La cérémonie du thé

Cérémonie du thé
C'est un prêtre zen, Murata Shuko (1422-1502), attaché à la cour du Shogun, qui instaure dans la cérémonie du thé le raffinement, la rigueur et la modestie propres au zen.

Takeno Jô-o (1502-1555) accentua encore l'esprit zen et la rigueur du cérémonial. Puis son disciple, Sen Rikyu (1522-1591), définit le code du Cha-do. Comme il résista aux pressions des seigneurs qui désiraient des cérémonies fastueuses, on l'obligea à se faire hara-kiri. Mais son fils Sotan pris la relève et ses trois petits-fils fondèrent les trois grandes écoles de cérémonie du thé qui existent aujourd'hui : Urasenke, Omotesenke et Mushanokojisenke.
 

Le Cha No Yu est un ensemble hautement codifié répondant à des critères issus d'une histoire très longue. Les japonais le considèrent comme une discipline Spirituelle, basée sur le wabi (raffinement) et le sabi (simplicité et élégance) permettant de retrouver la sérénité et le calme de l'âme.

On ne peut pas parler d'une véritable dégustation de thé (car le thé, tel que préparé, n'est pas spécialement bon), mais d'un véritable moment de communion entre l'hôte et les invités. Chaque geste est codifié, chaque instant est minuté, chaque élément de la cérémonie, même le plus insignifiant, est soigneusement choisi. Selon le degré de formalité de la cérémonie (qui peut durer de 45 minutes à 5 heures), il faudra de 75 à 300 mouvements pour la conduire.

Lorsque l'on dépasse le stade purement cérémoniel, on peut alors apprécier les choses pour ce qu'elles sont réellement : un instant de calme, le plaisir simple des belles choses : un pavillon simple dans un jardin où toute chose est conçue pour être une magnification des plus beaux côtés de la nature. Même les paroles échangées durant la cérémonie obéissent à des règles : les sujets religieux et politiques sont proscrits; la phrase ne doit blesser les susceptibilités de personne. Il est de mise que l'invité profère des paroles de louange sur ce qu'il voit... mais sans trop insister, ce qui pourrait paraître peu sincère.

Présentation du Matériels du Cha-No-Yu

- Mizusashi (Cruche) :
L'eau dans le mizusashi est utilisée pour laver le « chawan » (tasse à thé).

- Usuki ou Natsumé :
Récipient en laque contenant l'usucha (Thé en poudre)

- Chawan (tasse ou bol à thé) :

- Kama (bouilloire & Brasero) :
La Kama, qui contient l'eau, est placé sur le Furo pour l'ébullition.
En hiver, un Ro, ou foyer dans le sol, est découvert en enlevant des lattes du plancher.)

- Hishaku :
Louche pour verser l'eau

- Kensui :
Pot dans lequel l'eau qui a été utilisée pour laver le chawan, est versée.

- Chasen :
Fouet en bambou pour battre le thé en poudre mélangé à l'eau.

Où a lieu la cérémonie du thé ?

La cérémonie a lieu dans le pavillon du thé (sukiya), une humble maisonnette construite à l'écart, au fond d'un jardin (roji). L'ensemble porte le nom de cha-shitsu :

Le jardin doit respirer le calme. Une étape obligatoire dans ce jardin est la pierre creusée où se trouve de l'eau, généralement amenée par un petit tuyau de bambou. Une louche permet de se servir. L'objet de cette étape est de permettre aux invités de se purifier avant d'assister à la cérémonie.

La pièce où se déroule la cérémonie du thé est habituellement de trois mètres carrés (une pièce de quatre tatami et demi) et est décorée.

A l'intérieur on trouvera (suivant le moment de la cérémonie: shoza ou goza) :
- un arrangement floral (chabana, issu de l'art japonais ikebana) qui essaye de reproduire en vase l'aspect des fleurs dans la nature.
- une calligraphie verticale (kakemono), dont le thème est soigneusement choisi pour l'occasion de la cérémonie. Cette calligraphie est disposée dans une alcôve (tokonoma). dans une pièce « formelle » (alors appelée hondoko) l'alcôve devrait faire face au Sud et être éclairée par sa droite.

Le Nijiri-Guchi :

C'est une petite porte de 60 cm2 par laquelle entrent les invités. Le fait qu'ils doivent se courber pour passer par cette porte doit leur faire perdre naturellement toute fierté et les rendre humbles.

Les tatamis :

Il y a deux saisons dans le Chanoyu, et la disposition des tatamis change en accord avec celle-ci.

De novembre à avril, il s'agit de la saison ro (coeur enfoui) lorsque le foyer est placé dans la pièce.

De mai à octobre, le foyer (ro) est fermé et la saison dufuro (brasier) commence.

Les tatamis kinin et kyaku sont ceux où s'assoient les invités.
Le tatami dougu est celui où sont placés les ustensiles.
Le tatami fumikomi est celui par lequel arrive l'hôte à travers sa porte (sadoguchi).
Le tatami ro est celui où le foyer (ro) est placé.
Le tatami kayoi est le tatami entre le fumikomi et le kyaku.

Déroulement de la cérémonie

Première partie (Shoza) :

- Les invités (5 au maximum) entrent dans le la maison à travers la porte basse en se baissant (acte d'humilité). Ils laissent leurs armes dehors et déposent leurs chaussures.

- Les salutations ont lieu. Elles suivent souvent une forme rituelle et les invités admirent le kakemono dans l'alcôve.

- Les kaisekis ryori (cuisine de saison) sont servis.

- Kashi : Après le repas, une sucrerie (Wagashi) est servie, juste avant le thé.

- Kyomeru(purification) : L'hôte amène tous les ustensiles, puis déplie son fukusa (tissu de soie). Il nettoie alors tous les ustensiles devant la présence des invités, afin de leur montrer combien il les apprécie.

- Shozumi : L'hôte prépare le charbon afin de faire chauffer la bouilloire puis les invités sortent dans le jardin pour l'interlude, en attendant que tout soit prêt.

Deuxième partie (Goza) :

- Les invités reviennent. Ils constatent le remplacement du kakemono par un arrangement floral de style chabana.

- Versement d'eau chaude dans le bol à thé avec la louche hishaku.
L'hôte tient ensuite l'hishaku comme si c'était un miroir (dans une position connue sous le nom de kyogamae). L'hôte regarde son propre esprit pour s'assurer qu'il n'y a rien en lui qui gêne sa tranquillité.

- Chasen-toshi : L'hôte agite l'eau chaude avec le fouet (chasen) pour chauffe le bol. L'eau est ensuite jetée dans le récipient prévu à cet effet.

- Koicha (thé épais) : Le thé en poudre (matcha) est sorti de la boîte à l'aide du chashaku (long bâton en bambou, recourbé à son extrémité). Ensuite l'hôte trace trois lignes dans le thé et replace le chashaku à son emplacement initial.

- L'hôte mélange le thé en poudre dans le bol avec de l'eau chaude en usant du chasen.

- Le bol est placé devant les invités pour être bu, en même temps qu'est fourni un dashibukusa à utiliser pour tenir le bol. Le 1er invité prend le bol et le place entre lui et l'invité suivant; il s'excuse alors de boire avant lui. Puis il replace le bol devant son hôte et remercie l'hôte. De la main droite, il prend le bol et le place dans la paume de sa main gauche.

- Le bol a été donné par l'hôte avec la face principale vers l'invité. Il convient donc de le tourner afin qu'après avoir bu, cette face soit face à l'hôte. Pour cela, l'invité élève le bol jusqu'à son visage et le fait tourner dans le sens des aiguilles d'une montre trois fois de la main droite en le redescendant.

- Chaque invité boit son bol, en essuie le bord avec ses doigts (qu'il essuiera dans une serviette prévue à cet effet). Il le tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et l'admire. Puis il le redonne à l'hôte qui en prépare un nouveau qu'il donne alors à l'invité suivant. Chaque invité est supposé boire 3 fois et demi.

- Gozumi : Après le thé épais (koicha), l'hôte prépare le thé léger (Usucha). Pour cela, il prépare le charbon une deuxième fois (gozumi). Puis il reprépare le thé, mais avec une seule cuillère (au lieu de trois).

- Lorsque tous les invités ont bu, ils interrogent leur hôte sur la boîte de thé et la cuillère. C'est ainsi sur celle-ci que peut se remarquer, entre autres, si la cérémonie est formelle ou non, suivant la position (haute ou basse) du nœud dans le bois du bambou.

- Enfin, l'hôte range tous les ustensiles dans une boîte réservée à cet effet et les invités sortent.L'hôte les rejoint et s'incline silencieusement puis il ferme le nijiri-guchi signifiant ainsi que la cérémonie est terminée.

- Après deux ou trois jours, les invités appellent ou écrivent une note de remerciement à l'hôte pour exprimer leur appréciation. Cela s'appelle korei ou « remercier a posteriori ».

Quelques adresses à Paris où on pratique la cérémonie

Il est bon a savoir que, dans tout Paris, il y a beaucoup d'établissements qui font encore la cérémonie du thé.

Voici quelques adresses mais elles ne sont peut-être plus à jour :

Le Palais du thé
64, rue Vieille du Temple 75003 Paris
tel:01-48-87-80-60

Yodoya
23, rue des Blancs 75004 Paris
01-48-87-23-05

Tch'a
6, rue du Pont Lodi 75006 Paris
01-43-29-61-31

Chajin
24, rue Pasquier 75008Paris
01-53-30-05-24

Minamoto Kitchoan
17, place de la Madeleine 75008 Paris.
01-40-06-91-28


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