'
'Console-toi, dit le roi, et vis de ton mieux, car il n'y a rien en moi sur quoi s'appuyer. Je dois me rendre en le Val d'Avylyon, pour que guérissent mes blessures. Et si tu n'entends plus parler de moi, prie pour mon âme' (.....)
... Il fut emporté dans un navire dans un lequel il y avait trois reines. L'une était la sœur du roi Arthur, la reine Morgan (Morgane) la fée, l'autre était la reine de Northgalis (Galles du nord); la troisième était la reine du Wasteland (= "Terre gaste", la terre inculte). Il y avait aussi Nimue (Viviane), la dame du lac, qui avait épousé Pelléas le bon chevalier... »

Il est dit que Morgane, reine de la terre de Gore, était mariée au roi Urien de Gorre, c'est à dire en fait à Urien de Rheged. et que son amant était Accolon de Gaule.

Quand à Merlin il s'était retiré au Northumberland avec son maitre et biographe Bleise. Il disparaitra enfermé sous une pierre (un dolmen) par Nimue (Viviane) dont il était amoureux.


Chronique du pays de Galles

Vers 1552, Elis Gruffudd écrit une chronique du pays de Galles où il raconte une nouvelle version de la mort d'Huail (Hueil) par Arthur :

« Kaw o' Brydain était le nom d'un chef qui a régné sur Edeirnion en Galles du Nord. Il avait deux fils, Gildas et Huail. Huail was gwr gorhewg anllad 'cheeky and wanton'. Huail était 'gwr gorhewg' (insolent et destructeur). Il a obtenu la possession d'une des maîtresses d'Arthur. Arthur est venu pour espionner le couple, et un combat féroce a eu lieu entre lui et Huail. Finalement Huail a blessé Arthur au genou. Ils firent ensuite la paix, à condition qu'Huail ne se moque jamais d'Arthur à cause de sa blessure. Arthur est ensuite retourné à sa cour à Caerwys, mais pour toujours, et il est resté légèrement boiteux.
En une autre occasion Arthur a du s'habiller en femme afin de visiter en secret une fille à Rhuthum. Huail, par hasard, est venu aussi, et il a reconnu Arthur à cause de sa boiterie, alors qu'il dansait avec les jeunes filles. Ses mots furent : 'Cette danse était très bien sauf en ce qui concerne le genou'. Arthur a entendus cela et il a su qui avait parlé. Il est retourné à sa cour et il a demandé qu'Huail soit amené devant lui, et il lui reprocha amèrement son infidélité. Huail a été amené à Rhuthun, où Arthur lui fit couper la tête sur une pierre de la place du marché, et celle-ci, à ce jour est connue sous le nom de 'Maen Huail'. »

... Par la suite, lors que la Renaissance, les romans arthuriens passeront de mode et on les oubliera peu à peu. Il faudra attendre la période romantique, au XIXème siècle, pour qu'on les sorte de l'oubli.


Personnages des contes arthuriens et leurs noms Gallois / Irlandais / Bretons / Latins

Arthur : Mab Utr / Fils d'Uter / Arthwys / Artus de Bretania / Arturius / Artorius / Artuir / Arthur Pendragon
Roi Arthur légendaire.

Guenièvre : Guinevere / Guennuvar/ Gwenhwyvar = « Blanche-fée » / Winlogée / Jennifer / Winlogen / Winlowen / Guanhumara / Guennuera / Guenhuuara
Épouse d'Arthur.

Gauvain : Gwalchmei / Gawain / Gwaltafwyn / Walgainus / Walwen / Walvin / Galvaginus
Neveu d'Arthur et l'un de ses chevaliers.

Lancelot : Lancelot Du Lac / Chevalier Lancelot
Neveu d'Arthur et l'un de ses chevaliers.

Llenlleawg : Llwch Llawwynnawc / Llyminawc / Lluch Lleawg / Llemenig
= Lancelot ?

Mordred : Mordret / Maelwas / Medraut
Neveu ou fils illégitime d'Arthur. Il tua son père.

Colus : Coel Hen / Coelius Senior
Grand-père d'Arthur.

Uther Pendragon : Uter / Uter Pandragon = « Uter tête de dragon » / Uthyr Penndrogn = « Uter le chef des troupes »
Le papa d'Arthur.

Igraine : Ygerne / Eigyr / Ingerna
Épouse d'Uther Pendragon, maman d'Arthur. Ancienne femme de Gorlois de Tintagel.

Viviane, Nimue : La dame du Lac

Merlin : Myrddin / Merlinus
Le magicien ou conseiller d'Arthur.

Merlin Laïloken : Lailoken / Laïloken / Vyrdin / Lallogan / Llallawc = « le jumeau »
Un ermite fou qui aurait été Merlin (?) ou le roi Suibhne devenu fou après une bataille.

Vortigern : Gurthrigern / Gwrtheyrn / Guortigirn / Gwrteneu / Vurtigern / Vurtigirnus / Wertegirn / Guothigern / Guorthigirnus / Saint Gurthiern (?)
Roi des Bretons. Vortigern = « grand chef ».

Leodegrance : Léodagan
Le roi de Camelot, papa de Guenièvre.

Galahad :
Fils de Lancelot.

Percival :
L'un des chevalier de la Table Ronde.

Morgane : Modron / Muirgen / Morrigane / Morrigan / Morgen / Morgan / Morgain
Fée ou déesse (déesse Modron = Matrona).

Avallach :
Dieu qui est le père de Morgane.

Uryen de Rheged :
Le mari de Morgan. Il est roi.

Coel Hen : Coelius Senior
Chef militaire.

Cunedda ap Edern : Cunedag / Cunetacius
Roi gallois.

Riothamus : Riotimus / Rigothamus / Rigotamos = « roi suprême »
Roi breton.

Rhiotham de Domnonée : Riatam / Ricodam
Peut-être la même personne que Riothamus...

Deroch II : Darocus II / Derek II
Le père de Thiotham.

Anthemius :
Empereur romain.

Euric :
Roi des Wisigoths.

Arthwys
Fils de Mor, roi de York.

Saint Gildas : Gildas le sage / Saint Gweltaz
Ecclésiastique et écrivain (historien).

Aurelius Ambrosius : Ambrosius Aurelianus / Emrys Wledic / Emreis Gwledig = Ambroise chef de la nation
Chef militaire Breton.

Ambrosius : Embreiss Guletic / Emrys Gwledig = « Ambroise le chef »
Prophète.

Vitalinus / Guithelinus / Guitolin(i) / Guitolinus

Constantin de Domnonée / Devon / Cystennin
Un tyran de Grande-Bretagne.

Aurelius Caninus : Aurelius Conanus / Cynan Wledig / Conomor de Domnonées (?) / Cyngen Glodrydd de Powys (?)
Un tyran de Grande-Bretagne.

Vortipor de Démétie : Vortimor
Fils de Vortigern (?). Un autre tyran.

Maglocunus de Gwynedd : Maelgwn / Mailcun
Un tyran de Grande-Bretagne.

Cuneglasus : Cunoglassus / Cynglas Goch
Un tyran de Grande-Bretagne.

Owein Ddantgwyn de Rhôs : Owein aux dents blanches
Père de Cuneglasus.

Maelgwyn : Maelgwn
Neveu de Owein.

Cunedda de Gwynedd : Einion Yrth / Engenius le terrible
Grand père de Owein.

Arthwys
Fils de Pedr et roi du Dyfed. Sans rapport avec Arthur.

Athrwys
Roi du Gwent. Sans rapport avec Arthur.

Arturius : Artuir
Grand guerrier tué par les Pictes. Sans rapport avec Arthur.

Taliesin : Taleesin Pennbeirdd / Taliessin
Barde.

Ritta : Ritta Gawr / Riton
Géant coupeur de barbe.

Amhar : Anir
Fils d'Arthur.

Cabal
Chien d'Arthur.

Kaledvwlch / Dure-entaille / Caliburnus / Excalibur / Caliburn / Caliborne
Épée d'Arthur.

Troit : Twrch Trwyth / Tourc'h / Porc Trwyd / porcum Terit
Sanglier blanc.

Chapalu : Cath Pallug / Pen Palach
Le chat monstrueux.

Kaw : Cei / Keu / Caius / Caunos / Che / Kaï / Keu / Caius
Un chevalier d'Arthur. Le père de Gildas et Hueil.

Bedwyr : Bedivere
Un chevalier d'Arthur.

Yvain / Eventus / Owain / Ewen / Owein
Fils d'Urien de Rheged et de Morgane.

Hiderus : Yder / Edern / Isdernus / Aeternus
Un chevalier d'Arthur.

Hueil : Huail / Cuillus / Cuillus Hueil / Cueill / le « grand chien des plaines »
Le frère de Gildas et chevalier d'Arthur.

Karadawc : Caradoc
Un chevalier d'Arthur.

Galvariun : Gauvarien / Galeshin
Un chevalier d'Arthur.

Burmaltus : Burmald
Un chevalier d'Arthur.

Mardoc : Malduc
Un chevalier d'Arthur.

Tristan : Drostan / Drustanus
Fils du roi Conomor.

Iseut : Iseult / Isolde / Yseult / Ysolt / Isode / Isoude / Isaut / Iosóid / Esyllt / Isolda / Isotta
Provient d'une vieille légende irlandaise qui a été incorporée à la légende d'Arthur.

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