Les apôtres

La Cène de Léonard de Vinci
La Cène de Léonard de Vinci réalisée de 1495 à 1498 pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan

Le mot « apôtre » vient du grec « apostolos » qui désigne un envoyé, un missionné. C’est une traduction du mot hébreu « shaliah » qui se traduit par envoyé plénipotentiaire.

Mais le terme « douze apôtres » n’a été mentionné qu’une fois dans l’évangile de Matthieu  et une autre fois dans celui de Luc. Les apôtres sont désignés pour être les témoins de la résurrection de Jésus, puis ultérieurement pour annoncer l’évangile de Dieu et convertir les peuples.

Ce nombre très précis va cependant varier au fur et à mesure de l’histoire. Mais pour l’instant concentrons-nous sur ce nombre de 12.

Les douze

Synaxe des Douze apôtres
Synaxe des Douze apôtres icône du XIVe siècle musée Pouchkine, Moscou
Nos douze apôtres, ou groupe des douze, ou disciples, ou douze disciples, ou juste les apôtres (la terminologie variant en fonction des différents écrits), sont désignés dans les trois évangiles synoptiques : celui de Matthieu (Mt 10,2-4), celui de Marc (Mc 3,16-19) et celui de Luc (Lc 6,14-16), ainsi que dans les actes des apôtres  (Ac 1,13). Selon certains écrits, il est dit que les apôtres sont classés selon un ordre décroissant de préséance et non pas par leur ordre d’apparition auprès de Jésus.

Cependant cet ordre, même s’il est censé représenter leur autorité dans l’église primitive, n’est pas le même d’un évangile à l’autre, à l’exception de Simon-Pierre qui est toujours le premier, Philippe qui est toujours le cinquième, Jacques qui est toujours le neuvième et de Judas qui est toujours le dernier.

Les évangélistes

Les évangélistes
Les évangélistes

Évangile selon Saint Matthieu

Chez Matthieu, ce sont « douze apôtres » qui sont dans l’ordre suivant : Simon appelé Pierre, André son frère, Jacques fils de Zébédée, Jean son frère, Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu le publicain, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Cananite et Judas l’Iscariote celui qui livra Jésus.

Évangile selon Saint Marc

Chez Marc, ce sont « les douze » qui sont dans l’ordre suivant : Simon qu’il (Jésus) nomma Pierre, Jacques fils de Zébédée, Jean frère de Jacques qu’il nomma Boanergès, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Cananite et Judas Iscariote celui qui livra Jésus.

Évangile selon Saint Luc

Chez Luc, ce sont « les disciples » qui sont dans l’ordre suivant : Simon qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le zélote, Jude fils de Jacques et Judas Iscariote qui devint traître.

Les actes de apôtres

Dans les actes des apôtres, ce sont « les apôtres » qui sont dans l’ordre suivant : Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemy, Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le zélote et Jude fils de Jacques. Judas n’est pas mentionné parce qu’il s’est suicidé.

Évangile selon Saint Jean

Dans l’évangile selon Saint Jean, « les disciples » ne sont pas énoncés sous forme de liste mais tout au long du récit. Le premier nommé est André, puis Philippe, Jude, Simon Pierre, Thomas appelé le jumeau, Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, deux autres disciples dont les noms ne sont pas donnés, André, Philippe et Jude. Judas Iscariote est souvent cité, ainsi que le disciple bien-aimé dont le nom n’est jamais cité.

Les douze apôtres (selon l’ordre de Matthieu)

Le nombre « douze » évoque les douze tribus d’Israël, c’est le cercle restreint du peuple nouveau tel qu’il sera assemblé par Dieu à la fin des temps. La mission de Jésus était de rassembler la totalité de ce peuple et de le mener à son accomplissement.

Il y a certaines constantes dans les « douze », ils sont tous juifs et tous originaires de la Galilée (ou presque !!!). Certains sont appelés par leurs noms grecs, ou par leurs noms hébreux ou bien autrement. Essayons d’y voir un peu plus clair…

1. Pierre

Saint Pierre
Saint Pierre
Il est le premier dans toutes les listes.

Pierre est un juif de Galilée ou de Gaulanitide (région située à l’est de la Galilée). Pierre est né Simon ou Symon Barjona ; Barjona étant un mot araméen signifiant révolutionnaire, ou bien Bar-jona signifiant fils de Jonas en hébreu.

C’est Jésus qui lui donne le nom de Simon Kephas ; Simon était surnommé Kêfâ en araméen que l’on peut traduire par « roc », Kephas étant une hellénisation du mot araméen.

C’est dans l’évangile de Matthieu que l’on trouve
Pierre, tu es un roc et sur cette pierre je bâtirai mon assemblée
 
que l’on peut interpréter par « Kephas (le roc surnom de Simon), tu es petros (roc en grec), et sur cette petra (pierre en grec) je bâtirai mon ekklésia (assemblée en grec, qui donnera le mot église) ».

C’est à la suite de ce jeu de mot dans l’évangile de Matthieu  que Simon le Képhas est renommé Pierre.

2. André

Saint André
Saint André
Il est le 2ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 4ème dans la liste de Marc et 3ème dans la liste des apôtres.

André est né à Bethsaïde connut sous son nom grec d’Andreas. Il est le frère de Simon (vous savez Pierre Képhas) qui lui était originaire de Galilée ou de Gaulanitide, ce qui est surprenant c’est que deux frères puissent venir de deux régions différentes !!!

Si André n’est pas le premier disciple de Jésus, il est considéré comme le premier appelé.

D’après une tradition, il aurait rencontré Jésus alors qu’il pêchait avec son frère dans le lac de Tibériade. D’après une autre, c’est après que Jean le Baptiste ait désigné Jésus comme l’agneau de Dieu qu’Andreas suivit Jésus et ne le quitta plus.

C’est André qui présentera son frère Simon (Pierre) à Jésus.

Ces deux premiers apôtres ont une importance considérable, Pierre (Simon Képhas) est considéré comme le fondateur de l’église de Rome (occidentale) tandis que André (Andreas) est considéré comme le fondateur de l’église Constantinople (orientale).

3. Jacques

Saint Jacques
Saint Jacques
Il est le 3ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 2ème dans la liste de Marc et 4ème dans la liste des apôtres.

Jacques est le fils de Zébédée qui était propriétaire d’une entreprise de pêche (selon Marc). Dans l’évangile de Marc, on apprend que, lors de la crucifixion, les femmes présentes étaient : Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé. Dans l’évangile de Matthieu, lors de la crucifixion, les quatre femmes présentes sont : Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Donc il est fort possible que Salomé soit la mère de Jacques et l’épouse de Zébédée.

Il est également appelé Jacques de Zébédée (en référence à son père) ou bien Jacques le Majeur (par opposition à Jacques le mineur, ceci ne voulant pas forcément dire qu’il était plus âgé que le mineur mais juste qu’il avait rencontré Jésus avant).

Il est également le frère de Jean avec lequel il abandonnera leur bateau de pêche pour suivre Jésus.

Contrairement à ce qui avait été écrit auparavant (ou bien ce qui est encore pensé de nos jours), l’épître de Jacques  n’est pas de lui (ni de Jacques le Mineur), le Jacques, rédacteur de l’épître, aurait été un chrétien d’origine païenne de la 2ème (ou même 3ème) génération chrétienne.

4. Jean

Saint Jean
Saint Jean
Il est le 4ème dans les listes de Matthieu et de Luc, 3ème dans la liste de Marc et 2ème dans la liste des apôtres.

Jean est le fils de Zébédée qui était propriétaire d’une entreprise de pêche (selon Marc) et le frère de Jacques.

Dans la tradition chrétienne, l’évangile selon Jean  aurait été écrit par l’apôtre Jean fils de Zébédée. D’après de récentes recherches, il aurait plutôt été écrit par Jean le Presbytre qui a créé la communauté johannique d’Ephèse.

5. Philippe

Saint Philippe
Saint Philippe par Rubens
Il est le 5ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Il est originaire très exactement de Bethsaïde au bord du lac de Tibériade.

Il a d’abord été un disciple de Jean-Baptiste (comme André) avant de suivre Jésus.

C’est lui qui aurait présenté Nathanaël (selon l’évangile de Jean) à Jésus. Vraisemblablement Nathanaël serait Barthélemy, Nathanaël bar-Tolmay, Nathanaël fils de Tolmay.

6. Barthélemy

Saint Barthélemy
Saint Barthélemy
Il est le 6ème dans les listes de Matthieu, de Luc, et de Marc et 7ème dans la liste des apôtres.

Il est Nathanaël bar-Tolmay (bar préfixe : fils de, et Tolmay : sillon en araméen).
 

7. Thomas

Saint Thomas
Saint Thomas
Il est le 7ème dans la liste de Matthieu, 8ème dans les listes de Luc et de Marc et 6ème dans la liste des apôtres.

Le prénom de Thomas n’est pas connu avant lui, en araméen il viendrait de Te’oma signifiant « jumeau ». C’est sans doute pour cette raison qu’il est appelé Thomas le didyme dans l’évangile selon saint Jean  (didymos, mot grec se traduisant par « jumeau »).

Dans les trois premiers évangiles synoptiques, Thomas n’est mentionné que dans les listes des apôtres ou des disciples. Ce n’est que dans l’évangile de Jean  que l’on commence à parler de lui et de ses paroles, en lui donnant un caractère fougueux et généreux tout en accentuant sur son incrédulité.

8. Matthieu

Saint Matthieu
Saint Matthieu
Il est le 8ème dans les listes de Matthieu et des apôtres, 7ème dans les listes de Marc et de Luc.

Matthieu est l’abréviation grécisée du mot hébreu Mattay qui est une abréviation du mot hébreu Mattithyahû (don de Yahvé) que l’on peut aussi réduire en Matthieu-Lévi.

Dans l’évangile selon Matthieu, il est appelé Matthieu ou bien Lévi fils d’Alphée, dans ceux de Marc et Luc il est appelé Lévi.

Matthieu est un publicain (un collecteur d’impôts) à Capharnaüm. C’est d’ailleurs contre lui que vont la colère des disciples immédiatement après l’arrestation de Jésus.

Les historiens remettent en cause sa paternité pour l’évangile portant son nom, parce que ce dernier est inspiré de celui de Marc et que les ajouts ne sont que des paroles attribuées à Jésus. Il serait surprenant qu’un témoin direct se soit inspiré du texte d’un témoin indirect, « de seconde main ».

Dans l’évangile de Marc, Lévi-Matthieu est présenté comme un fils d’Alphée.

9. Jacques

Saint Jacques
Saint Jacques le mineur
Il est le 9ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Jacques est présenté comme le fils d’Alphée afin de le différencier de l’autre Jacques, celui fils de Zébédée. On peut supposer qu’Alphée est le nom de son père, et que Lévi-Matthieu pourrait être son frère s’il s’agit du même Alphée.

Dans la tradition chrétienne, Clopas était le frère (ou demi-frère) de Joseph qui aurait épousé Marie Jacobé (une des quatre femmes qui ont assisté à la crucifixion de Jésus) dont il aurait eu deux fils : Jacques le mineur et Joset. Donc Jacques serait un cousin de Jésus.

On ne sait pas si c’est ce Jacques qui est le père ou le frère de Jude.

Le christianisme oriental fait une différence entre Jacques d’Alphée et Jacques le mineur (ou le juste). Jacques le juste était le chef du judéo-christianisme et le qualificatif de « mineur » a très bien pu lui être accordé (postérieurement) afin de minimiser ce courant.

La tradition occidentale ne reconnait que deux Jacques : le majeur, fils de Zébédée et le mineur, fils d’Alphée, dit aussi le juste ou bien le frère du seigneur (par suite d’une homonymie de traduction, frère ayant remplacé cousin).

10. Jude

Jude
Saint Jude
Il est le 10ème dans les listes de Matthieu et de Marc, 11ème dans les listes de Luc et des apôtres.

Il s’appelle Jude (ou Judas) fils de Jacques mais on le nomme aussi Thaddée ou Judas Thaddée.

Chez les orthodoxes et les nestoriens, il est le descendant du roi David et de Salomon par Joseph dont il était le fils né d’un mariage avant celui d’avec Marie.

Chez les catholiques, il est le fils d’une demi-sœur de Marie, Marie Jacobé, et d’un frère (ou demi-frère) de Joseph, Clopas. Jude est le frère de Simon le Zélote et de Jacques « frère du seigneur » qui est identifié à Jacques le mineur (lui fils de Clopas et Marie Jacobé). C’est sans doute pour cette raison qu’il est aussi nommé Judas de Jacques, signifiant qu’il est le frère de Jacques et non son fils.

Il ne faut pas le confondre avec Jude ou Judas, un des quatre frères (ou cousins) de Jésus qui serait l’auteur de l’épitre de Jude. Comme les frères de ce Jude se prénomment Jacques, Joset et Simon, les confusions sont nombreuses.

11. Simon

Saint Simon
Saint Simon
Il est le 11ème dans les listes de Matthieu et de Marc, 10ème dans les listes de Luc et des apôtres.

Son prénom vient de l’hébreu Shiemone.

Dans les évangiles de Marc et Matthieu, on le surnomme Simon le cananéen, du grec Kananios qui serait une translittération du mot hébreu « qannaim » qui vient du verbe « qana » dont la traduction peut être soit « jaloux », soit « zélote ».

Ce serait donc un zélote, membre de la tribu des zélotes qui auraient incité le peuple de Judée à se rebeller par les armes contre les occupants romains. Simon aurait donc quitté le mouvement zélote pour suivre Jésus.

Dans l’évangile de Luc, il est présenté comme Simon le Zélote ; comme le contexte politique avait changé au moment de cet écrit, il n’était plus utile d’utiliser un subterfuge linguistique.

Toutefois, il ne faut pas le confondre avec Simon fils de Clopas et frère (ou cousin) de Jésus. Cette erreur a été commise par Jérôme de Stridon (saint Jérôme) qui a amalgamé Jacques le mineur et Jacques le Juste, ainsi que Simon le Zélote et Simon fils de Cléopas. Isidore a également fait la confusion entre Simon le Zélote et Simon (ou Siméon) qui succéda à Jacques le Juste en tant qu’évêque de Jérusalem.

12. Judas

Judas
Judas
Il est le 12ème dans les listes de Matthieu, de Luc, de Marc et des apôtres.

Nous savons qu’il est originaire de Galilée comme les autres apôtres. Il est constamment appelé Judas et jamais sous le diminutif de Jude afin de ne pas faire de confusion avec les autres Judas ou Jude.

Les origines de son nom Iscariote sont nombreuses. Il a été émis l’hypothèse qu’Iscariote viendrait d’une forme dérivée de la ville de Qeriyyot qui se trouve en Judée et pas en Galilée, mais il aurait été difficilement concevable que l’on adjoigne le nom d’un village à celui d’un traitre, cela aurait entrainé des graves conséquences pour ce village et/ou ses habitants. Saint Jérôme pensait que Judas était originaire de la tribu d’Issachar (neuvième fils de Jacob) dont le nom peut se traduire par « homme du salaire », en référence à la somme perçue par Judas.

Le mot Iscariote pourrait venir d’une sémitisation du mot latin « Sicarius » ; les sicaires (termes péjoratifs) étaient des dissidents qui voulaient expulser les romains de Judée, Iscariote montrant l’appartenance à la communauté des sicaires. Mais il est également possible que ce soit une référence aux judéens qui ont refusé de reconnaitre la messianité de Jésus.

L’évangile de Matthieu suit donc une chronologie familiale, Simon Pierre est le frère d’André, Jacques est le frère de Jean, Philippe est le frère de Barthélemy, Thomas qui est présenté comme le jumeau mais dont le frère n’est pas un apôtre, Matthieu est le frère de Jacques, Jude est le frère de Simon, et Judas qui est seul (à moins que ce ne soit lui le jumeau de Thomas, mais c’est une théorie qui a été infirmée). Nous avons donc cinq frères qui ont suivi Jésus, un dont le jumeau n’a pas suivi Jésus et Judas qui est seul.

Douze moins un égal onze !!!

Après la mort de Jésus, à la suite de la trahison et la mort de Judas, notre groupe des douze se trouve réduit à onze (12 – 1 = 11, CQFD).

saint Matthias
Saint Matthias
C’est l’apôtre Pierre (Képhas) qui proposa que quelqu’un prenne la place de Judas. Comme les apôtres étaient les témoins de la résurrection de Jésus, il fallait que le candidat soit choisi parmi ceux qui avaient suivi Jésus et ses apôtres/disciples. Deux candidats furent proposés : Joseph Barnabas (ou le juste) et Matthias. Il fut décidé de tirer au sort entre les deux candidats et ce fut Matthias qui gagna.

Jacques de Voragine nous a dit que Matthias venait de la tribu de Juda et qu’il était né à Bethléem. Ce qui semblerait accréditer la thèse de l’origine de Judas l’Iscariote, un membre de la tribu de Juda en remplaçant un autre. Quant à la naissance de Matthias à Bethléem, comme Jésus, cela ne faisait que renforcer son éventuelle qualité d’apôtre. Cependant les écrits de Jacques de Voragine sont à prendre avec beaucoup de méfiance…

Matthias est la version hébraïque de Mattithyahû, « don de Dieu » (comme nous l’avons vu plus haut pour Matthieu). Il est nommé Matthias pour ne pas le confondre avec Matthieu, un des premiers du groupe des douze.

Dans certains écrits (ceux d’Eusèbe de Césarée), Matthias est appelé Tolmai, sous-entendant qu’il serait le père de Barthélemy (donc également de Philippe) …

Saint Barnabé
Saint Barnabé
Mais pourquoi préférer Matthias à Barnabé ? Joseph Barnabas (Barnabé) était un juif de la tribu des Lévi, surement originaire de Chypre, et il était le cousin de Marc l’évangéliste. Contrairement à Matthias, il n’était pas originaire de Galilée d’où notre groupe venait dans sa totalité. En plus, Barnabé n’avait pas de liens familiaux avec les apôtres/disciples de Jésus.

Comme quoi le hasard a bien fait les choses, il a été au choisi au hasard le seul des deux candidats qui était originaire de Galilée et qui avait un lien de parenté avec un des apôtres déjà présents… Ou bien le hasard n’existe pas ou bien …

Nos apôtres/disciples se retrouvent de nouveau douze après la nomination d’un remplaçant. Il est vrai que c’est plus pratique quand on appartient à un groupe qui se fait appeler les « douze » …

Douze et plus ???

Jésus avait institué en personne, sur le chemin de Damas, Paul de Tarse. Donc on pourrait le considérer comme le 13ème apôtre, mais non, car dans les actes des Apôtres, il est signalé que Barnabas et Paul sont tous les deux des apôtres. Donc Paul de Tarse serait le 14ème apôtre et Barnabas le 13ème car ce dernier se serait converti avant Paul, à l’époque où il se faisait encore appeler Joseph

Le problème est que Paul/Saul est un citoyen romain né à Tarse en Cilicie. Bien que citoyen romain, il était juif surement originaire de la tribu de Benjamin (dont était issu Saul le premier roi d’Israël auquel succèdera David). Et en tant que romain, il persécutait les apôtres/disciples de Jésus. Il s’est converti après avoir rencontré Jésus qui venait de ressusciter. Quand Pierre (Simon Képhas) dit qu’il faut choisir parmi ceux qui ont suivi Jésus depuis le début, il exclut (plus ou moins volontairement) Paul qui avait été leur persécuteur.

Saint Paul
Saint Paul
Si Paul de Tarse a été institué par Jésus en personne, il n’y a rien de tel à propos de Joseph/Barnabas à part cet acte des apôtres et le fait qu’il aurait vendu son champ (donc il n’était pas pêcheur en plus) pour en donner le produit aux apôtres. C’est pourtant Barnabé qui a présenté Paul aux apôtres en leur expliquant que ce dernier avait vu Jésus et prêché en son nom à Damas.

Rappelons-nous que les apôtres sont censés représenter les douze tribus d’Israël et dans les galates nous apprenons que les trois colonnes (colonne étant à prendre dans le sens des pierres de fondation qui étaient toujours trois à l’époque) de l’église (Ekklésia donc assemblée) primitive qui étaient : Pierre, Jacques et Jean qui ont assigné aux deux apôtres supplétifs ou supplémentaires (qu’ils reconnaissent comme tels) la mission d’aller convertir les incirconcis. Donc les douze, représentants des douze tribus d’Israël, ont pour mission de convertir les circoncis (donc les juifs) et les deux supplétifs celle de convertir les autres.

En toute logique nos douze restent douze mais avec deux de plus qui ont une mission différente…

Conclusion

Pour résumer : Il y avait 12 apôtres (si on ne rajoute pas Barnabé et Paul), puis 11 (après la mort de Judas) puis de nouveau 12 (après le tirage au sort de Matthias), puis 14 si on compte Barnabé et Paul. Donc si je compte bien, il y a eu 15 apôtres, et l’on continue de parler des 12 apôtres, généralement sans se souvenir de leurs prénoms…

D’ailleurs dans l’iconographie religieuse (généralement celle aux frontons de nos églises et/ou cathédrales), Judas n’est jamais représenté, Paul et Matthias figurent dans le nombre des douze au détriment d’un des onze appelés par Jésus, et parfois même Barnabé y figure et ça toujours au détriment d’un des onze.



Auteur : Frédéric de Villard – Aubaud

Frédéric de Villard–Aubaud

Historien-Ecrivain
Frédéric de Villard – Aubaud est un historien de formation, docteur en histoire et archéologie égyptienne et biblique, ancien maître de conférence, ancien professeur des universités, Docteur DA en musicologie, qui a déjà écrit plusieurs livres disponibles sur Amazon et dans d'autres librairies. Voir la page de son éditeur : la pierre philosophale
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