L’astronome et le prophète

L’astronome de la porte des dieux

Pyramides
Dans le sixième grade de la tradition des Mystères égyptiens est celui d'Astronome à la porte des dieux. L'initié était tout d'abord chargé de fers.

L'introducteur le conduisait après quelques instants à la Porte de la mort et lui montrait les cercueils de ceux qui avaient été condamnés à mourir pour avoir divulgué les secrets de l'Ordre. On l'avertissait que le même sort lui était réservé si jamais il commettait le même crime. Ceci nous rappelle ce qui se pratique dans le Tombeau des Skull and Bones.

Puis on le présentait aux membres de l'assemblée, devant lesquels il prêtait de nouveau serment de garder un silence impénétrable sur les choses qui lui seraient révélées.

La vérité sur les dieux Egyptiens

Le Demiourgos lui apprenait alors que les dieux adorés par le peuple n'existaient pas ; mais qu'il fallait éviter de tirer le vulgaire de son erreur, parce qu'il est incapable de saisir les grandes vérités dont les sages conservent le dépôt. Voici quelques-uns des secrets que le Demiourgos confiait au postulant : Il n'y a qu'un Dieu, et ce Dieu préside à toutes choses. Il embrasse tous les temps, et il est présent partout, bien que nos yeux ne l'aperçoivent pas. C'est lui qui a créé l'univers et le gouverne. Par sa nature il échappe à la compréhension de l'homme.

Après cette courte instruction, l'introducteur conduisait le récipiendaire à la Porte des dieux. L'initié voyait là, représentées en peinture, les nombreuses divinités qu'adoraient les Égyptiens. Le Demiourgos lui retraçait l'histoire vraie des grands personnages que l'on avait ainsi déifiés, pour l'amusement des foules ignorantes.

On lui communiquait, en finissant, la liste exacte de tous les chefs, ou grands maîtres, qu'avait eus la Société, suivant l'ordre chronologique, et celle de tous les associés étrangers ou indigènes.

L’astronomie Egyptienne

L'astronomie était la seule science à laquelle l’adepte dût se livrer, pendant tout le temps qu'il restait dans ce grade.

Il assistait, la nuit, à l'observation des astres, et concourait d'une manière active aux travaux des adeptes qui avaient pour mission de l'initier à cette étude.

On lui recommandait de se tenir en garde contre l'astrologie et les astrologues.

Au rapport de Jamblique et de Lucien on lui apprenait, en outre, la danse des prêtres, dont les pas figuraient le cours des planètes.

Le mot d'ordre était Ibis.

Le grade de prophète

On appelait Prophète l'initié au septième grade. Il n'y avait plus de Mystères pour l'adepte qui l'avait reçu. C’était le grade le plus élevé de l’échelle.

L'initiation consistait dans la récapitulation, accompagnée de nouveaux détails, de tout ce que le postulant savait déjà, et dans une étude approfondie des questions politiques et administratives, qu'il devait connaître, ayant désormais le privilège de concourir à l’élection du roi, et celui de participer au gouvernement de la nation.

On donnait à ce grade une haute importance. Il fallait, pour y être admis, avoir l'assentiment de tous les membres de la Société, du Demiourgos et du souverain.

Cette initiation était suivie d'une procession publique, où l'on exposait à la vénération du peuple les images des dieux et autres objets sacrés.

Après la cérémonie, les adeptes se rendaient secrètement aux Manéras, ou séjour des Mânes, grandes maisons carrées dont l'intérieur était orné de colonnes, de sphinx, de cercueils, et de peintures représentant les diverses phases de la vie humaine.

Là, on offrait au nouveau sociétaire un breuvage composé de vin et de miel, pour lui faire comprendre qu'à partir de ce jour il jouirait des douceurs de la science sans en connaître les amertumes.

On lui remettait comme insigne une sorte de croix connue des seuls Prophètes. Il devait la porter constamment sur lui. Son costume consistait en une robe blanche appelée Etangi.

Il avait la tète rasée. Sa coiffure affectait la forme de la toque qu'ont adoptée nos magistrats et les membres du barreau.

On lui permettait de lire les ouvrages mystérieux que l'on avait jusqu'alors dérobés à sa vue, et qui étaient à l'usage des seuls Prophètes.

Mot d'ordre : Adon, abrégé d'Adonaï.

Signe de reconnaissance : porter les mains croisées dans les manches de la robe.

Les attributions des prophètes de l’Egypte Antique

Les sociétaires se réunissaient assez souvent pour des banquets. Mais le vin leur était interdit. Ils ne pouvaient boire qu'une espèce de bière assez semblable à la nôtre. Avant de se mettre à table, les convives se livraient à des ablutions minutieuses. Ils promenaient ensuite autour de la salle un squelette humain ou un sarcophage, pendant que l'orateur entonnait l'hymne des Mânes, et que les assistants reprenaient en chœur.

Le repas fini, chacun se retirait pour vaquer aux travaux qui lui étaient confiés.

Lorsque l'initié manifestait le désir d'embrasser la vie sacerdotale, et que les prêtres avaient pu non seulement éprouver son caractère, mais aussi constater la supériorité de son intelligence, les chefs de l'Ordre consentaient à le garder parmi eux.

S'il persévérait, rien n'était négligé pour l'aider à augmenter le trésor de ses connaissances. En même temps qu'il continuait à cultiver les sciences et les arts, il devait chercher à découvrir les secrets de la nature, les liens mystérieux qui unissent l'homme à son Créateur, et les grandes lois morales qui servent à régler nos rapports soit avec Dieu soit avec nos semblables.

La vie des prêtres et des prophètes

Il n'y avait plus d'épreuves désormais pour l'initié. Le temple où on l'introduisait ne ressemblait en rien aux salles et aux galeries souterraines qu'on lui avait fait parcourir, chaque fois qu'il avait dû recevoir un nouveau grade.

Les images des dieux qui ornaient les Manéras et que l'on avait portées processionnellement, après son admission parmi les Prophètes, étaient exclues de ce sanctuaire, que l'on regardait comme le Saint des Saints.

Les prêtres, vêtus avec modestie et d'une manière uniforme, étaient disposés en demi-cercle autour de leur disciple.

L'un d'entre eux prenait la parole, et lui rappelait ce qu'il savait déjà touchant l'unité de Dieu. Puis il ajoutait :

C'est cet Être incompréhensible qui est le moteur et le conservateur de l'univers. Toutes choses retomberaient dans le chaos, s'il cessait de veiller sur l'œuvre de ses mains. La matière est incapable de penser et d'agir.
 

Ici l'orateur appuyait de preuves irréfutables chacune de ses affirmations. Puis il continuait ainsi :

Les dieux du peuple ne sont pour nous que des hommes
« devenus célèbres par le courage qu'ils déployèrent ou
« les services qu'ils rendirent à l'humanité. Les prêtres
« se bornent à honorer leur mémoire et à huiler leurs
« vertus. Eu public, nous agissons différemment, parce
« que le vulgaire est incapable de s'élever à la conception
« des grandes vérités dont nous conservons le dépôt.
« Il faut à la multitude des dieux qui frappent ses
« regards et dont elle redoute la puissance mystérieuse.
« Les tyrans ont besoin, eux aussi, d'être maîtrisés par
« la crainte. L'idée d'un être supérieur qui peut non
« seulement les frapper de la foudre, mais encore leur
« infliger des châtiments après leur mort, châtiments
« auxquels rien ne saurait les soustraire, les empêche
« souvent d'abuser de leur puissance et d'opprimer les
« peuples qu'ils ont mission de gouverner.
« Quant à nous, nous croyons qu'il n'y a et qu'il ne
« peut y avoir qu'un Dieu. Nous respectons sa puissance
« et nous lui sommes reconnaissants des bienfaits dont il
« nous comble. Comme il a formé nos cœurs et enrichi
« notre âme de ses facultés, il peut connaître nos sentiments
« les plus intimes et nos pensées les plus secrètes.
« Tout nous dit qu'une partie de nous même, la meilleure,
« échappe aux atteintes de la mort, et qu'il y a par
« delà le tombeau des peines et des récompenses. Aussi
« nous efforçons-nous de conformer nos actes aux notions
« que nous avons du juste.
« Gardons-nous de prêter à Dieu les passions qui nous
« agitent. Ne lui demandons jamais compte de sa conduite
« envers nous. Le lot qu'il nous a départi est assez beau
« pour que nous nous abstenions de toute plainte.
« Sacrifions nos intérêts personnels, s'il le faut, pour
« être utiles à nos semblables. Ne nous laissons pas
« rebuter par l'ingratitude de ceux que nous avons pu obliger.

 

Tels étaient en substance les enseignements que recevaient les initiés, le jour où ils entraient dans la caste sacerdotale.



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Cet article a été récemment mis à jour pour la dernière fois le 10 Juin 2018. Il est à jour.